Youn Sun Nah : "Avant d'étudier le jazz à Paris, je ne savais même pas ce que c'était !"

Publié le 09/11/2018 - 14:13
Mis à jour le 09/11/2018 - 14:16

L’artiste coréenne Youn Sun Nah sera en concert dimanche 18 novembre 2018 à Besançon pour promouvoir son dernier album She moves on enregistré aux États-Unis. Dans une interview à maCommune.info, la jazzwoman raconte l’histoire de cet album et son amour pour la France et le jazz.

Youn Sun Nah ©DR ©
Youn Sun Nah ©DR ©

maCommune.info : De quoi ou de qui vous êtes-vous inspirée pour votre dernier album ?

Youn Sun Nah : "Jusqu'à présent, j'ai toujours joué avec des musiciens européens. Je suis allée à New York il y a 2 ans et j'ai rencontré un pianiste new-yorkais avec qui j'ai discuté de musique. Je lui ai dit que je voulais reprendre des morceaux de compositeurs américains, lui qui était fan, comme moi, de Johnny Mitchell ou encore Lou Reed. On a écouté de la musique ensemble et il m'a présenté ses amis musiciens. On a travaillé pendant un mois et on a enregistré cet album, un hommage aux compositeurs américains."

mC : Pourquoi le jazz ? Qu'est-ce qui vous plaît et vous inspire dans ce style de musique ?

Youn Sun Nah : "Avant d'arriver en France pour étudier le jazz, je ne savais pas ce que c'était ! J'avais dit à un ami en Corée que je voulais apprendre à chanter, mais je ne savais pas dans quel style. Il m'a dit de faire du jazz. Je lui ai répondu "qu'est-ce que c'est ?" Il m'a dit que "c'était l'origine de la pop music, donc si tu apprends le jazz, tu pourras tout chanter !" Finalement, c'est grâce à cet ami que je fais du jazz.

Arrivée à l'école, ça a été très difficile, mais avec le temps, j'ai vraiment commencé à aimer, car cette musique donne de la liberté aux musiciens, c'est un langage universel. Je pense que le jazz c'est un esprit. Étant asiatique, le jazz m'a embrassée, m'a acceptée dans sa famille. C'est une musique sans frontière et très libre… C'est ça que j'aime dans le jazz."

mC : Si vous ne deviez utiliser qu'un seul mot pour qualifier votre musique, quel serait-il ?

Youn Sun Nah : (Eclat de rire) "Voyage. Le jazz m'a permis de voyager et j'ai beaucoup de chance de tourner dans le monde entier et d'avoir rencontré des gens, des musiciens, le public, ils m'ont fait voyager. Sur scène aussi, les musiciens me font voyager aussi. Donc Voyage."

mC : Vous êtes née en Corée, vous l'avez quittée lorsque vous aviez 26 ans et vous avez emménagé en France. Qu'est-ce qui vous a attiré en France ?

Youn Sun Nah : "Je suis très fan de la chanson française. Je l'ai découverte quand j'étais au lycée. J'avais une professeure qui était fan des chansons françaises donc après chaque cours, elle mettait au moins une chanson française. On ne comprenait rien et ça m'a donné envie de comprendre. C'était très différent de la pop coréenne et américaine qui passait à la radio, c'était tellement beau ! On m'a dit aussi qu'une des premières écoles de jazz était à Paris, donc je me suis dit que c'était là que je voulais aller."

mC : Et aujourd'hui, quel est votre rapport avec la Corée ?

Youn Sun Nah : "J'ai encore toute ma famille là-bas. C'est ma maison. Même si je voyage partout, je pense que je resterai coréenne… je me dis en même temps que c'est ma maison un peu partout (rires). Il y a une semaine, je suis rentrée en Corée pour y passer deux semaines après 8 mois sans y retourner. Je partage ma vie entre trois endroits : Paris, New York et la Corée. Ce n’est pas toujours facile."

mC : Après 20 ans de carrière et deux disques d'or en France et en Allemagne, qu'est-ce qui vous plait le plus dans la musique : les concerts ? La composition ? La rencontre du public ?

Youn Sun Nah : "Pour moi, c'est le public. J'aime bien rencontrer les publics après les concerts. Après chaque concert, je sors pour rencontrer les gens. Comme je vous le disais tout à l'heure, ils me font voyager. C'est très intéressant de discuter avec eux. Parfois, on devient amis. Ce sont eux qui me font continuer ce métier, c'est mon inspiration la plus importante. C'est ce qui m'encourage à continuer."

mC : Avez-vous toujours le trac à ce stade de votre carrière pendant laquelle vous avez fait le tour du monde ?

Youn Sun Nah : "Oh, j'ai énormément le trac. Je pense que ça ne va pas s'améliorer… J'ai tout essayé, mais ça ne marche pas. Après 20 ans, je vais devoir vivre avec. Aux premier et deuxième morceaux d'un concert, j'ai du mal à respirer. Après, ça va un petit peu mieux, mais c'est après le concert que je suis très heureuse. Et le lendemain pour un autre concert, ça recommence, etc. Ça fait partie de ma vie !"

mC : Qu'est-ce que vous écoutez comme musique pendant votre temps libre ? Quels artistes ? J'ai vu que vous aviez repris "Enter sandman" de Metallica dans une vidéo… le metal, c'est un peu votre truc ou pas vraiment ?

Youn Sun Nah : "J'écoutais Metallica quand j'étais adolescente parce que mon frère était fan de metal. Ensuite, cette reprise m'a été proposée par mon guitariste. J'ai d'abord refusé parce que je n'avais pas envie que les fans de Metallica me détestent ! Il m'a proposé d'enregistrer le morceau et de le publier uniquement si j'aimais notre reprise. J'ai dit OK. Et mon entourage m'a encouragée à la publier. J'ai su ensuite que cette vidéo était sur le site des fans de Metallica. J'ai été très touchée !

Par ailleurs, j'aime toutes les musiques, il n'y a pas un style précis que j'écoute."

mC : Vous n'êtes jamais venue jouer à Besançon. Avez-vous une appréhension avant de jouer dans une nouvelle ville ?

Youn Sun Nah : "J'ai déjà joué aux alentours de Besançon, mais jamais dans la ville. Je suis très heureuse de venir y jouer ! Quand je joue pour la première fois dans une ville, j'ai encore plus le trac parce que je suis curieuse de voir la réaction du public, et en même temps c'est très excitant ! On va faire de notre mieux, mais j'espère que le public va aimer !"

Infos +

  • Youn Sun Nah
  • En concert dimanche 18 novembre 2018
  • Au Théâtre Ledoux - 49 Rue Megevand, 25000 Besançon
  • 17 heures
  • Billetterie : web.digitick.com/youn-sun-nah

Culture

“Le Désespéré” de Courbet vendu à l’étranger : l’État impuissant ?

Dans un communiqué daté du 20 avril 2026, le sénateur du Doubs, Jean-François Longeot, président de la Commission de l’Aménagement du Territoire et du Développement Durable, revient sur l’acquisition de l’œuvre Le Désespéré de Gustave Courbet par Qatar Museums. Saisi de cette situation, l’élu a interrogé la ministre de la Culture afin de comprendre les conditions dans lesquelles cette œuvre majeure a quitté le territoire français.

Deux artistes de Besançon à l’honneur à la Maison de la Bourgogne Franche-Comté à Mayence

À Haus Burgund, à Mayence, sept artistes issus de cinq écoles d’art et de design de Bourgogne-Franche-Comté présentent l’exposition Territoires croisés, Über die Grenzen, du 29 avril à fin août 2026. Ce projet met en lumière une diversité de pratiques contemporaines, allant de la peinture à la vidéo, en passant par la sculpture, la céramique ou encore l’édition. Deux artistes bisontin.es, anciennes étudiant.es de l’ISBA, seront mises à l’honneur : Jean(ne) Masson et Mathilde Noir.

L’institut Gustave Courbet célèbre les 50 ans de la donation du musée Gustave Courbet au Département du Doubs

Le 15 avril 1976, Robert Fernier, président de l’association des Amis de Gustave Courbet (aujourd’hui Institut Gustave Courbet) et Pierre Beziau, préfet de la Région Franche-Comté, préfet du Doubs, signaient l’acte de cession au département du Doubs du Musée Courbet, créé et inauguré en 1971 avec la donation des collections.

À Besançon, un futur festival dédié à Victor Hugo en quête de mécènes

À Besançon, un projet de festival consacré à Victor Hugo se prépare pour début 2027, mais sa concrétisation repose encore sur un appel au mécénat. À l’initiative de Mikaël Demenge, fondateur de la page Facebook ”Besançon j’aime ma ville” suivie par 34 000 abonnés, l’événement cherche activement des soutiens financiers.

La Bourgogne-Franche-Comté s’allie à l’Onda pour soutenir la diffusion du spectacle vivant

La Région Bourgogne-Franche-Comté a annoncé, dans un communiqué du 9 avril 2026, la signature prochaine d’un partenariat avec l’Office national de diffusion artistique (Onda). L’objectif est de soutenir la diffusion des œuvres régionales à l’échelle nationale et d’accompagner les évolutions du secteur du spectacle vivant.

Une nouvelle salle d’exposition permanente au musée comtois de la Citadelle

Situé au cœur de la Citadelle de Besançon, le Musée comtois, inaugure une nouvelle salle permanente consacrée aux migrations en Franche-Comté, a-t-on appris ce jeudi 9 avril 2026. Elle propose de découvrir une histoire souvent méconnue : celle d’une région façonnée depuis des siècles par les circulations, les départs et les arrivées de femmes et d’hommes venus d’horizons variés. À travers des objets, des archives, des photographies et des témoignages, ce nouvel espace "invite à mieux comprendre ces mobilités humaines et leurs impacts sur la société régionale", précise la Citadelle.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 10.44
ciel dégagé
le 21/04 à 21h00
Vent
4.45 m/s
Pression
1017 hPa
Humidité
62 %

Sondage