Régionales : chute de la participation, les sortants bien placés

Publié le 20/06/2021 - 21:30
Mis à jour le 20/06/2021 - 22:44

Quel crédit accorder et quelles conclusions tirer d »élections alors que moins d’un seul électeur sur trois en France s’est exprimé dans les urnes ? Jamais les Français n’ont autant boudé une élection dimanche au  premier tour des régionales et départementales, marqué par la solidité des présidents de région sortants et un résultat loin des espérances pour le Rassemblement national.

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Les compétences dévolues aux régions (transports, lycées, formation professionnelle…) et départements (collèges, RSA, aides sociales…) touchent pourtant au plus près à la vie quotidienne des Français.

L'abstention la plus élevée pour un premier tour des régionales datait de 2010 avec 53,67%. "Le niveau de l'abstention est particulièrement préoccupant", a jugé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

"On peut parler d'un effondrement de la participation électorale", résume le politologue Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof, en l'expliquant par "un effet Covid très important" mais aussi par "l'absence presque totale de campagne sur les enjeux de la régionalisation". C'est "une gifle à l'ensemble de la classe politique", renchérit Philippe Moreau-Chevrolet.

Dans ces conditions, difficile de tirer des enseignements nets d'un scrutin pourtant placé à moins d'un an de la présidentielle.

Au bout d'une campagne sous anesthésie, la prime a d'abord été donnée aux sortants, à gauche et surtout à droite, qui ont été à la manoeuvre lors de la crise sanitaire.

Ces résultats déjouent aussi la plupart des sondages qui prédisaient une forte poussée du RN, finalement contenue puisque le parti de Marine Le Pen, qui enregistre 9 points de moins qu'en 2015, ne semble être nulle part en position de l'emporter. La majorité présidentielle, elle, reste à un étiage bas et devra batailler dans la plupart des régions pour peser sur le second tour.

Cela fait notamment les affaires de la droite qui détient sept régions, à commencer par Xavier Bertrand (ex-LR), en très bonne posture pour conserver les Hauts-de-France et qui compte faire de ce succès une rampe de lancement pour 2022. Selon les estimations, M. Bertrand réunirait entre 39% et 46,9% des voix, très loin devant son concurrent du RN Sébastien Chenu (22,5% à 24,4%), estimant ainsi "desserré pour les briser les mâchoires du FN". .

Même scénario pour le président d'Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez (LR), donné à plus de 45%, avec plus de 30 points d'avance sur la candidate des Verts Fabienne Grébert ou le prétendant du RN Andrea Kotarac, un résutat qu'il a qualifié de dépassant "toutes les attentes".

En Paca, le sortant LR Renaud Muselier résiste mieux que prévu face à Thierry Mariani, candidat soutenu par le RN. Selon différents sondages, les deux sont donnés au coude-à-coude, entre 30 et 35%.

La région avait été le théâtre d'un psychodrame politique après l'alliance passée entre M. Muselier et La République en marche, qui avait finalement semblé profiter à M. Mariani. Reste à savoir quelle sera la position du troisième homme Jean-Laurent Felizia (EELV/PS/PCF), positionné entre 14 et 18%: le candidat de la gauche devrait choisir l'effacement comme en 2015 afin de faire barrage au RN.

En attendant le résultat de Valérie Pécresse (ex-LR), grande favorite en Ile-de-France, la droite peut aussi se réjouir de voir Jean Rottner sortir en tête dans le Grand Est avec environ 30% des voix, loin devant Laurent Jacobelli (RN). Même situation en Normandie avec Hervé Morin.

A gauche, les sortants prennent également une option, comme Carole Delga (PS/PCF) en Occitanie, donnée autour de 40%, ou Alain Rousset (PS) en Nouvelle-Aquitaine, autour de 30%.

En Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay parvient à devancer d'une courte tête le RN Julien Odoul (26% contre 24%) mais devra nouer des alliances à gauche pour espérer asseoir sa majorité.

Dans le Centre-Val-de-Loire, le jeu est très ouvert. Le socialiste François Bonneau sortirait en tête autour de 25% mais devra négocier serré avec le candidat EELV/LFI Charles Fournier pour conserver sa région. Quant au ministre Marc Fesneau, qui apparaissait comme la meilleure chance de la majorité, il ne sortirait qu'en 4e position autour de 15%.

Quatrième position aussi pour l'ex-ministre François de Rugy (11%) dans les Pays de la Loire, ce qui lui offre un rôle d'arbitre entre la sortante (LR) Christelle Morançais, largement en tête autour de 34%, et les deux candidats de gauche (18% chacun) qui pourraient s'allier, Matthieu Orphelin et Guillaume Garot.

Quelle réponse de Macron?

Après avoir voté à la mi-journée au Touquet (Pas-de-Calais), le président de la République Emmanuel Macron suivait la soirée électorale avec ses conseillers à l'Elysée. Le Premier ministre Jean Castex, qui ne devrait pas parler dans la soirée, a réuni à Matignon plusieurs ministres et responsables de la majorité.

Si la claque se confirmait au second tour pour la majorité, la question d'un remaniement gouvernemental risque de se poser, alors qu'Emmanuel Macron doit exposer début juillet la feuille de route pour la fin de son quinquennat, qu'il souhaite "utile".

L'intérêt pour ce scrutin, qui aurait dû se tenir en mars, n'a jamais décollé alors que les Français semblent surtout vouloir retrouver un semblant de normalité.

Pour ne rien arranger, plusieurs bureaux de vote n'ont pas ouvert dans la matinée à Marseille faute d'assesseurs, une "honte" selon Jean-Luc Mélenchon (LFI) qui a réclamé "une commission d'enquête".

Et de nombreux élus ont regretté les dysfonctionnements constatés dans la distribution de la propagande électorale sur tout le territoire.

Régionales 2021 Bourgogne Franche-Comté

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La sortante socialiste Marie-Guite Dufay largement réélue (42,2%)

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