Le Dr Péchier mis en examen pour "17 empoisonnements" : un emballement judiciaire selon Me Le Borgne

Publié le 16/05/2019 - 22:51
Mis à jour le 16/05/2019 - 22:51

Après la mise en examen de son client, un des avocats de Frédéric Péchier, Me Jean-Yves Leborgne, estime que ecette affaire procède d'une sorte d'emballement judiciaire"

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Me JY Leborgne © capture
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Sans surprise, suite à la conférence de presse du procureur de Besançon,  l’anesthésiste Frédéric Péchier a été mis en examen jeudi à Besançon pour « 17 empoisonnements sur personnes vulnérables », qui s’ajoutent aux sept autres pour lesquels il était déjà poursuivi depuis mars 2017, a annoncé l’un de ses avocats, Jean-Yves Le Borgne.

Le médecin de 47 ans, désormais suspecté d’avoir commis au total 24 empoisonnements, dont 9 mortels, avait été présenté en fin d’après-midi aux deux magistrats instructeurs à l’issue de sa garde à vue. M. Péchier devait être présenté dans la soirée à un juge des libertés et de la détention en vue d’une éventuelle incarcération, requise par le parquet.

Les faits qui lui sont reprochés sont passibles de la réclusion criminelle à perpétuité.

Une « hypothèse »

« Notre point de vue est que cette affaire procède d’une sorte d’emballement judiciaire comme on en voit quelquefois et que, finalement, les éléments d’enquête ne prouvent en réalité rien », a déclaré devant la presse Me Le Borgne, à l’issue de la mise en examen de son client. « Il y a une possibilité que le Dr Péchier ait été l’auteur de ces empoisonnements mais cette hypothèse n’est pas autre chose qu’une hypothèse, et cette longue enquête sur deux ans n’a rien démontré qu’une éventualité, si bien que dans ce contexte la présomption d’innocence doit être soulignée », a-t-il dit.

Le docteur Péchier avait été placé en garde à vue mardi matin dans le cadre d’une enquête préliminaire, ouverte discrètement par le parquet de Besançon en 2017, au moment de sa mise en examen pour sept empoisonnements présumés, dont deux mortels. « Ce sont 17 dossiers qui ont été retenus » portant sur des arrêts cardiaques survenus lors d’interventions chirurgicales sur des patients âgés de 4 à 80 ans, dont « sept n’ont pas survécu », a détaillé jeudi le procureur de la République à Besançon, Étienne Manteaux, au cours d’une conférence de presse.

Le Dr Péchier est « apparu comme le dénominateur commun » des événements indésirables graves (EIG) relevés par le corps médical entre 2008 et 2016, a dit le procureur, selon lequel ces EIG s’inscrivaient « dans un contexte de conflit aigu avec ses collègues anesthésistes ou chirurgiens au sein de la clinique Saint-Vincent » de Besançon.

Au terme de l’enquête, le parquet avait choisi de retenir 17 des 66 dossiers qui avaient été relevés pendant cette période, a-t-il détaillé, évoquant un « faisceaux d’éléments concordants » vers le médecin. Les arrêts cardiaques avaient été provoqués par l’administration de doses potentiellement létales de potassium et d’anesthésiques, selon l’enquête. Privilégiant la thèse du « pompier pyromane », les enquêteurs le soupçonnent d’avoir sciemment modifié les poches d’injection de confrères afin de provoquer des incidents opératoires pour exercer ensuite ses talents de réanimateur.

 

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