Fusion des écoles maternelle et élémentaire à l’Hélvétie à Besançon : les syndicats ne comprennent pas…

Publié le 08/04/2022 - 15:39
Mis à jour le 08/04/2022 - 15:39

Alors qu’ils pensaient ce projet abandonné, la fusion des écoles maternelle et élémentaire de l’Hélvétie est réapparu pour être voté en conseil municipal le 2 mars dernier à la surprise des syndicats FSU-Snuipp25, SE-UNSA et SGEN-CFDT qui jugent cette décision prise dans des délais contraints.

L'école maternelle de l'Hélvétie à Besançon © Académie de Besançon
L'école maternelle de l'Hélvétie à Besançon © Académie de Besançon

Une école réunissant 8 niveaux d’enseignement (de 3 à 11 ans), 17 classes et 427 élèves, c’est ce qui attend le directeur ou la directrice qui prendra les commandes de l’Hélvétie à la rentrée 2022.

Cette décision fait suite à un projet apparu mi-janvier dernier sur les documents préparatoires à la carte scolaire et qui avait finalement disparu des discussions. La FSU-Snuipp rappelle que « l’Inspecteur d'Académie adjoint avait en effet explicitement dit que cette fusion n’était pas souhaitée par la mairie et qu’elle serait discutée pour ces prochaines années voire éventuellement oubliée. » Le « soulagement » pour une majorité d’enseignant.es qui avaient sollicité la FSU-SNUipp, inquiet.es d’un projet se dessinant en dehors de toute concertation n’a été que de courte durée. Deux semaines plus tard, une réunion de conseil d’école extraordinaire pour présenter le projet de fusion pour la rentrée 2022 a eu lieu. Les élues municipales y ont constaté que le sujet ne faisait pas consensus et du temps était nécessaire pour mûrir cette réflexion. Néanmoins, dix jours après et sans autre moment de travail collectif, les membres du conseil d’école (parents élus et enseignant-es) ont dû se prononcer par vote électronique pendant les vacances scolaires. 

Le 2 mars dernier, le conseil municipal vote pour cette fusion des écoles maternelle et élémentaire.

L’incompréhension

En comparaison, la FSU-Snuipp affirme que 14 des 44 collèges du Doubs auront à la rentrée prochaine, un effectif inférieur à 427 élèves et rappelle que « le fonctionnement des collèges est assuré par une équipe de personnels de vie scolaire, en plus d’un.e principal.e ; et les enseignements de collège sont organisés sur 4 niveaux. »

L’organisation syndicale se demande pourquoi une telle décision a été prise malgré de nombreuses contrariétés :

  • "une seule personne portera la charge du fonctionnement au lieu de deux et la fusion entraînera la perte de moyens (humains/temps) pour le travail dédié à la direction et au fonctionnement de l’école" ; 
  • "étant donné l’effectif important, la personne en charge de la direction ne pourra chaque matin simultanément gérer les urgences (comme la répartition quasi-quotidienne des élèves sans enseignant.e faute de remplaçant.e), la nécessaire proximité avec les parents des élèves de maternelle lors des premières années de scolarisation, l’attention toute particulière à porter à l’accueil des élèves primo-arrivants (dispositif UPE2A) qui seront de plus en plus nombreux au vu du contexte international, etc. De manière générale, le temps dédié au suivi de chaque situation/chaque élève se trouvera nécessairement réduit" ; 
  • "les fusions d’écoles entraînent une globalisation des effectifs qui se traduit ordinairement par la fermeture d’au moins une classe dans les années qui suivent et donc la hausse des effectifs des classes" ; 
  • "la spécificité de l’école maternelle est souvent mise à mal lorsqu’elle se trouve “noyée” au sein d’une grosse structure (3 classes noyées au sein des 17 !) " ; 
  • "l’école maternelle, avec 3 classes, aurait été prioritaire pour bénéficier de remplaçant.es ; après la fusion, les élèves pourront être réparti.es sur toute l’école en cas de manque d’enseignant.es" ; 
  • "M. le Recteur avait lui-même rappelé dans le cadre d’une instance en janvier 2022 qu’il n’était pas souhaitable de créer des écoles de la taille d’un collège" ; 
  • "cette fusion ne répond à aucun des objectifs habituellement mis en avant pour ce type de projet : aucun bâtiment ne pourra être libéré par la municipalité, pas d’économies d’énergie particulières, les élèves ne pourront pas bénéficier de locaux rénovés ou plus adaptés, l’équipe pédagogique ne profitera pas d’un rapprochement géographique rendant plus facile le travail collectif, les écoles ne sont ni l’une ni l’autre trop petites pour que la légitimité de leur maintien soit questionnée."

"Pourquoi une telle précipitation alors que rien ne l’imposait ?" se demande a FSU-Snuipp. "Ainsi, la fusion aura été entérinée en quelques semaines à peine alors qu’ordinairement, plusieurs mois voire années de réflexion et d'échanges sont nécessaires avant une décision de fusion." 

La FSU-SNUipp a sollicité une audience auprès de la maire de Besançon pour obtenir des justifications sur cette décision. Des représentantes syndicales ont été reçues par l’adjointe en charge de l'éducation et la conseillère municipale en charge des questions d’éducation. Le syndicat rapporte que "les élues ont semblé découvrir la réalité du fonctionnement du calendrier de l’Education nationale et l’inutilité/le danger d'opérer une décision d’une telle importance dans des délais aussi contraints. Elles ont affirmé avoir arrêté leur décision sur la stricte observation du vote des usager.es, ignorant qu’une seule réunion de ce type ne pouvait suffire à informer de l’ensemble des enjeux et permettre une réflexion objective." 

Les représentantes de la FSU-SNUipp ont dit leur surprise de voir appliquer par la mairie bisontine "une mesure phare de la politique éducative du duo Blanquer/Macron, largement condamnée par la communauté éducative." 

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