Procès de La Rochepot : l'actionnaire russe face aux prévenus ukrainiens

Publié le 16/11/2022 - 08:59
Mis à jour le 16/11/2022 - 08:29

Une affaire dans l'affaire: l'homme d'affaires russe qui accuse un des prévenus de l'avoir escroqué et d'avoir utilisé l'argent blanchi pour acheter le château de La Rochepot, en Bourgogne, a été entendu mardi par le tribunal correctionnel de Nancy.

 © Château de La Rochepot/Facebook
© Château de La Rochepot/Facebook

Alexander Chichkine, propriétaire de la société de négoce en fertilisants Dreymoor, dont le siège est à Singapour, accuse Dmitri Malinovsky de l'avoir escroqué de 12 millions d'euros en avril 2015. Selon lui, cet argent blanchi par un montage opaque de sociétés offshore, a servi à acheter cette forteresse néo-gothique du XIIe siècle en Côte-d'Or, en octobre 2015. Sept prévenus, dont quatre Ukrainiens, comparaissent depuis une semaine pour des faits de blanchiment.

"La corruption"

L'homme d'affaires russe a commencé par expliquer à la cour la nébuleuse d'entreprises, d'intermédiaires et de représentants qui composent le marché des fertilisants en Ukraine. Selon lui, impossible d'en acheter directement à l'entreprise étatique qui les produit, OPZ : il faut nécessairement passer par ces intermédiaires. Et, quand la présidente lui demande quel est "l'intérêt" d'un tel système, il n'hésite pas à répondre : "la corruption". C'est dans ce contexte qu'il a rencontré Dmitri Malinovsky, qu'il décrit comme un jeune ambitieux et sûr de lui.

Après une première affaire conclue entre eux vers 2009, Dmitri Malinovsky le recontacte en 2015 et propose de lui vendre de l'urée et de l'ammoniac produits par OPZ, pour un montant de 12 millions d'euros. Marché conclu là encore, ils ont déjà fait affaire ensemble et les documents garantissant la transaction sont "crédibles". Mais le paiement de Dreymoor ne parvient jamais à OPZ, relate M. Chichkine. Et Dmitri Malinovsky devient tout à coup injoignable... L'homme d'affaires russe a d'abord répondu très sûr de lui à la présidente, Brigitte Roux, mais les questions des avocats de la défense l'ont ensuite fait vaciller.

"Je pars du principe qu'on vous a volé de l'argent. On peut se demander si vous n'êtes pas à la recherche d'un coupable idéal ?", l'a ainsi interrogé l'avocat de Dmitri Malinovsky, Me Benoît Diry. "Si j'avais recherché un coupable idéal, j'aurais fait porter le chapeau à Bill Gates", s'est défendu bizarrement M. Chichkine. "Aujourd'hui, M. Chichkine a menti à plusieurs reprises", a ensuite affirmé M. Malinovsky à la barre. "Il n'a pas avancé un seul fait réel qui étaye ses théories", a-t-il ajouté, soulignant que, selon lui, l'homme d'affaires russe ne l'accuse d'escroquerie que pour se débarrasser d'un "concurrent".

Infos +

Le château avait été saisi en 2018 et vidé, au grand dam des habitants de cette commune qui voyaient défiler quelque 30.000 touristes par an pour visiter cette bâtisse historique au coeur de la Bourgogne viticole.

(AFP)

Justice

La justice examine une remise en liberté de l’ex-anesthésiste Frédéric Péchier

La justice examine ce mardi 16 juin 2026, plus d'un an avant son procès en appel à Lyon, une demande de remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier, condamné fin 2025 à la perpétuité pour 30 empoisonnements dont 12 mortels dans des cliniques de Besançon.

Incendie de Crans Montana : demande de charges alourdies visant les co-propriétaires français

Deux avocats ont réclamé aux magistrats suisses une requalification des charges pesant sur le couple de Français co-propriétaires du bar de Crans-Montana incendié en janvier, après la révélation d'échanges de ces derniers avec des employés attestant de leur connaissance d'un risque d'incendie, ont confirmé mercredi 10 juin 2026 une avocate et une magistrate.

Une militante de Némésis jugée pour diffamation contre l’ancienne maire de Besançon

Une peine de travail d'intérêt général a été requise mercredi 27 mai 2026 à Besançon à l'encontre d'une militante du collectif d'extrême droite Némésis, jugée pour diffamation envers l'ancienne maire écologiste Anne Vignot. Le tribunal correctionnel de Besançon rendra sa décision le 3 juillet.

Procès Némésis : un rassemblement contre l’extrême droite et en soutien à Anne Vignot ce mercredi à Besançon

Un rassemblement de soutien à Anne Vignot est organisé à l’appel de plusieurs organisations politiques et syndicales mercredi 27 mai 2026 à 12h45 devant le tribunal judiciaire de Besançon. Celui-ci intervient dans le cadre du procès du collectif identitaire d’extrême droite Némésis prévu le jour même.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 30.78
couvert
le 19/06 à 12h00
Vent
4.01 m/s
Pression
1018 hPa
Humidité
37 %

Sondage