Hollande: face au terrorisme, "notre arsenal pénal est complet"

Publié le 08/10/2016 - 07:15
Mis à jour le 08/10/2016 - 10:20

Face à la menace terroriste, « notre arsenal pénal est complet », a déclaré ce vendredi  7 octobre 2016 à Dijon  François Hollande, en fustigeant le « simplisme » de diverses propositions sécuritaires de la droite.

 ©
©

Devant le congrès de l'Union syndicale des magistrats (USM), réuni à Dijon, le chef de l'État a rejeté la création de centres de rétention pour les personnes fichées S, l'incarcération systématique des personnes poursuivies dans des affaires de terrorisme, ou la mise en place d'une cour de sûreté, c'est-à-dire d'une juridiction d'exception, pour les crimes terroristes. Il a aussi rejeté la création d'un parquet national antiterroriste "autonome".

"Il faut se méfier du simplisme"

 Ces propositions sont défendues en particulier par Nicolas Sarkozy (Les Républicains), candidat à la primaire de la droite. "Dans la guerre contre le terrorisme, notre arsenal pénal est complet, même si certains voudraient en rajouter", a affirmé le chef de l'État, le premier à assister à un congrès de cette organisation syndicale, majoritaire parmi les magistrats. Il a reproché aux partisans d'un durcissement pénal de pratiquer la "manipulation de la peur", avec des propositions enfreignant aussi bien la Constitution française que la Convention européenne des droits de l'homme.

"Il faut se méfier du simplisme", a dit M. Hollande, dont le discours a été applaudi par une salle dont une partie s'était levée. Auparavant, la présidente de l'USM Virginie Duval avait dressé un bilan contrasté du quinquennat en matière de justice, qui a apporté selon elle "quelques améliorations" mais aussi de réelles déceptions. Faisant clairement référence au quinquennat Sarkozy, Mme Duval a exprimé le "soulagement" des magistrats, qui depuis 2012 ne sont plus la cible "d'attaques après chaque fait divers" ou de "mises en cause inconsidérées", et dont la liberté syndicale a été consacrée.

La présidente de l'USM a par contre souligné qu'en termes de moyens, la situation de la justice restait "catastrophique" et rappelé la cuisante "déception" des magistrats face à l'échec d'une réforme constitutionnelle sur l'indépendance du parquet. Mme Duval a estimé que cette réforme, promesse de campagne de François Hollande un temps soutenue par la droite avant que cette dernière ne fasse volte-face, avait été "victime collatérale de la politique politicienne".

 Mais pour elle, le gouvernement n'est pas totalement étranger à cet échec:  Mme Duval a ainsi regretté que l'ancienne Garde des Sceaux, Christiane Taubira, n'ait pas défendu ce projet avec autant de "fougue et conviction" que d'autres lois.  La magistrate a aussi reproché à M. Hollande et au gouvernement d'avoir porté des lois sécuritaires aboutissant à un "contournement" du juge judiciaire, au bénéfice des forces de l'ordre et de la justice administrative, en particulier dans le cadre de l'état d'urgence. "Que votre gouvernement ait instillé l'idée que pour lutter efficacement contre le terrorisme, il est parfois préférable de se passer d'un magistrat judiciaire nous a profondément surpris et déçus", a-t-elle dit.

"L'état d'urgence ne doit pas être un état permanent", a répondu M. Hollande, ajoutant: "Si nous l'avons prolongé, c'est qu'il y avait une menace tellement forte que nous ne pouvions pas nous dispenser de ses instruments."

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Justice

Il avait tué son compagnon en l’écrasant : peine de 15 ans de prison confirmée en appel   

Un homme de 46 ans a été condamné jeudi 22 janvier 2026 en appel à Lons-le-Saunier à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir tué son compagnon en 2022 en lui roulant dessus avec sa voiture, la même peine que celle infligée il y a un an en première instance. L'accusation avait requis 25 ans de réclusion.

Le ”droit de correction parentale” n’existe pas, rappelle la Cour de cassation

La Cour de cassation a rendu mercredi 14 janvier 2026 une décision dans une affaire portant sur des faits de violences commises par un père sur ses enfants. Cette décision intervient après la relaxe prononcée par la cour d’appel de Metz le 18 avril 2024, fondée notamment sur l’invocation d’un prétendu ”droit de correction”.

Espoir pour Fralsen à Besançon : des offres déposées au tribunal…

Placée en redressement judiciaire, l’entreprise Fralsen, basée à Besançon, dispose désormais de nouvelles perspectives. Selon nos informations, plusieurs offres de reprise ont été déposées auprès du tribunal des affaires économiques de Lyon. Une étape cruciale alors que la société doit impérativement trouver un repreneur d’ici le 5 février 2026.

La demande de remise en liberté de Frédéric Péchier examinée le 11 février 2026

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon examinera le 11 février 2026 une demande de remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier, condamné en décembre pour l'empoisonnement de 30 patients, dont 12 sont morts, a-t-on appris mardi 13 janvier 2026 de sources concordantes.

Incendie en Suisse : le propriétaire évoque une porte “verrouillée de l’intérieur” dans le bar

Le propriétaire français du bar incendié la nuit du nouvel an dans la station de ski suisse de Crans-Montana a indiqué aux enquêteurs avoir découvert juste après le drame qui a fait 40 morts qu'une "porte de service" était "verrouillée de l'intérieur" lors de son audition vendredi 9 janvier 2026.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 4.76
couvert
le 24/01 à 15h00
Vent
1.09 m/s
Pression
999 hPa
Humidité
90 %