Vingt-huit jours avec son bébé : le congé paternité doublé à partir de jeudi

Publié le 29/06/2021 - 11:51
Mis à jour le 29/06/2021 - 11:51

Le congé paternité – ou du second parent – de 28 jours, dont une semaine obligatoire, entre en vigueur à partir de jeudi, une réforme sociétale attendue de longue date qui vise à permettre aux pères de s’investir davantage dans la parentalité et la vie du foyer.

Annoncée en septembre par Emmanuel Macron et votée dans le budget de la Sécu, cette réforme du congé double la durée pour un père – ou le second parent – d’un enfant à naître ou adopté, à 25 jours plus 3 jours de naissance contre 11 plus 3 actuellement.

Nicolas, infirmier dans un Ehpad,  dont la petite fille doit naître dans un peu moins de deux semaines, est concerné. "C'est notre premier enfant. On a hâte de rencontrer ce petit être et découvrir son univers", dit-il à l'AFP. "Pouvoir prendre un mois de congé, c'est un droit et un acquis social très fort pour entrer de plain-pied dans la paternité et aussi être là pour suppléer la maman à la maison".

Ce futur père de 40 ans a déjà tout prévu. Pour permettre à ses collègues de "souffler aussi pendant l'été", il prendra quelques jours de vacances autour de la naissance mi-juillet puis en août, avant de prendre tout son congé au mois de septembre.

Une demande "immédiatement validée" par son employeur, précise Nicolas, qui estime que "le regard sur la place du papa a changé".

Dans le cas d'une naissance multiple, sept jours de congés sont ajoutés, soit 32 contre 18 actuellement.

Niveau rémunération: les trois jours du congé de naissance restent à la charge de l'employeur, et les jours restants seront indemnisés par la Sécurité sociale

Répartition des tâches

"Une réelle évolution", estime David Malczuk, 27 ans, qui accueillera son deuxième enfant fin juillet et a déjà tout organisé pour s'absenter un mois de son travail.

A la naissance de son premier enfant, ce dessinateur industriel avait gardé ses 11 jours de congé pour partir avec sa femme et leur fils de quelques semaines en Russie, d'où son épouse est originaire.

"Elle avait accouché un mercredi. J'étais resté avec elle à la maternité jusqu'au dimanche et le lundi, c'était retour au boulot. J'étais crevé, j'avais des poches sous les yeux", se souvient-il. "Cette fois, je vais pouvoir créer un rythme avec le bébé et récupérer un peu d'énergie".

Optionnel, le congé paternité est actuellement pris par environ sept pères sur dix, un chiffre qui a peu évolué depuis son instauration en 2002 et dissimule de fortes inégalités sociales: 80% des salariés en CDI y ont recours, contre moins de 60% en CDD.

"Ce n'est pas qu'une question d'envie des pères, il y a encore de nombreux freins psychologiques notamment vis-à-vis de l'entreprise", estime la psychothérapeute Isabelle Filliozat, vice-présidente de la "Commission des 1.000 premiers jours" qui avait recommandé au gouvernement de porter ce congé à neuf semaines.

Selon elle, cette réforme devrait "inciter davantage de pères à le prendre" car "la semaine obligatoire pourra les aider dans leurs négociations avec leur patron".

"Dérisoire"

En matière de parentalité, beaucoup se joue dès les premiers jours.

"Ce n'est pas une question de rôle ou de sexe", insiste Mme Filliozat. "Si on est au quotidien auprès d'un enfant, on devient plus sensible, attentif et on développe ses compétences parentales".

Or, "les pères n'ont pas suffisamment d'occasion d'avoir du temps avec leurs tout-petits, ils tissent moins d'attachement, se sentent un peu moins concernés et peuvent avoir tendance à laisser les tâches parentales à la mère, ce qui génère de nombreux conflits", analyse-t-elle.

Ces 28 jours restent toutefois "dérisoires" pour Marie-Nadine Prager, du Collectif PAF (pour une Parentalité féministe).

"C'est probablement mieux pour tisser un lien avec le bébé mais pas pour revoir la place de chacun au sein du foyer", estime la militante, plaidant désormais pour un congé parental sur le modèle scandinave, bien rémunéré et réparti entre les parents.

Des évolutions pourraient intervenir à la rentrée, à l'issue d'une mission sur la conciliation des temps professionnel et familial menée depuis mars par Christel Heydemann, de Schneider Electric France, et le sociologue Julien Damon.

(AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Société

Besançon veut renouveller son soutien à la Maison des femmes avant son ouverture en mars 2026

La Ville de Besançon a présenté, mercredi 21 janvier 2026, une délibération portant sur un nouveau soutien financier au fonctionnement de la future Maison des femmes, dont l’ouverture est prévue le 3 mars prochain. Cette présentation a eu lieu lors d’une conférence de presse conduite par Anne Vignot, maire de Besançon, entourée de plusieurs élues, à l’approche du conseil municipal, le 22 janvier.

Quitter le salariat pour entreprendre : une reconversion qui séduit aussi à Besançon

La reconversion professionnelle vers un projet entrepreneurial occupe une place croissante dans le paysage économique et social français. De plus en plus d’actifs choisissent de quitter le salariat pour créer leur propre emploi, souvent dans une recherche de sens, d’autonomie et d’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Un constat partagé par la coopérative d’activités et d’emplois (CAE) Coopilote à Besançon, qui met en lumière plusieurs parcours d’entrepreneurs ayant fait le choix de l’entrepreneuriat comme voie de reconversion.

Comprendre et suivre l’extrême droite en Franche-Comté : lancement de l’Obex FC à Besançon

L’Observatoire de l’extrême droite en Franche-Comté (Obex FC) a été présenté officiellement vendredi 16 janvier 2026 à la presse, puis au public lors d’une conférence organisée le soir même salle David à Besançon. Cette plateforme régionale se donne pour objectif de documenter, analyser et rendre accessibles les phénomènes liés à l’extrême droite en Franche-Comté. L’Obex FC est porté par trois fondateurs, membres de l’association Comité pour Clément : "Toufik de Planoise", journaliste, "Walden", militant anti-extrême droite, et "Yoann Muson", universitaire.

Les ateliers du mercredi au SYBERT ? Des minijeux pour enfants

PUBLI-INFO • Le 21 janvier, c’est la fête au SYBERT à Planoise ! De 14h30 à 16 heures, les enfants de 6 à 12 ans vont pouvoir venir apprendre en jouant. Apprendre ? Oui, apprendre les bons gestes en matière de tri et de recyclage. Jouer ? Oui, parce qu’en s’amusant, mine de rien, on apprend. Mais attention, nombre de places limité…

Début de l’enquête de recensement de la population en Bourgogne-Franche-Comté

Le recensement de la population commence, aujourd’hui jeudi, 15 janvier 2026 en France métropolitaine. En Bourgogne-Franche-Comté, près de 1 500 agents recenseurs sont mobilisés pour enquêter 284.000 logements dans 756 communes. Cela devrait conduire les équipes communales à collecter les réponses de plus de 470.000 habitants dans la région.

Le ”droit de correction parentale” n’existe pas, rappelle la Cour de cassation

La Cour de cassation a rendu mercredi 14 janvier 2026 une décision dans une affaire portant sur des faits de violences commises par un père sur ses enfants. Cette décision intervient après la relaxe prononcée par la cour d’appel de Metz le 18 avril 2024, fondée notamment sur l’invocation d’un prétendu ”droit de correction”.

“Icar” : un bus numérique pour amener de la technologie et de la culture dans les communes du Doubs

VIDEO • Appelé "Icar", le bus numérique a été officiellement inauguré ce 14 janvier 2026 au collège Claude Girard à Châtillon-le-Duc en présence du Département du Doubs, instigateur de cette nouveauté. Ses missions ? Proposer des ateliers numériques autour de l’intelligence artificielle, des ressources numériques du département ou encore la création de revues artisanales dans les collèges et médiathèques…

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 1.31
couvert
le 21/01 à 21h00
Vent
1.5 m/s
Pression
999 hPa
Humidité
95 %