Macron à Mulhouse : "plan massif d'investissement " pour l'hôpital et l'armée en secours face à l'épidémie

Publié le 25/03/2020 - 21:47
Mis à jour le 25/03/2020 - 21:56

Coronavirus • Emmanuel Macron promet « un plan massif d’investissement et de revalorisation » pour l’hôpital, après avoir visité l’hôpital militaire de campagne installé à Mulhouse. Le chef de l’Etat annonce aussi avoir demandé au gouvernement la mise en place rapide d’une « prime exceptionnelle » pour « accompagner financièrement la reconnaissance » aux personnels soignants. Le président de la République a également annoncé le lancement d’une opération militaire baptisée « Résilience », qui mobilisera les forces armées pour aider la population touchée par l’épidémie de coronavirus, à l’approche du « pic qui est devant nous ».

A ce jour 1331 décès du Covid-19 ont été enregistrés dans les hôpitaux et 2.827 patients sont en réanimation, avec plus d’un tiers dans le Grand Est, selon un dernier bilan officiel fourni mercredi.

Opération Résilence

L'opération "Résilience", distincte de l'opération "Sentinelle" contre le terrorisme, "sera entièrement consacrée à l'aide et au soutien aux populations, ainsi qu'à l'appui aux services publics pour faire face à l'épidémie, en métropole et en Outre-mer", a affirmé le chef de l'Etat.

Première décision, le porte-hélicoptères amphibie Mistral sera déployé "immédiatement" dans le sud de l'océan Indien et, "à partir de début avril, le porte-hélicoptères Dixmude ira se positionner dans la zone Antilles Guyane en soutien de nos territoires ultramarins", a-t-il annoncé.

"L'unité et le courage, nous permettront de vaincre, nous ne sommes qu'au début, mais nous tiendrons", a-t-il martelé, répétant à nouveau plusieurs fois "nous sommes en guerre".

Le chef de l'Etat s'exprimait juste après avoir visité l'hôpital militaire de campagne, que l'armée à sa demande a installé cette semaine en quelques jours à Mulhouse, pour soulager un peu les hôpitaux de la région, débordés par l'afflux des malades du Covid-19.

Plan massif pour l'hôpital

Il a ainsi promis la mise en place d'un "plan massif d'investissement et de revalorisation de l'ensemble des carrières" pour l'hôpital, une fois la crise du coronavirus passée, mercredi lors d'une visite à Mulhouse.

Rendant hommage au personnel soignant, le chef de l'Etat a juré d'être "au rendez-vous de ce que nous devons, au-delà de cette reconnaissance et du respect". "Cette réponse sera profonde et dans la durée", a-t-il assuré.

Le chef de l'Etat a dit qu'il réunirait vendredi syndicats et patronat, pour "organiser le travail" et "mieux protéger au travail".

"Vendredi, je rassemblerai l'ensemble des partenaires sociaux, et un très gros travail a été fait ces derniers jours pour, secteur par secteur, apporter les meilleures réponses, pour organiser le travail, pour mieux protéger au travail", a déclaré M. Macron après une visite de l'hôpital militaire de campagne à Mulhouse.

Appel à l'union

Le président de la République a par ailleurs appelé à "l'union" pour mener "la guerre" contre l'épidémie de coronavirus, en fustigeant "les facteurs de divisions" et "celles et ceux qui voudraient fracturer le pays", après une visite de l'hôpital militaire de campagne à Mulhouse.

"Nous devons n'avoir qu'une obsession, être unis" contre le virus, a-t-il ajouté, car "lorsqu'on engage une guerre on s'y engage tout entier, on se mobilise dans l'union".

Macron, masqué, promet plus de tests

C'est la première fois qu'on le voit porter un masque depuis le début de l'épidémie : Emmanuel Macron en a enfilé un de type FFP2 en arrivant ce mercredi après-midi à l'hôpital militaire de campagne de Mulhouse, où il a annoncé une multiplication des tests, qui seront portés à 29 000 par jour, notamment pour les soignants et dans les Ephad.

Le chef de l'État a dit aux personnels soignants savoir les "difficultés qui préexistaient pour l'hôpital" et qu'il en "tirerait toutes les conséquences".

Accompagné de seulement trois conseillers, le chef de l'Etat est arrivé vers 17h30 dans ce village de tentes installé cette semaine sur le parking d'un centre hospitalier de la ville. Il s'agit de soulager les hôpitaux de la région, débordés par le nombre de cas graves, au point qu'une vingtaine de malades vont être évacués par un TGV médicalisé, une première.

Le président a d'abord passé une heure à échanger avec une quinzaine de médecins et de personnels hospitaliers (médecins, urgentistes, anesthésistes..), ainsi que des élus du Grand Est, la région la plus touchée par l'épidémie. Tous masqués.

"J'en tirerai toutes les conséquences"

Plusieurs d'entre eux l'ont interpellé sur le manque de matériels, notamment de masques, comme Marie Castro, directrice d'un Ephad de Wintzenheim et le Dr Tryniszewski, médecin de ville. "La situation est inédite, c'est du jamais vu, le système est submergé, c'est très inquiétant", a aussi averti un urgentiste mulhousien. "Le flux des malades ayant besoin de réanimation est sans fin, on pourrait remplir une rea classique tous les jours !", a renchéri une autre urgentiste.

"Je mesure ce que vous êtes en train de prendre comme stress, comme charge de travail, et vous avez accompli un travail remarquable", leur a dit le chef de l'Etat, en annonçant que le nombre de tests en France allait être porté à 29 000 par jour contre 5000 actuellement, surtout pour les soignants et les Ephad. Une réponse à l'OMS qui a réclamé de tester le plus possible.

"Je sais les difficultés qui préexistaient pour l'hôpital et j'en tirerai toutes les conséquences", a aussi dit le chef de l'Etat. Il a aussi annoncé qu'un numéro de téléphone pour les soignants et les familles allait être mis en place afin de leur apporter un soutien psychologique.

La chloroquine, "je ne souhaite qu'une chose c'est que ça marche"

Il a enfin répondu à des questions sur la chloroquine, médicament qui suscite beaucoup d'espoirs. "Je ne souhaite qu'une chose, que ça marche, mais je ne sais pas. Il faut que ça reste dans un protocole médical", a-t-il jugé. Le chef de l'Etat devait ensuite visiter une tente médicalisée, mais sans patients à l'intérieur.

Cette installation militaire temporaire, habituellement réservée aux blessés de guerre, forte d'une centaine de soignants, peut accueillir simultanément 30 patients. Déjà 10 malades y sont hospitalisés. "C'est historique et exceptionnel, à hauteur de cette crise sanitaire qui est exceptionnelle", a commenté dans la presse le médecin principal Antoine, qui a déployé l'installation.

(AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Coronavirus COVID-19

Covid-19 : le repli de l’épidémie se confirme selon l’agence régionale de santé

Avec un taux d’incidence en population générale désormais sous la barre des 400 cas pour 100/000 habitants, l’épidémie confirme son repli en Bourgogne-Franche-Comté selon les derniers chiffres de l'ARS Bourgogne-Franche-Comté.  Le taux de positivité des tests perd 5 points mais reste cependant élevé à près de 25%.
 

Covid-19 : le nombre de patients testés a doublé en un mois en Bourgogne-Franche-Comté  

Le nombre de tests a "de nouveau franchi" la barre des trois millions en une semaine, selon des chiffres publiés jeudi par le ministère de la Santé, sur fond de septième vague de l'épidémie de Covid-19. En Bourgogne-Franche-Comté, plus de 77.000 personnes ont réalisé un test antigénique ou PCR entre le 27 juin et le 3 juillet 2022 contre 54.000 la semaine précédente et 33.000 début juin.

Santé

Épidémies et grève des médecins : le système de santé régional sous tension en Bourgogne Franche-Comté

La région Bourgogne Franche-Comté traverse depuis plusieurs semaines une période de forte pression sanitaire, liée à la circulation de plusieurs virus hivernaux et à un mouvement de grève des médecins libéraux. L’Agence régionale de santé (ARS) affirme toutefois rester en capacité d’assurer la continuité des soins dans un communiqué du 9 janvier 2026.

Stimuler le cerveau sans chirurgie : un chercheur bisontin au cœur d’un ouvrage international

Un nouvel ouvrage collectif, Le Manuel de la stimulation cérébrale transcrânienne non invasive dans le domaine cognitif : méthodes, psychophysiologie, neuroamélioration et applications thérapeutiques, est paru le 8 décembre 2025 et dresse un état des lieux approfondi des connaissances et des perspectives dans le champ de la neuromodulation cérébrale. L’ouvrage est co-édité notamment par le professeur Vincent Van Waes, directeur du Laboratoire de Recherches intégratives en neurosciences et psychologie cognitive (UMR INSERM 1322) à l’Université Marie et Louis Pasteur à Besançon.

Jobs d’été 2026 : le CHU de Besançon ouvre ses recrutements aux étudiants

Le CHU de Besançon lance sa campagne de recrutement pour les jobs d’été 2026. Comme chaque année, l’établissement hospitalier propose environ une centaine de remplacements destinés aux étudiants pendant la période estivale, qui s’étend du 15 juin au 30 septembre. Les candidatures sont ouvertes dès à présent et jusqu’au 27 février 2026.

Épiphanie : la Brioche des rois d’Anne Sallé pour lâcher-prise…

L'anti-stress avec Anne Sallé • L’Épiphanie pointe le bout de son nez avec son parfum d’amandes ou de fleurs d'oranger, de beurre chaud et de convivialité. On tire les rois, on cherche la fève… c'est jouissif, mais il ne faudrait pas oublier l’essentiel : le plaisir simple d’être ensemble. Et si, dans notre quotidien souvent pressé, la galette devenait bien plus qu’une tradition gourmande : un véritable moment de bien-être comme Anne Sallé, notre coach anti-stress, vous y invite tant.

Les conseils de Valentine Caput : et si en 2026 on arrêtait de se prendre la tête avec son assiette ?

L'oeil de la diet' • En ce début d'année, les bonnes résolutions fleurissent : manger mieux, faire attention, perdre quelques kilos... Souvent avec beaucoup de bonne volonté et parfois un peu trop de sévérité... On fait le point avec notre nutritionniste Valentine Caput qui vous délivre les bons conseils pour débuter sereinement 2026. 
 

Qualité de l’air en Bourgogne Franche-Comté : une hausse des particules fines observée en cette fin d’année

Depuis plusieurs jours, la qualité de l’air se dégrade sous l’effet d’une hausse des concentrations en particules fines. Selon les informations d'Atmo Bourgogne Franche-Comté lundi 29 décembre 2025, "les concentrations en particules fines augmentent progressivement". Les conditions météorologiques actuelles expliquent en grande partie cette situation : un temps froid et sec favorise leur accumulation dans l’air, en limitant leur dispersion.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 8.49
couvert
le 13/01 à 21h00
Vent
1.77 m/s
Pression
1015 hPa
Humidité
74 %