Parcoursup : premières réponses ce soir

Publié le 19/05/2020 - 13:10
Mis à jour le 19/05/2020 - 13:45

 
Les premières réponses aux voeux d’études supérieures sont attendues ce mardi soir sur Parcoursup, qui a continué à fonctionner malgré la fermeture des établissements pour des Terminales toujours privés de lycées et, redoutent certains, d’aide à l’orientation.

 © JeSHOOTS PXB CC0
© JeSHOOTS PXB CC0

C’est ce mardi que les premiers résultats des vœux des lycéens sur Parcoursup vont tomber. Dès 17 heures, les lycéens pourront se connecter sur la plateforme et voir si leurs premiers vœux ont été satisfaits. Afin que tous les candidats puissent consulter simultanément leur dossier, la plateforme proposera dans un premier temps un mode "consultation", puis au cours de la soirée, ils pourront commencer à répondre aux propositions qui leur ont été faites.

Ils seront alertés dès qu’ils recevront une ou plusieurs propositions d’admission, assure le ministère de l’Enseignement supérieur. Les épreuves terminales du baccalauréat étant annulées, ces propositions seront envoyées sans interruption, du 19 mai jusqu’au 15 juillet. Malgré la fermeture des lycées et des universités depuis le 16 mars, "la procédure Parcoursup n’a pas été modifiée", affirme Guillaume Gellé, président de la commission formation de la conférence des présidents d’université (CPU). "Ni le calendrier, ni le traitement des dossiers par les jurys – à distance- n’ont été bouleversés" par l’épidémie de coronavirus.

"Les candidats avaient validé leur dossier avant le confinement", rappelle aussi Philippe Vincent, secrétaire général du SNPDEN, principal syndicat des chefs d’établissement. Le fait que le bac soit validé cette année via le contrôle continu ne devrait donc pas avoir d’incidence sur Parcoursup. Mais certains élèves, qui savent déjà qu’ils iront au rattrapage, s’inquiètent. Pierre Louis, en Terminale ES à Suresnes (Hauts-de-Seine), a une moyenne de 9,3. "Si j’avais travaillé un peu plus pendant l’année c’était bon, ça passait, j’avais mon bac au contrôle continu", regrette le lycéen de 17 ans. "Et pour couronner le tout, les concours d’entrée aux écoles de commerce que je devais passer ont été annulés à cause du coronavirus et ils se sont basés sur les notes de l’année, donc c’est fichu". Par sécurité, il a mis de nombreux "vœux pour Parcoursup, avec des BTS, des DUT en commerce : on verra si j’ai au moins une réponse en liste d’attente".

"Les sacrifiés de l’orientation"

Pour certains lycéens, qui ne remettront peut-être pas les pieds dans leur établissement avant la fin de l’année, "avoir une réponse positive pourrait leur apporter un regain de motivation pour continuer à travailler jusqu’au bout", estime Hélène, professeure principale en Terminale en Nouvelle-Aquitaine. Le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer a rappelé lundi que la décision de réouverture ou non des lycées serait prise à la fin du mois. "La situation actuelle complique forcément le suivi des élèves et leurs choix d’orientation", reconnaît Philippe Vincent, du SNPDEN. "Il va falloir que les lycées ciblent les élèves les plus en difficulté pour les accompagner".

"De nombreux lycéens sont perdus", assure déjà Mathieu Devlaminck, vice-président de l’organisation lycéenne UNL. "À la peur de ne pas avoir de place dans l’enseignement supérieur, s’ajoute cette année la crainte de ne pas faire les bons choix d’orientation, en l’absence d’interlocuteurs". Avec le risque, selon lui, qu’un certain nombre d’élèves, issus principalement de milieux défavorisés, ne "s’autocensurent" dans leurs décisions.

Des dispositifs supplémentaires

Pour accompagner les lycéens, plusieurs dispositifs sont prévus, comme un numéro vert (0 800 400 070), des sessions de tchats avec les équipes de Parcoursup ou encore des "campagnes d’appels téléphoniques dédiées ". Les candidats ayant demandé exclusivement des formations sélectives et dont les candidatures n’auraient pas été retenues seront accompagnés "au plus près par les équipes de leur établissement et les structures d’orientation", assure le ministère.

Un vœu pieu, selon Claire Guéville, responsable du lycée au Snes-FSU : "tous les professeurs et les psychologues de l’éducation sont pris dans la tempête de la pandémie". "Je crains que les Terminales ne soient un peu cette année les sacrifiés de l’orientation"

(AFP)

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