Anesthésiste soupçonné d'empoisonnements : la clinique Saint-Vincent suspend une partie des opérations

Publié le 07/03/2017 - 14:15
Mis à jour le 07/03/2017 - 14:27

La communauté médicale de Besançon est en émoi après l’annonce de la mise en examen d’un anesthésiste de 45 ans pour suspicion de sept empoisonnements dont deux mortels survenus entre 2008 et 2017. Une grande partie du programme opératoire a été annulée ce mardi 7 mars 2017 à la clinique Saint-Vincent.

  • Soupçonné d'avoir "empoisonné avec préméditation" sept patients à Besançon, dont deux sont morts, un médecin anesthésiste de 45 ans a été mis en examen tard lundi soir et placé sous contrôle judiciaire. Ce "professionnel reconnu" nie catégoriquement les faits.

 À la Clinique Saint-Vincent de Besançon, où le médecin anesthésiste exerçait jusqu'à sa présentation devant le juge, "une très grande partie du programme opératoire, non urgent, a été annulé aujourd'hui, car l'information a provoqué un choc émotionnel parmi les personnels qui doivent absorber le vif émoi que ça suscite", a confié la directrice de l'établissement, Valérie Fakhoury. 

La direction de la clinique a déposé plainte contre X après que les investigations ont "permis de déterminer les causes (ces) deux incidents", qui ont lieu en janvier, et dont elle n'a pas révélé l'origine.  Plusieurs infirmières travaillant avec le praticien et souhaitant garder l'anonymat ont estimé que "c'est un bon anesthésiste, quelqu'un de bien, avec qui on aimait travailler". Mais certains infirmiers étaient "inquiets" de "ces incidents inexpliqués".

Du côté de la Polyclinique de Franche-Comté, où le médecin a exercé "sur une courte période en 2009", "les circonstances de ces événements graves ont donné lieu à une enquête médicale interne", a indiqué dans un communiqué la commission médicale. L'établissement avait à l'époque averti "les autorités savantes du Centre hospitalier régional universitaire de Besançon et l’Agence régionale de santé", avant de déposer plainte. Depuis les incidents de 2009, "aucun fait de cette nature n’a été à déplorer à la Polyclinique de Franche-Comté", souligne l'établissement dont "la communauté médicale, sous le choc, se tient à disposition des enquêteurs".

"Accusation ahurissante et fragile" pour l'avocat de l'anesthésiste 

"Mon client conteste fondamentalement tout empoisonnement que ce soit. Il dit passer sa vie à réanimer les gens, pas à les tuer", a dit tard dans la nuit de lundi à mardi l'avocat de l'anesthésiste, Me Randall Schwerdorffer, à l'issue de son passage devant le juge de la détention et des libertés, qui a ordonné un placement sous contrôle judiciaire, avec interdiction d'exercer sa profession et l'obligation de verser une caution de 60.000 euros.

Mais selon le parquet - qui avait demandé un placement en détention - les "indices graves et concordants" existent, et permettent de "présupposer l'administration volontaire de substances mortelles. Il s'agit de faits gravissimes", a estimé la vice-procureur de Besançon, Christine De Curraize. 

Arrêt cardiaque dû à une "injection de substances à dosage létal"

Entre 2008 et janvier 2017, sept patients, opérés à la Clinique Saint-Vincent et à la Polyclinique de Franche-Comté, ont été victimes d'un arrêt cardiaque dû à une "injection de substances à dosage létal", selon les premiers éléments distillés par Mme De Curraize, qui n'a pas précisé la nature de ces substances. Deux d'entre eux n'ont pu être réanimés: un homme de 53 ans, décédé en 2008 pendant une opération des reins, et une femme de 51 ans, décédée en 2016 au cours d'une opération pour une fracture. 

L'anesthésiste, "reconnu" par ses pairs pour ses qualités professionnelles, est soupçonné d'être à l'origine de ces intoxications, a dit Mme De Curraize. Mis en examen pour "empoisonnement avec préméditation", il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

2.000 anesthésies par an 

Depuis sa présentation au juge, le médecin "est dans l'incompréhension totale des accusations portées à son encontre", a expliqué Me Schwerdorffer. "C'est un professionnel archi reconnu, de grande qualité, qui pratique 2.000 anesthésies par an, et dont le métier est plus qu'un métier, c'est une passion", a-t-il affirmé, dénonçant une "accusation ahurissante et fragile".

  • Selon le parquet, les victimes présumées, quatre femmes et trois hommes âgés de 37 à 53 ans, "n'avaient pas de prédispositions ou de fragilités particulières".

Une première information judiciaire avait été ouverte pour "homicide involontaire" afin de déterminer les circonstances du premier décès en 2008, puis la Clinique Saint-Vincent et l'Agence régionale de santé ont signalé "deux incidents graves ayant entraîné des problèmes cardiaques imprévus" au bloc opératoire de la clinique les 11 et 20 janvier derniers, entraînant l'ouverture d'une nouvelle instruction début 2017.

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

anesthésiste empoisonnement

Affaire Péchier : l’anesthésiste conteste sa mise en examen dans trois cas supposés d’empoisonnement

Les avocats de Frédéric Péchier, médecin-anesthésiste soupçonné de 24 empoisonnements dont neuf mortels mais qui clame son innocence, ont contesté le 9 février dernier à Besançon sa mise en examen dans trois cas. La justice rend sa décision ce mercredi 30 mars 2022.

Tentative de suicide de Frédéric Péchier, l’anesthésiste de Besançon soupçonné de 24 empoisonnements

Frédéric Péchier, anesthésiste de Besançon soupçonné de 24 empoisonnements dont neuf mortels, « a tenté de mettre fin à ses jours » dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2021 ont annoncé ce mardi 5 octobre ses avocats, selon qui « son état est critique » et son « pronostic réservé« .

Affaire Péchier : l’anesthésiste n’a pas “les traits d’un tueur en série” selon une contre-expertise psychiatrique

D’après les conclusions d’un rapport confidentiel publiées par le Journal du Dimanche le 11 avril 2021, la contre-expertise psychiatrique de Frédéric Péchier, anesthésiste soupçonné d’avoir empoisonné volontairement 24 patients à Besançon entre 2008 et 2017, ne révèle pas « les traits d’un tueur en série » dans sa personnalité.

Justice

Éclatements de pneus Goodyear : de nombreuses données informatiques saisies lors des perquisitions

"De nombreuses données informatiques" ont été saisies lors de perquisitions menées chez le géant américain du pneumatique Goodyear, "qui vont pouvoir être exploitées par les enquêteurs", a déclaré jeudi 16 mai 2024 le procureur de la République de Besançon, après l'éclatement de pneus de camions à l'origine d'accidents mortels.

Journée prison morte : mobilisation des agents pénitentiaires après l’attaque mortelle d’un convoi

L’intersyndicale appelle ce mercredi 15 mai à un blocage national après l’attaque d’un convoi pénitentiaire hier dans l’Eure dans laquelle deux agents sont morts et trois autres ont été gravement blessés. Une minute de silence sera également observée à 11h. 

L’élu bisontin Kévin Bertagnoli dépose plainte pour “harcèlement” et “menaces de mort”

Le président du groupe Génération-s et adjoint en charge de la Démocratie participative et de la participation citoyenne à la Ville de Besançon, a décidé de porter plainte auprès du procureur de la République contre les auteurs de publications malveillantes survenues suite à son intervention lors du dernir conseil municipal de Besançon du 4 avril 2024.

Éco-quartier : le tribunal administratif rejette le recours introduit par Les Jardins des Vaîtes

L’association demandait l’annulation de la décision par laquelle la présidente de Grand Besançon Métropole a refusé d’inscrire à l’ordre du jour du conseil communautaire l’abrogation partielle du plan local d’urbanisme de la commune de Besançon, a-t-on appris jeudi 11 avril 2024.

Maltraitance animale dénoncée par L214 : un employé d’abattoir condamné à du sursis dans l’Yonne

Un employé d'un élevage de porcs de l'Yonne a été condamné jeudi 11 avril 2024 à 1.000 euros d'amende avec sursis pour "mauvais traitement envers un animal" après la dénonciation par l'association L214 de "sévices" incluant l'agonie d'une truie assommée à coups de masse.

Daval : le procureur requiert la relaxe pour les faits de dénonciation calomnieuse

Lors du procès pour dénonciation calomnieuse de Jonathan Daval, qui purge actuellement une peine de prison de 25 ans de prison pour le meurtre de son épouse Alexia en 2017, à l’encontre de son ancienne belle-famille, le procureur de la république Étienne Manteaux a finalement requis la relaxe mercredi 10 avril 2024 au tribunal correctionnel de Besançon. 

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 18.92
légère pluie
le 26/05 à 15h00
Vent
1.19 m/s
Pression
1019 hPa
Humidité
92 %