Procès Zepeda : les "cris stridents d'une femme" la nuit de l'assassinat supposé de Narumi

Publié le 04/04/2022 - 16:04
Mis à jour le 05/04/2022 - 08:45

Mise à jour •

« Les cris stridents d’une femme » : une étudiante a raconté lundi à Besançon le moment d’effroi vécu en décembre 2016 dans la résidence universitaire où logeait Narumi Kurosaki, la nuit de son assassinat supposé pour lequel le Chilien Nicolas Zepeda est jugé depuis mardi dernier.

 © Alexane Alfaro
© Alexane Alfaro

"J'occupais à l'époque une chambre dans le même couloir que Narumi", s'est souvenue Rachel Roberts, 25 ans, qui a témoigné en visioconférence devant la cour d'assises du Doubs depuis le tribunal d'Edimbourg.

Dans la nuit du 4 au 5 décembre 2016, "vers 03H00 du matin environ, j'ai entendu des cris. Ces cris n'étaient pas normaux, c'était effrayant, j'ai fermé ma porte à clé et j'ai éteint la lumière, parce que j'avais peur", a poursuivi la jeune femme, encore bouleversée. "Je regrette tellement de ne pas avoir appelé la police, j'avais peur, je ne savais pas quoi faire".

"Ça a crié plusieurs fois, 1 minute, 1 minute 20", a confirmé ensuite Adrien Laurent, 26 ans. "Ces cris se sont terminés pas un râle, comme quelqu'un qui essayait de crier mais n'y arrivait plus...", a-t-il poursuivi, accréditant le thèse de l'accusation d'un possible étranglement de la jeune japonaise.

Selon une troisième étudiante, "c'était le son d'un film d'horreur". Au total, onze personnes ont dit avoir tendu ces mêmes cris au cours de l'instruction, sans pouvoir préciser exactement d'où ils provenaient. Aucune d'entre elles n'avait appelé la police.

Après cinq jours d'audience à retenir ses larmes, la mère de Narumi a éclaté en sanglots sur le banc des parties civiles, dans les bras de sa cadette.

Les jours précédent la disparition de Narumi, deux jeunes femmes, dont Rachel Roberts, avaient aperçu un homme, qu'elles ont par la suite identifié comme étant Nicolas Zepeda, se cacher dans la cuisine commune du bâtiment Rousseau, celui de la chambre de Narumi Kurosaki.

"C'est lui, je ne l'oublierai jamais"

"C'est lui, je ne l'oublierai jamais", a ainsi certifié Nadia Ouaked en le scrutant à l'audience, se souvenant parfaitement avoir croisé ce "garçon assis par terre, recroquevillé, la tête sur les genoux". "Il était décoiffé, les yeux rouges. Il était triste, comme une personne qui a pleuré trop longtemps", a-t-elle relaté.

Des images de vidéosurveillance, diffusées à l'audience, ont montré un individu à capuche rôder sous les fenêtres de Narumi Kurosaki et prendre des photos, les nuits précédents sa disparition. A chaque fois, la voiture de Nicolas Zepeda se trouvait sur le parking voisin, comme en atteste la géolocalisation du véhicule.

Le Chilien a assisté, très attentif, aux débats, sans montrer aucune émotion. Son nouvel interrogatoire sur ces faits, initialement prévu lundi, a été repoussé au lendemain. Nicolas Zepeda conteste catégoriquement avoir tué l'étudiante japonaise qu'il a affirmé avoir quittée vivante le 6 décembre. Selon lui, Narumi Kurosaki a simplement "disparu".

Mais la jeune femme de 21 ans n'a plus jamais été revue et, malgré d'intenses recherches, son corps n'a pas été retrouvé. Lors de la première semaine d'audience, les enquêteurs sont revenus sur les nombreux éléments qui accablent l'accusé, possessif et jaloux, qui avait très mal vécu leur rupture.

L'aplomb de l'homme de 31 ans a par moments vacillé dans le box des accusés, sous le feu roulant des questions de l'avocat général, Etienne Manteaux, et des avocats des parties civiles, Mes Sylvie Galley et Randall Schwerdorffer.

Le procès de Nicolas Zepeda, qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, doit se poursuivre jusqu'au 12 avril.

(Source AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Justice

En 2 ans, les plaintes pour violences conjugales ont explosé dans le Doubs. Entretien avec Étienne Manteaux, procureur de Besançon

EXCLUSIF • Quatre homicides en 2022, une hausse de 69% des faits graves, une hausse de 72% des faits de harcèlement et de menace le tout entre 2019 et 2022 dans le Doubs. Le département fait partie de ceux qui comptent le plus violences conjugales en France alors que l’on compte entre 120 et 130 homicides dans la sphère conjugale l’année dernière sur les 66 millions d’habitants… On en parle avec le procureur de la République de Besançon Étienne Manteaux en ce début d'année 2023.

Tirs à Planoise le 22 janvier : l’enquête a déjà permis de trouver la voiture des malfaiteurs

Le procureur de la République Étienne Manteaux a tenu une conférence de presse ce mercredi 25 janvier, trois jours après que des coups de feu à l'arme de guerre aient été tirés rue de Fribourg, dans le quartier de Planoise à Besançon. L’enquête a déjà levé le voile sur plusieurs éléments.

Disparition de Marie-Angèle Domece : " ultime " fouille dans l’Yonne pour retrouver le corps

MISE À JOUR • La campagne de recherches du corps de Marie-Angèle Domece, victime présumée du tueur en série Michel Fourniret en 1988, s'est conclue dans l'Yonne sans résultat, a indiqué mercredi 25 janvier 2023 le parquet de Nanterre, en charge du pôle "cold cases" des affaires non élucidées, sollicité par l'AFP.

Vandalisme de la Statue Victor Hugo à Besançon : " Un épilogue sinistre qui n’aurait jamais dû avoir lieu "

À quelques jours du jugement des deux étudiants soupçonnés d’avoir repeint le visage en blanc de la statue de Victor Hugo, oeuvre de Ousmane Sow, en novembre 2022 à Besançon, Béatrice Soulé, compagne du sculpteur sénégalais, parle d’"une polémique qui n’avait aucune raison d’être" dans un communiqué du 24 janvier 2023.

Procès des Barjols : un Belfortain et un Haut-Saônois parmi les 13 militants d’ultradroite jugés à Paris

Treize personnes affiliées au groupuscule d’ultradroite des Barjols comparaissent à partir de ce mardi 17 janvier à Paris, soupçonnées d’avoir préparé une série d’actions violentes dont un projet d’attaque contre Emmanuel Macron fin 2018, en marge du centenaire de l’armistice.

Le parquet conteste au Dr Péchier la possibilité d’exercer la médecine

Suite à l’arrêt rendu par la chambre d’instruction le lundi 11 janvier, qui autorise le docteur Péchier a exercer la médecine, le procureur de la République de Besançon Etienne Manteaux a tenu à réagir et à faire un point d’étape sur l’information judiciaire dans laquelle le médecin est mis en examen. 

Abus sexuels : le diocèse de Besançon lance un appel pour retrouver d’éventuelles victimes d’un abbé décédé

Le diocèse de Besançon a lancé un appel pour retrouver "d'éventuelles victimes" de Raymond Jaccard, un abbé décédé en 2021 connu pour son action auprès des lépreux camerounais, sanctionné de son vivant après des soupçons "d'abus d'ordre sexuel et spirituel" sur des majeurs.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 -0.71
peu nuageux
le 27/01 à 9h00
Vent
3.95 m/s
Pression
1020 hPa
Humidité
80 %