Nicolas Bodin (PS) : "Je suis heureux de soutenir Anne Vignot, une femme avec de vraies convictions..." 

Publié le 18/10/2019 - 07:00
Mis à jour le 22/10/2019 - 15:32

Entretien • Officiellement candidat depuis le 31 janvier 2019 et investi fin mars par le parti socialiste, Nicolas Bodin rejoint finalement « l’Équipe » qui rassemble déjà EELV, le parti communiste, Génération(s) et À Gauche citoyen avec Anne Vignot en tête de liste…

© N Bodin ©
© N Bodin ©

Mercredi soir, les militants socialistes à Besançon ont acté à 68 % l'alliance du PS et de l'Équipe menée par Anne Vignot (EELV). Il n'y aura donc pas de liste PS aux municipales à Besançon. Une première depuis plus de 60 ans à Besançon et une décision "qui n'a pas été facile à prendre" pour Nicolas Bodin. Il aurait du mener le combat pour les socialistes et se retrouve désormais n°2 sur la lite de l'Équipe. 

Même s'il reste encore des inconnues et que la campagne devrait réserver encore bien des surprises, le contexte des municipales semble s'éclaircir : un bloc de gauche, un candidat LR (Ludovic Fagaut) et la récente fracture entre le candidat En Marche officiellement investi  Éric Alauzet et la référente départementale LREM Alexandra Cordier.

L'heure pour Nicolas Bodin n'est pas de discuter du nombre de places sur la liste en position éligible. "Je souhaite avancer sur le programme et notre projet". L'ex-tête de liste PS qui a rejoint l'Équipe avait préparé 300 propositions et doit en faire part à Anne Vignot. 

"Rejoindre Anne Vignot, c'est faire une croix sur une liste socialiste. C'est inédit pour Besançon" Nicolas Bodin

Quelles sont ses raisons ? Pourquoi avoir choisi l'Équipe et avec quelles idées  ? Comment envisage-t-il ces élections ? Entretien avec Nicolas Bodin.

Il n'y aura donc pas de liste PS à Besançon pour l'élection municipale...

Nicolas Bodin : Oui. C’est une décision historique. Le fait qu’il n’y ait pas de tête de liste socialiste à une municipale à Besançon - alors même que le maire a été socialiste de 1953 à 2016 - est un événement politique majeure. Nous enregistrons 68 % de votes favorables à l'alliance si on intègre les votes blancs et défavorables et à 83% de votes favorables si on ne prend en compte que les défavorables.  

Tous les  partis sont mis à mal. Macron a été une étincelle. Il devient président de la République dans un alignement de planètes particulier notamment suite aux affaires Fillon. LR et le PS sont extrêmement fragilisés. Le Rassemblement national reste toujours puissant et à peu près constant. Il y a l'émergence a priori de l'écologie avec un mouvement de fond très puissant et une actualité très aidante.

Qu’est-ce qui a motivé votre choix ?

Nicolas Bodin : La question est de savoir quel est le meilleur moyen pour le Parti socialiste au niveau local de ne pas disparaître. On aurait pu se présenter seuls, faire un mauvais score empêchant de fusionner, ou fusionner, mais que l'on n’ait pas de place au conseil municipal. Donc le risque, c'est que les socialistes disparaissent du conseil municipal. 

Je suis plutôt attaché au principe des alliances, même si au quotidien c'est plus compliqué qu'un seul parti majoritaire. Je suis dans une trajectoire de construction ou de reconstruction d'une nouvelle gauche sur un temps que je ne connais pas. Reste à savoir sous quelle forme. Je ne suis pas capable de dire si c'est le retour de la gauche plurielle. 

"Je fais le choix de la construction et de l'ancrage à gauche de Besançon." Nicolas Bodin 

Aujourd'hui à Besançon, le PS est fragmenté entre différents courants : ceux qui souhaitent vraiment l'alliance avec Anne Vignot et ceux qui veulent l'alliance avec Éric Alauzet, même s'ils sont minoritaires. Certains nous ont d'ailleurs quitté pour prendre un autre chemin... 

Autre élément, il faut réussir à constituer une liste de 55 noms. La position nationale d'Olivier Faure était en résumé d'avoir des listes ancrées à gauche, mais j'ai le sentiment que cela évolue constamment lorsque l'on voit ce qui se passe à Belfort, potentiellement à Dijon, à Lille, etc. Ce sera certainement du cas par cas.

Mon espoir est que le PS ne revive pas ce qu'il a vécu au moment des législatives. 

Vous rejoignez donc l'Équipe portée par Anne Vignot (EELV), avec également Christophe Lime (PCF) ? Ils ne vous ont pourtant pas toujours rendu la vie facile au sein de la majorité plurielle ? 

Nicolas Bodin : Je tiens à préciser que l'on cogère, que l'on cogouverne cette ville depuis 2001 sur cette majorité plurielle. C'est une alliance donc, oui, c'est plus compliqué qu'avoir un seul parti majoritaire hégémonique. Dans la future gouvernance, aucun parti ne sera majoritaire à lui seul.

Rejoindre l'Équipe n'est-il pas un aveu de faiblesse des socialistes ?

Nicolas Bodin : Quelle autre alternative vu les données actuelles et la poussée écologistes ? D'autant qu'à Besançon en 2001, et cela a échappé à beaucoup de personnes, les écologistes font 16 %. Le fait qu'ils soient crédités 20 ans après de 24 % n'est pas aberrant sans faire de plan sur la comète...

Vous avez discuté du programme ? 

Nicolas Bodin : Oui,  par écrit. Il y a des points sur lesquels on doit encore parler comme le positionnement par rapport au trait d'union de la RN 57 entre Micropolis et Beure, sujet sur lequel il peut y avoir désaccord. Mais par le passé également il y a eu des points de désaccord. Les Verts ont par exemple toujours été opposés au développement des Planches.

Il faut également discuter de la fiscalité. Point difficile à trancher, car la fiscalité locale est en pleine évolution, mais à priori, nous serions partis pour une fiscalité plutôt stable... Reste à le mettre noir sur blanc.

Sur les Vaîtes,  tous les candidats, moi le premier, déclarons qu'il faut que le projet évolue. Oui, mais comment ? Sur ce point j'attends la décision-Conseil d'État qui va intervenir au mois de janvier. Une décision nationale scrutée par toutes les grandes villes de France, car elle peut avoir un impact sur la moitié  des grands projets urbains. Il y a l’enjeu climatique, écologique, désormais inscrit dans le code de l'environnement. Mais c'est son interprétation qui sera décisive ; entre l'aspect biodiversité et une ville qui souhaite construire pour ses besoins en logements. Si elle ne le fait pas, ses concitoyens vont aller habiter à 30 km, avec d'autres impacts sur l'environnement en terme de déplacement, d'équipements, etc. C'est un vrai débat politique qui va au-delà des Vaîtes.

Le programme complet, je suppose, devrait sortir fin janvier, il y a encore du temps. Ce que l'on constate, comme en 2014, c'est que les campagnes sont de plus en plus courtes.

Vous serez N°2 sur la liste de l'Équipe, quel regard portez-vous sur la tête de liste Anne Vignot ?

Nicolas Bodin : Il faut qu'il y ait une part de co-construction du programme, mais je crois en la vision qu'une tête de liste doit avoir pour sa ville. Une tête de liste doit orienter les choses, qu'elle les cadre.  

"Je suis heureux de soutenir quelqu'un qui a de vraies convictions et c'est peut-être ce dont on manque à l'heure actuelle. Ce qui ne veut pas dire non plus dire être dogmatique." Nicolas Bodin

Anne Vignot a une formation universitaire scientifique (CNRS). Cela transpire dans son discours, elle s'appuie souvent sur des chiffres et des données objectives. Tout comme moi, on essaie de dépassionner les choses à partir de données ou de rapports scientifiques. Si vous regardez, c'est surprenant, il y a assez peu d'élus qui sont des scientifiques. Il y a beaucoup d'avocats, de professions libérales, mais peu d'universitaires et encore moins scientifiques.

Anne Vignot est une candidate nouvelle comparée à d'autres en politique à Besançon. Elle incarne ce renouvellement. Et pour la première fois de l'histoire de cette ville, une femme peut devenir maire de Besançon. À notre époque, par rapport à cette urgence climatique, je pense que c'est une candidature crédible, un vrai profil. 

À cinq mois de l'élection, comment analysez-vous la situation à Besançon ? On parle de triangulaire et même de quadrangulaire...

Nicolas Bodin : Visiblement, il n'y aura pas beaucoup d'autres listes que celles attendues. Je penche pour une quadrangulaire. Le score du premier tour risque d'être analogue à celui du second tour. Et je pense que celui qui sera en tête au soir du premier tour aura, de fait, une véritable dynamique pour la victoire. 

municipales 2020 Besançon

Inéligibilité : le président du Mouvement FC fait appel du jugement rendu par le Tribunal administratif  

Le tribunal administratif de Besançon a jugé Jean-Philippe Allenbach « inéligible » pendant ces 18 prochains mois a-t-on appris dimanche 14 mars 2021. Le président du Mouvement Franche-Comté ne pourra donc pas se présenter ni aux élections régionales ni présidentielles. Il fait appel de cette décision.

Vivez en direct le conseil municipal d’installation

Diaporama • L’heure est historique pour Besançon. Après trois mandats et 19 ans à la tête de Besançon, Jean-Louis Fousseret va laisser son siège à la première femme-maire de Besançon qui sera également la toute première maire écologiste. Après le rappel des résultats, les  55 nouveaux conseillers municipaux éliront ensuite Mme la Maire.

Anne Vignot : “Besançon est entrée dans les grandes villes qui ont pris l’option de la transition”

Entretien • Elue maire de Besançon, Anne Vignot revient sur sa victoire au second tour de l’élection municipale. Dans un style bien à elle, s’éloignant volontairement des clichés traditionnels des « hommes politiques », elle souhaite avancer rapidement et sûrement sur plusieurs dossiers : la gestion post-crise, la relance économique ou encore la rentrée scolaire. Rencontre. 

Besançon se réveille en vert : Anne Vignot l’emporte de 566 voix

Première écologiste et première femme maire de Besançon.  Anne Vignot a remporté d’une courte tête à 566 voix la mairie de Besançon avec 43,83% des suffrages, dimanche, devant le candidat LR Ludovic Fagaut (41,61% 10.579 voix) et le marcheur Eric Alauzet (14,55% 3.700 voix). L’abstention frôle les 61 %
 

Politique

Temps de parole, blâmes, arrêt possible de la séance : quelles nouvelles règles à venir au conseil municipal de Besançon ?

Lors de la conférence de presse mensuelle organisée avant le conseil municipal du 18 juin 2026, Ludovic Fagaut, maire de Besançon, a annoncé avoir "toiletté" le règlement intérieur afin d’installer un nouvel article permettant des sanctions lors de troubles à l’assemblée.

Déplacement de palmier sur le Pont Battant : les écologistes défendent “une action symbolique”

Pour une même action, deux camps et donc deux visions s’affrontent une nouvelle fois à Besançon. Samedi 13 juin 2026, quelques personnes ont tenté de déplacer l’un des palmiers récemment installé sur le Pont Battant avant d’être interpellées par la police, alertée par des passants. Si la Ville de Besançon a rapidement qualifié les faits de vol et annoncé son intention de porter plainte. Les Écologistes, par la voix de leur président Anthony Poulin, ont pour leur part défendu une "action symbolique".

Dominique Voynet poursuit sa tournée de “grande écoute” dans le Doubs

La députée écologiste du Doubs, Dominique Voynet, poursuit en juin 2026 sa démarche de "grande écoute" engagée à l’automne dernier. Cette initiative vise à rencontrer les habitants de sa circonscription, en particulier ceux résidant dans les secteurs les plus éloignés de sa permanence située à Besançon.

“Avec nos blessés” : Ludovic Fagaut et Rémi Bastille courent aux côtés de 1.500 militaires du Doubs

VIDÉO • Comme chaque année depuis une décennie, les unités militaires du Doubs ont organisé ce samedi 5 juin une journée de cohésion et de solidarité en faveur des blessés de l’armée de Terre dans le centre-ville de Besançon. À cette occasion, près de 1.500 participants ont pris part à une course de 5 kilomètres reliant La Rodia à la place de la Révolution. Parmi eux figuraient notamment Rémi Bastille, préfet du Doubs, et Ludovic Fagaut, maire de Besançon, venus soutenir l’initiative.

La Confédération paysanne du Doubs boycotte une table ronde avec Annie Genevard

La Confédération paysanne du Doubs a annoncé qu’elle ne participerait pas à la table ronde consacrée à la ”souveraineté alimentaire”, organisée vendredi 5 juin 2026 en présence de la ministre de l’Agriculture, du préfet du Doubs et de représentants de Terre Comtoise.

Cadmium : Dominique Voynet, seule députée franc-comtoise présente lors du vote à l’Assemblée

Les députés étaient appelés à se prononcer mercredi dernier sur une proposition de loi portée par les écologistes visant à réduire la teneur en cadmium des engrais phosphatés. Le texte prévoit un abaissement progressif du seuil autorisé à 40 mg/kg dès 2027 puis à 20 mg/kg à partir de 2030, contre 90 mg/kg actuellement. Cette trajectoire est plus ambitieuse que celle envisagée par le gouvernement, qui prévoyait d’atteindre ces objectifs seulement en 2038.

Orientation : la Bourgogne-Franche-Comté formalise son engagement avec la signature de la charte du SPROTLV

La Région Bourgogne-Franche-Comté a réuni, jeudi 21 mai 2026 à l’Hôtel de Région de Besançon, les acteurs du Service public régional de l’orientation tout au long de la vie (SPROTLV) pour une matinée consacrée à la signature officielle de la charte d’engagement du dispositif.

Arrêté anti-mendicité à Besançon : plus de 500 personnes mobilisées contre la décision du maire

VIDÉO • Plus de 500 personnes (entre 600 et 700 selon l'organisation) se sont réunies ce lundi 1er juin à Besançon pour protester contre l’arrêté anti-mendicité signé par le maire vendredi 29 mai et appliqué avec effet immédiat. Élus d’opposition, travailleurs sociaux et militants ont dénoncé une mesure jugée "politique" et accusée de "criminaliser la pauvreté".

La nouvelle préfète de région, Violaine Démaret, en visite de terrain pour la première fois dans le Doubs

Pour sa première visite officielle dans le Doubs, ce lundi 1er juin 2026, la nouvelle préfète de Bourgogne-Franche-Comté et préfète de Côte-d’Or, Violaine Démaret, s’est rendue à Besançon, notamment à la Citadelle, afin de rencontrer les acteurs institutionnels du territoire mais aussi la presse locale. L’objectif : prendre connaissance des dossiers locaux, échanger avec le préfet du Doubs Rémi Bastille, les élus locaux et les parlementaires.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 28.1
partiellement nuageux
le 17/06 à 12h00
Vent
2.59 m/s
Pression
1021 hPa
Humidité
54 %

Sondage