Visons : la filière dénonce une instrumentalisation de la Covid-19 pour fermer les élevages

Publié le 08/11/2020 - 10:10
Mis à jour le 08/11/2020 - 10:10

La filière fourrure dénonce samedi des tentatives « d’instrumentaliser la crise pandémique » du Covid-19 pour accélérer la fermeture des quatre élevages de visons français dont un à Montarlot-les-Rioz en Haute-Saône, en pleine inquiétude soulevée par la mutation du virus chez ces animaux au Danemark.

Ces quatre élevages, dans le viseur des militants anti-fourrure, sont censés fermer "sous cinq ans" en France, selon les annonces faites en septembre par la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili.

Le député LREM Loïc Dombreval a réclamé l'accélération du processus au nom du "principe de précaution", après que le Danemark a annoncé cette semaine l'abattage massif de tous les visons du royaume - soit 15 à 17 millions de têtes.

Selon les autorités locales, une version mutée du SARS-Cov-2, qui pourrait menacer l'efficacité d'un futur vaccin, a été transmise par ces animaux à douze personnes.

"La France ne présente aucun cas de Covid-19 à ce jour dans ses élevages de visons où les règles sanitaires et de biosécurité sont totalement respectées", fait valoir l'association La Fourrure française dans un communiqué.

"Tenter d'instrumentaliser la crise pandémique en cours pour s'attaquer à nouveau à une profession représentant 2.500 emplois, 300 millions d'euros de chiffre d'affaires dont 110 millions à l'export et des savoir-faire d'expérience relevant du patrimoine vivant serait malhonnête et irresponsable", ajoute l'organisation.

Elle condamne les "postures idéologiques contre l'élevage relayées par des parlementaires qui cherchent par tous les moyens à casser des filières, et poussent ainsi des militants animalistes à s'en prendre aux éleveurs". L'association évoque dans le même temps "une nouvelle effraction dans un élevage".

"Une intrusion a été constatée ce (samedi) matin" dans un site d'Eure-et-Loir, a précisé à l'AFP le porte-parole de La Fourrure française, Pierre-Philippe Frieh.

L'association de défense des animaux One Voice avait diffusé en 2019 des images tournées sur place, parlant d'"élevage de l'horreur".

"L'éleveur a vu qu'une porte avait été forcée, qu'une clôture avait été escaladée et qu'il y avait des traces de pas qui n'étaient pas les siens", a poursuivi M. Frieh.

Il rappelle que la filière plaide pour un durcissement de la réglementation française concernant les élevages de visons, afin de généraliser les pratiques des "meilleurs élèves de la filière" et "de mettre fin aux abus en matière de bientraitance animale quand il y en a".

(AFP)

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