Procès Péchier : l'accusé conteste le récit d'une patiente

Publié le 11/11/2025 - 09:21
Mis à jour le 11/11/2025 - 09:21

"Elle a pu se tromper" : le Dr Frédéric Péchier, jugé à Besançon pour avoir empoisonné 30 patients dont 12 sont morts, a fermement contesté lundi 10 noveùbre 2025 devant la cour le récit d'une patiente victime en 2015 d'un arrêt cardiaque au bloc, et qui a raconté qu'il était venu à son chevet juste avant son anesthésie.

Fréderic Péchier et son avocat maitre Randall Schwerdorffer. © Elodie R.
Fréderic Péchier et son avocat maitre Randall Schwerdorffer. © Elodie R.

Cette patiente, Odile Lacheray, aujourd'hui âgée de 53 ans, a dit aux policiers qu'elle avait reçu la visite au pied de son lit, quelques minutes avant son intervention, d'un médecin barbu en tenue d'anesthésiste, avec une charlotte sur la tête. Il portait une "boite grise" contenant du matériel médical, et lui a dit: "ça, c'est de la bonne !". "Je suis d'une nature joyeuse et j'ai rigolé avec lui", a ajouté dans sa déposition cette femme qui n'a pas souhaité témoigner devant la cour.

C'est deux ans plus tard, en 2017, en voyant la photo de Frédéric Péchier dans la presse, annonçant sa mise en examen, qu'elle fera le lien avec le barbu vu à la clinique.

"Elle ne l'aurait pas oublié"

"Mon épouse est formelle", a affirmé à la barre son mari. "Elle est assez physionomiste et, M. Péchier, il en impose, c'est quelqu'un d'impressionnant, elle ne l'aurait pas oublié", a-t-il insisté.

Longuement interrogé lundi par la cour, l'intéressé a cependant contesté ce récit. "Je suis sûr que je ne suis jamais allé au bloc ce jour-là, j'étais en consultation", de l'autre côté de la rue, a-t-il affirmé, soulignant qu'il ne portait donc pas de tenue de bloc. "Je ne dis pas que Mme Lacheray est une menteuse, je dis qu'elle a pu se tromper. On était plusieurs barbus à la clinique... Ca peut être n'importe qui", argumente-t-il.

Pour son avocat, Me Randall Schwerdorffer, le récit de la patiente ne prouve rien, d'autant que le médecin qu'elle dit avoir vu à son chevet "n'a rien sorti" de la caisse. Cependant pour l'avocate générale Christine de Curraize, cet épisode peut être déterminant, car c'est lors de ce moment précédant l'opération chirurgicale que l'accusé aurait pu "subtiliser" une poche de perfusion par une autre polluée par un poison.

Une thèse également reprise à son compte par Me Stéphane Giuranna, avocat de nombreuses parties civile. "Elle vous a vu faire, quelques minutes avant d'être opérée!", lance-t-il à l'accusé. "Il y a la preuve formelle : vous avez l'arme du crime, sur la scène du crime. Vous avez posé une poche empoisonnée à côté d'elle", sortie de la boite grise.

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(Source AFP)

procès de Frédéric Péchier

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