Prévenir les risques d'intoxication au monoxyde de carbone

Publié le 30/12/2016 - 10:12
Mis à jour le 30/12/2016 - 19:31

En Bourgogne- Franche-Comté, entre le 1er juillet 2015 et le 30 juin 2016, cinq personnes sont décèdées des suites d’une intoxication au monoxyde de carbone. Voici les gestes de prévention afin de minimiser les risques.

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les gestes qui sauvent

Le monoxyde de carbone (CO) est la première cause de mortalité par intoxication en France. Avec près de 100 décès par an et 3 000 personnes impliquées, le monoxyde de carbone constitue la première cause de mortalité par intoxication en France. Un système national de surveillance des intoxications au monoxyde de carbone a été mis en place par l’Institut de veille sanitaire (InVS) pour décrire et suivre dans le temps les circonstances de survenue et les facteurs favorisant les intoxications au monoxyde de carbone.

En Bourgogne- Franche-Comté, entre le 1er juillet 2015 et le 30 juin 2016, 54 épisodes intoxiquant 168 personnes ont été constatées. Cinq personnes sont décèdées des suite d'une intoxication au monoxyde de carbone. 

Des mesures de prévention permettent d'éviter ces intoxications au CO et ces morts brutales.

Un gaz invisible, inodore et mortel

Le monoxyde de carbone est un gaz asphyxiant très difficile à détecter : il est invisible, inodore et non irritant. Il résulte d’une mauvaise combustion au sein d’un appareil fonctionnant grâce à la combustion de gaz, de bois, de charbon, d’essence, de fuel ou encore d’éthanol.

La densité du monoxyde de carbone est voisine de celle de l’air, il se diffuse donc très vite dans l’environnement. Après avoir été respiré, il se fixe sur les globules rouges à la place de l’oxygène et peut s’avérer mortel en moins d’une heure :

  • 0,1 % de CO dans l’air tue en 1 heure,
  • 1 % de CO dans l’air tue en 15 minutes,
  • 10 % de CO dans l’air tuent immédiatement.

Deux types d’intoxication

L’intoxication faible dite "chronique" se manifeste par des maux de tête, des nausées, une confusion mentale, de la fatigue. L’intoxication est lente et les symptômes de cette intoxication peuvent ne pas se manifester immédiatement.

L’intoxication aiguë entraîne des vertiges, une perte de connaissance, une paralysie musculaire, des troubles du comportement, voire le coma ou le décès.

En cas d’intoxication grave (chronique ou aiguë), les personnes gardent parfois des séquelles à vie : migraines chroniques ou bien pathologies neurologiques invalidantes (troubles de la coordination motrice, paralysies de toutes formes). Ces intoxications sont actuellement suspectées de perturber le développement cérébral des enfants et notamment leur fonctionnement intellectuel.

Les principales causes d’intoxication dans l'habitat sont :

  • un défaut d’aération
  • des conditions météorologiques défavorables
  • un défaut d’appareil ou de l’installation raccordée
  • une utilisation inadaptée de l’appareil

Comment les éviter ?

Quelques conseils permettent de limiter les risques d’intoxication au monoxyde de carbone dans l’habitat :

  • Avant l’hiver, faire systématiquement intervenir un professionnel qualifié pour contrôler les installations. Faire vérifier et entretenir chaudières, chauffe-eau, chauffe-bains, inserts et poêles. Faire vérifier et entretenir les conduits de fumées (par ramonage mécanique).
  • Toute l’année et particulièrement pendant la période de chauffe, assurer une bonne ventilation du logement. Aérer le logement tous les jours pendant au moins 10 minutes, même quand il fait froid. Ne pas obstruer les entrées et sorties d’air (grilles d’aération dans les cuisines, salles d’eau et chaufferies principalement).
  • Utiliser de manière appropriée les appareils à combustion. Ne jamais faire fonctionner les chauffages d’appoint en continu. Ils sont conçus pour une utilisation brève et par intermittence uniquement. Respecter scrupuleusement les consignes d’utilisation des appareils à combustion (se référer au mode d’emploi du fabricant), en particulier les utilisations proscrites en lieux fermés. Ne jamais utiliser pour se chauffer des appareils non destinés à cet usage : cuisinière, brasero, four...
  • En cas d’installation de nouveaux appareils (groupes électrogènes ou appareils à gaz) : ne jamais placer les groupes électrogènes dans un lieu fermé (maison, cave, garage...) : ils doivent impérativement être installés à l’extérieur des bâtiments. S’assurer de la bonne installation et du bon fonctionnement de tout nouvel appareil à gaz avant sa mise en service et exiger un certificat de conformité auprès de l’installateur. 

Que faire en cas d’accident ?

En présence d’un appareil à combustion, maux de têtes, nausées, vomissements, sont les symptômes qui doivent alerter. Si ces symptômes disparaissent en dehors de la pièce ou que plusieurs personnes les ressentent dans une même pièce, il faut :

  • Aérer immédiatement les locaux en ouvrant portes et fenêtres.
  • Arrêter si possible les appareils à combustion.
  • Evacuer les locaux et les bâtiments.
  • Appeler les secours : le SAMU (15), les pompiers (18) ou le numéro unique d’urgence européen (112).
  • Ne pas réintégrer les lieux avant d’avoir reçu l’avis d’un professionnel du chauffage ou des sapeurs-pompiers.

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