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Anne Vignot : "Besançon est entrée dans les grandes villes qui ont pris l'option de la transition"

Publié le 03/07/2020 - 16:19
Mis à jour le 03/07/2020 - 17:06

Entretien •

Elue maire de Besançon, Anne Vignot revient sur sa victoire au second tour de l'élection municipale. Dans un style bien à elle, s'éloignant volontairement des clichés traditionnels des "hommes politiques", elle souhaite avancer rapidement et sûrement sur plusieurs dossiers : la gestion post-crise, la relance économique ou encore la rentrée scolaire. Rencontre. 

Son téléphone n'arrête pas de sonner. Appel de Marie-Guite Dufay sur un sujet "sensible", encore deux appels du même numéro inconnu qui la relance, des SMS de félicitations qui pleuvent.

Malgré le manque de sommeil, Anne Vignot reste détendue et savoure ces instants avant sa prise de fonction officielle et l'installation du conseil municipal de ce vendredi 3 juillet 2020.

Lundi dernier, Anne Hidalgo l'a appelé pour la féliciter et lui dire sa satisfaction de cette vague verte et féminine en France. "Elle m'a dit combien elle trouvait important que ces villes se structurent en réseau" explique celle qui sera la première femme, mais aussi la première écologiste dans le fauteuil de maire. "Besançon est entrée dans la catégorie des grandes villes qui ont pris l'option de la transition. C'est ce que je retiens de cette élection. Besançon n'est pas à part, mais fait partie intégrante de ce mouvement. C'est un des messages très fort et positif pour les Bisontins."

Des élus "de terrain" contre "le populisme"

L'abstention record de 61% le 28 juin au second tour de l'élection municipale l'a "profondément" affectée. "Personne n'imaginait qu'on allait se retrouver avec le même niveau d'abstentionnisme qu'en début de crise. Au final, on s'aperçoit qu'il y a surtout une crise structurelle de la démocratie..."

Anne Vignot souhaite que les citoyens se réapproprient la chose publique. Dès mardi, elle a réuni son équipe et a décidé que l'urgence sera d'envoyer l'ensemble des élus sur le terrain, de rencontrer les citoyens, les acteurs de la vie socio-économique et les services de la Ville afin d'établir un premier bilan au regard de son programme. "C'est une préoccupation devenue majeure pour moi. Cela démontre une vraie fragilité démocratique.À plus long terme, cela ouvre forcément la porte au populisme". 

Bilan, diagnostic et ajustements

Fraîchement élue, Anne Vignot a rencontré dès lundi le maire sortant Jean-Louis Fousseret afin d'aborder les différents dossiers en cours et les enjeux à venir pour Besançon et le Grand Besançon Métropole. "Il y a bien sûr le post Covid sur le plan économique, la rentrée à préparer, mais je ne considère pas qu'il n'y a qu'un dossier qu'il faut démarrer. Je veux que dix dossiers démarrent le plus vite possible..."

Rencontre ensuite avec le directeur général des services Baudoin Ruyssen. 'Nous avons regardé les dossiers indispensables et ceux sur lesquels il faut avancer. Ce que je souhaite, c'est relancer la machine économique. Il est donc fondamental que les marchés publics démarrent très très vite. Cela fait partie de nos préoccupations..."

Rentrée : "Il faut regarder comment les services de la ville peuvent se mettre au service des enfants et des familles"

Autre sujet : la préparation de la rentrée scolaire de septembre. "Une rentrée qui se fera peut-être à deux vitesses ou à trois en fonction du contexte sanitaire. Si demain, il y a le Covid, cela absorbera beaucoup de notre énergie. Cela veut dire qu'on devra accompagner tous les services de sport, culturels, et trouver d'autres modalités d'accueil. On ne peut pas se retrouver dans la même situation, avec des enfants qui restent confinés avec leurs parents "

"Nous sommes dans l'obligation de prouver les bénéfices de notre programme auprès de tous les Bisontins". Anne Vignot

Dès ce vendredi soir, à l'issue du conseil municipal d'installation, le nom des adjoints et des délégations seront présentés. Tous les conseillers municipaux de la majorité auront une délégation. "J'ai besoin d'avoir des gens qui soient proches des habitants. Nous avons un programme suffisamment écrit et clair, chacun connaît sa feuille de route. Nous sommes prêts..."

Entretien avec Anne Vignot

La forte abstention du second tour n'entame-t-elle pas votre légitimé ?

C'est un argument que j'entends, mais mes adversaires n'auraient pas eu plus de légitimité que moi.  Les citoyens ne s'y reconnaissent plus et considèrent que, quel que soit leur vote, les choses se font en dehors d'eux. Je note cette fragilité démocratique C'est pour cela que nous devons aller sur le terrain, au contact..."

Que dites-vous aux Bisontins qui ont voté "Ludovic Fagaut" pour vous faire barrage ?

"Nous devrons faire la preuve qu'ils trouveront dans notre programme leur bénéfice. C'est un défi de leur en faire la démonstration. 

Durant cette campagne, une liste a joué sur les caricatures en affirmant que la liste de "Besançon par nature" était une liste communiste au sens du soviétisme : on est passé du "péril rouge" au "le péril vert". M Fagaut a joué sur la peur. Tout le vocabulaire utilisé a été guerrier et axé sur la crainte, jamais sur l'espoir...  

D'autres images se sont percutées. En parlant d'"Écologie positive", M Alauzet a conforté que je puisse être dans une écologie punitive, comme le laissait clairement entendre M Fagaut.

Le message que je souhaite adresser à tous les Bisontins, c'est que la transition écologique est une nécessité. Nous arrivons aux limites d'un système dont nous sommes dépendants et qui, en plus, accentue la fracture sociale. Le productivisme met en difficulté la ressource naturelle. La transition écologique repose les bases de ces limites-là. Par conséquent, comment on envisage-t-on un développement économique en prenant compte ces paramètres ?"

Entendez-vous les septiques ?

"Les écologistes ont essayé de faire de la pédagogie, mais elle a ses limites, car elle ne fait pas tomber les a priori, il faut travailler sur les systèmes de représentation de nos imaginaires. Aujourd'hui, je me dois d'expliquer mes propositions.

Lors de la marche blanche à Planoise, des mères de famille sont venues me voir et m'ont demandé s'il était bien raisonnable de proposer l'écoquartier comme levier Planoise. On a discuté dans le dur à ce moment-là. Siun écoquartier, c’est juste manger des tomates bio avoir un réseau de chaleur, elles ont raison de dire que ce n'est pas cela qui va changer leur vie au regard de l'insécurité. Pour moi, l'écoquartier c'est autre chose avec un objectif de lien social, de lieu d'épanouissement. Ces mères ont alors compris que c'était quelque chose de beaucoup plus profond."

Sur la sécurité à Planoise, le débat a beaucoup porté sur l'armement de la police municipale...

"L'armement, que ce soit dans la police nationale ou municipale n'a jamais réglé le problème de la criminalité et de la dérive des enfants qui partent dans le deal. L'armement de la police municipale est pour moi un pansement. Cela ne règle pas intrinsèquement le problème d'origine. Ce n'est pas arrêter la criminalité, mais protéger les policiers municipaux. La population veut un autre avenir pour son quartier. Il faut changer de paradigme..."

Quelles sont vos priorités, vos premières mesures phares... ?

"Je vous le disais, la rentrée, la relance économique en lien avec la transition climatique et sociale, sur la rénovation des bâtiments, c'est fondamental. Cette rénovation peut-être un moteur important.

L'autre axe, ce sont les problèmes de pollution, de circulation. Comment on travaille sur la mobilité, le rapport domicile/travail. j'aimerais mettre en place un "bureau des temps", mais c'est un sujet qui concerne le Grand Besançon Métropole.

Je souhaite aussi poursuivre le travail engagé que la question de l'eau : les problématiques d'assainissement, de la gestion des eaux pluviales.

Autre sujet en lien avec la communauté urbaine, il a en a été question lors de la convention citoyenne pour le climat et qui fait écho, c'est un moratoire sur l'extension des zones d'activités et commerciales. Cela veut dire un réaménagement du territoire, comment on réparti la place des commerces.

Et enfin, un chantier extrêmement rapide concerne le centre-ville de Besançon et qui utilise comme levier l'agglomération, c'est l'événement culturel et économique à la rentrée de septembre de BRBU "Bars, Boîtes, et Restos de Besançon Unis"  On a de la chance d'avoir un collectif qui s'est mis en place, qui s'est rapproché de l'union commerçante. Plusieurs propositions ont été faites, à nous de les consolider. C'est un chantier à mener et bien engagé, car il vient du terrain..."

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