Suisse : appels à un durcissement des lois contre les agresseurs sexuels

Publié le 15/09/2013 - 18:07
Mis à jour le 15/09/2013 - 18:24

Après le meurtre d’une thérapeute qui accompagnait dans le cadre d’une sortie thérapeutique le violeur incarcéré à Genève Fabrice Anthamatten, des voix se sont élevées ce dimanche 15 septembre 2013 en Suisse en faveur d’un durcissement des lois contre les agresseurs sexuels.

Les polices de la Suisse, de la France et de l'Allemagne étaient toujours dimanche à la recherche du meurtrier présumé de la jeune femme, une thérapeute expérimentée exerçant à Genève. Interpol a lancé un mandat d'arrêt international contre Fabrice Anthamatten, le détenu qu'elle accompagnait.

Ce Franco-Suisse avait été condamné en France, par les assises de l'Ain, en novembre 2003 à 15 ans de réclusion criminelle pour un viol, commis en août 2001 à Ferney-Voltaire, une localité de la banlieue française de Genève. Selon le quotidien Le Progrès, il avait attiré sa victime dans un
guet-apens, sous prétexte de l'aider à trouver un logement, et sous la menace d'un couteau l'avait dépouillée et violée à plusieurs reprises dans un bois. Là-même où, deux ans plus tôt, il avait violé une jeune Suisse. En octobre 2001, il avait été condamné pour ce premier viol par la justice suisse à cinq ans de prison. Ecroué en France, il avait demandé à effectuer sa peine française en Suisse et y avait été transféré en 2008. Dans sa prison à Genève, il bénéficiait d'un programme thérapeutique qui comportait des exercices équestres. Jeudi, il avait fait sa deuxième sortie accompagnée, avec la thérapeute.

"On a dépassé la ligne rouge"

Le meurtre d'Adeline Morel, dont le corps a été retrouvé dans un bois près du centre équestre où ils étaient attendus, a choqué. "On a dépassé la ligne rouge, cela ne peut pas continuer", a déclaré Anita Chaaban, militante des droits des femmes, à l'hebdomadaire Schweiz am Sonntag. Mme Chaaban a indiqué qu'elle allait proposer un référendum pour créer un registre centralisé des agresseurs sexuels. Leurs noms resteraient inscrits même une fois leur peine accomplie, et jusqu'à leur mort. En 2004, Mme Chaaban avait inspiré une loi condamnant à la prison à vie les agresseurs sexuels les plus violents.

Une députée de l'Union démocratique du centre (UDC, droite populiste), Natalie Rickli, a de son côté annoncé qu'elle allait déposer un projet de loi interdisant les autorisations de sortie des criminels sexuels incarcérés.
Beat Villiger, vice-président de l'association cantonale de la justice et de la police, a déclaré pour sa part à l'hebdomadaire SonntagsBlick que la législation avait besoin d'être modifiée pour que seuls des hommes puissent accompagner des criminels sexuels lors de leurs sorties.

Des recherches dans la région de Bâle

La thérapeute, une femme de 34 ans mère d'un enfant de huit mois, était seule jeudi avec le prisonnier lorsqu'elle l'a amené au centre équestre. Un important dispositif de recherches s'est concentré en fin de semaine dans la région de Bâle, aux frontières de la Suisse, de la France et de l'Allemagne. Les recherches avaient été déclenchées à la suite de la localisation du signal du téléphone portable de la jeune femme.

Le chef du département de la sécurité de Genève a annoncé en fin de semaine la suspension de toutes les sorties des établissements pénitentiaires genevois.

(source : AFP)

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