Ecclésia de Luxeuil-les-Bains : un nouvel écrin pour un des vestiges mérovingiens les plus importants d’Europe

Publié le 30/05/2021 - 07:47
Mis à jour le 30/05/2021 - 07:47

Depuis le mardi 25 ai 2021, les 150 sarcophages de l’un des plus importants sites mérovingiens d’Europe sont exposés au cœur de la cité médiévale de Luxeuil-les-Bains dans un écrin moderne de verre, de bois et de métal

 © OT Luxeuil les bains
© OT Luxeuil les bains

Le site n’était qu’un parking au centre-ville de cette petite commune de 6 500 habitants lorsque les premiers sondages archéologiques, à l’occasion de classiques travaux de voirie, ont révélé la présence des vestiges de l’église funéraire Saint-Martin de l’abbaye de Luxeuil (Haute-Saône), l’une des principales en Europe entre les VIIe et Xe siècle.

Les campagnes de fouilles successives débutées en 2008 ont ensuite mis au jour les traces de près de 2 000 ans d’histoire : un quartier d’habitation romain du Ier au IIIe siècles, une nécropole païenne du IVe siècle, une basilique paléochrétienne des Ve et VIe siècles, agrandie ensuite pour ce qui deviendra la "crypte de Saint-Valbert" en 670.

Reconstruit et modifié au cours des siècles, l’édifice religieux fut finalement détruit peu après la Révolution, en 1797. Environ 350 sépultures, dont 150 sarcophages de pierre, ont été découvertes. "Le très grand nombre de sarcophages mérovingiens et leur très bon état de conservation" confèrent à ce site classé monument historique depuis 2010 une envergure "exceptionnelle", selon Sébastien Bully, chercheur du laboratoire ARTeHIS (CNRS/Université de Bourgogne) en charge des fouilles.

Pour le mettre en valeur, la municipalité a décidé de confier à l’architecte Michel Malcotti la conception d’un bâtiment destiné à l’accueil de public, tel un musée in situ.

Tous orientés vers l'Orient

Baptisé l’Ecclesia, il s’est élevé autour et au-dessus du lieu des fouilles, constituant un écrin moderne. Une charpente métallique autoportée permet aux visiteurs d’admirer l’étendue des vestiges. "Avec 700 m2 de surface, c’est l’un des plus importants centres d’interprétation archéologique de France pour le Haut Moyen-Âge", remarque l’archéologue. Entre les fondations encore visibles de l’église, les sarcophages de pierre tapissent le sol. Ils sont tous orientés vers l’Orient pour que les défunts "voient directement Jérusalem au moment de la résurrection", explique la guide-conférencière Florence Chapon. Certains ossements sont encore visibles, mais la plupart ont été prélevés pour être étudiés. Les archéologues ont également mis au jour la crypte de saint Valbert, troisième abbé de Luxeuil, dont les ossements ont été disséminés dans toute l’Europe en tant que reliques.

Les chercheurs pensent que la fondation de l’abbaye de Luxeuil par l’abbé irlandais Colomban, à la fin du VIe siècle, a été initiée par le roi de Bourgogne pour contrôler une région à la frontière de plusieurs royaumes. La communauté menée par saint Colomban devint rapidement un des grands centres monastiques de la Gaule mérovingienne.

"Outil de développement économique"

"Les fouilles ont permis de revisiter en profondeur les conditions de la fondation du monastère de Colomban, de comprendre l’évolution architecturale et liturgique de l’église Saint-Martin autour de la tombe de saint Valbert" et de réinterpréter l’histoire de la ville sous un nouvel éclairage, explique M. Bully.

Le récit de la vie de saint Colomban, écrit dans les années 640, laissait jusqu’à présent supposer que Colomban était arrivé dans une ville en ruines et qu’il avait christianisé la région.

Or, les fouilles ont démontré que Luxeuil n’a jamais été abandonnée et que la ville possédait déjà deux églises à son arrivée. Consciente de l’intérêt de valoriser de telles découvertes, la municipalité a conçu l’Ecclesia comme "un point d’ancrage et d’ouverture sur l’ensemble du patrimoine historique" de Luxeuil-les-Bains, de l’époque gallo-romaine jusqu’à l’époque contemporaine, souligne le maire Frédéric Burghard. L’édile espère ainsi "tirer vers le haut l’activité touristique" de la cité thermale et "en faire un véritable outil de développement économique".

Culture

Avec 4 500 spectateurs le festival Détonation a trouvé son nouvel équilibre

La 13e édition du festival Déntonation a réuni 4 500 spectateurs durant deux jours, les 25 est 26 septembre 2026 à Besançon. Pour la première fois dans l’histoire du festival sous son nouveau format, le festival a affiché complet avant même l’ouverture des portes. Dans son communiqué de bilan du festival, la Rodia évoque une réussite qui "confirme la dynamique engagée depuis la transformation de Détonation en 2024".

Biblis en folie le 3 octobre au Frac Franche-Comté

Quoi de 9 ? • Le samedi 3 octobre 2026, le Frac vous invite à plusieurs rendez-vous dans le cadre de Biblis en folie, journées nationales dédiées aux bibliothèques et aux médiathèques, et en écho à l’exposition un monde renversé de Nina Laisné. Cette journée sera aussi l’occasion de découvrir la bibliothèque de la Cité des Arts.

Les Petites Fugues célèbrent 25 ans de littérature à travers la Bourgogne Franche-Comté

Depuis un quart de siècle, les livres prennent la route en Bourgogne-Franche-Comté. Du 16 au 28 novembre 2026, Les Petites Fugues, nées en Franche-Comté, fêteront leur 25e édition avec 16 auteurs et autrices invités et près d’une centaine de rencontres organisées dans toute la grande région. Un anniversaire placé sous le signe de la transmission, de celles et ceux qui font vivre la littérature au quotidien et d’une aventure collective patiemment construite au fil des années.

" Où est Charlie ? " : après l’effacement de sa fresque, Nacle riposte avec une nouvelle œuvre

Quarante-huit heures après l’effacement de la fresque de Nacle dénonçant les violences policières, l’artiste refait parler de lui, ce jeudi 24 septembre 2026, avec une nouvelle œuvre satirique. Elle est visible sur le mur d’expression libre de la Malcombe à Besançon.

" Besançon, j’aime ma ville " acquiert une lettre intime écrite par Victor Hugo

La lettre manuscrite de Victor Hugo adressée à sa marraine, Marie-Anne Delélée, restera à Besançon, ville natale du célèbre écrivain. Elle a été acquise par l’association "Besançon, j'aime ma ville" le vendredi 18 septembre 2026, lors d’une vente aux enchères organisée par le commissaire-priseur Jean-Paul Renoud-Grappin.

Un mur qu’on efface ne fait pas disparaître les idées

BILLET • L’art n’est pas là pour plaire, il n’est pas là pour flatter, rassurer ou obtenir l’approbation de tout le monde. L’art est là pour exprimer, pour questionner, pour déranger parfois, bousculer, pour provoquer, pour faire réfléchir. Et, de temps en temps, pour mettre en colère. C’est précisément pour cela qu’il est précieux.

Détonation 2026 à Besançon : le festival revient les 25 et 26 septembre avec plus de 40 artistes

PUBLI-INFO • Le Festival Détonation revient pour sa 13ème édition les 25 et 26 septembre 2026. La formule expérimentée depuis 2024 est désormais bien ancrée dans l’esprit des festivaliers. La configuration qui replace la Rodia au cœur de l’événement, reste la même : 4 scènes toutes abritées telles que la Grande Salle, les deux bals montés et le Bezac Soundsystem sous la terrasse. Et pour compléter l’expérience festivalière, La Rodia propose plusieurs bars, espaces de détente, food-trucks, animations, stands associatifs... tout ça au bord du Doubs avec vue sur la Citadelle !

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 16.81C°
légère pluie
le 01/10 à 02h00
Vent
2.27 m/s
Pression
1020 hPa
Humidité
83 %

Sondage