Le procès de Nordahl Lelandais approche de son terme

Publié le 17/02/2022 - 08:16
Mis à jour le 17/02/2022 - 08:16

Le procès de Nordahl Lelandais, jugé par les assises de l’Isère pour avoir enlevé et tué Maëlys, 8 ans, en août 2017, approche de son terme avec le réquisitoire et les plaidories de la défense ce jeudi 17 février 2022, avant le verdict attendu vendredi.

L'ancien maître-chien militaire, dont le procès très médiatisé aura duré trois semaines, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Celui qui aura 39 ans vendredi, le jour du verdict, est jugé pour l'enlèvement et le meurtre de Maëlys De Araujo, ainsi que pour des agressions sexuelles contre deux petites-cousines alors âgées de 4 et 6 ans, au cours de l'été 2017.

Il a été déjà condamné en mai 2021 à vingt ans de réclusion criminelle pour le meurtre d'Arthur Noyer, un jeune chasseur alpin qu'il avait pris en stop une nuit d'avril 2017 à Chambéry.

L'avocat de la mère de Maëlys, Me Fabien Rajon a dit attendre du réquisitoire de l'avocat général Jacques Dallest "de la lucidité et de la fermeté".

"De la lucidité (...) quant au fait que cet individu est particulièrement dangereux et de la fermeté, non pas dans un esprit de vengeance, mais parce qu'il en va des intérêts de la société", a-t-il expliqué devant la presse jeudi soir.

"Mobile sexuel évident"

Un peu plus tôt face à la cour, Me Rajon avait souligné dans une longue plaidoirie que si Nordahl Lelandais n'était pas poursuivi pour le viol de Maëlys dans le cadre de ce procès faute de "preuve incontestable", le "mobile sexuel est pour (lui) une évidence".

L'ex-militaire a reconnu au cours du procès avoir tué "volontairement" Maëlys en évoquant un accès de panique et une "hallucination", expliquant avoir vu le visage d'Arthur Noyer sur celui de la fillette. Et il a répété n'avoir jamais eu d'intention sexuelle à son égard. Dans sa plaidoirie, l'avocat a aussi évoqué les facteurs "inquiétants" de la personnalité de l'accusé, sa "dangerosité" et son "manque de recul" sur ses actes.

Il a ensuite lu devant la cour un courrier des parents d'Arthur Noyer daté du 14 février s'indignant des déclarations de Nordahl Lelandais. "Arrêtez de vous servir d'Arthur. Vous n'avez aucune empathie, vous n'avez pas changé, vous resterez un malfaisant, un manipulateur, un lâche", écrivent-ils.

Avant lui, les cinq autres avocats des parties civiles ont eux aussi tracé un portrait extrêmement sombre de l'accusé.

Pour l'avocat du père de Maëlys, Me Laurent Boguet, Nordahl Lelandais est "un homme-loup" qui "appréhende parfaitement les limites du bien et du mal et (qui) a fait le choix de s'organiser vers le côté sombre".

C'est quelqu'un qui "mène son existence en chauffard et malheur à vous si vous croisez sa route quand il a décidé d'accélérer ! La vitesse ça grise, c'est bon. Jusqu'à ce qu'on se prenne le mur", lance-t-il.

L'accusé, assis dans son box, en chemise noire, a écouté en silence les plaidoiries.

Me Caroline Rémond, avocate des deux petites-cousines victimes d'attouchements, a également insisté sur le caractère "prédateur" à la recherche d'une "proie" de l'ancien maître-chien, qui avait filmé ses agressions quand les enfants étaient endormies.

Au cours des débats, Nordahl Lelandais a livré des versions fluctuantes sur la disparition de Maëlys, variant notamment sur les circonstances de l'enlèvement de la fillette qui serait montée, selon lui, de son plein gré dans sa voiture. Il a affirmé lui avoir donné des coups au visage, dans un épisode soudain de violence, quelques minutes après l'avoir emmenée de la salle des fêtes où il l'avait rencontrée peu auparavant, pendant une soirée de mariage.

Après le réquisitoire du ministère public le matin, la parole doit revenir jeudi après-midi à la défense, avec la plaidoirie de Me Alain Jakubowicz.

L'accusé lui-même devrait pouvoir s'exprimer une dernière fois vendredi matin avant les délibérations.

(Source AFP)

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