80% des femmes salariées sont victimes de sexisme au travail

Publié le 06/03/2015 - 18:17
Mis à jour le 06/03/2015 - 18:17

Un rapport du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle (CSEP) remis vendredi 6 mars 2015 à la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine deux jours avant la Journée internationale des femmes rappelle les résultats d’une enquête de 2013 à laquelle quelque 15.000 salariés ont répondu.

 ©
©

ENQUÊTE

Celle-ci montrait que 80% des femmes salariées étaient régulièrement confrontées à des attitudes ou décisions sexistes, une femme sur deux ayant notamment été la cible de blagues. Or, ce sexisme, "qui fonctionne comme un redoutable instrument d'exclusion des femmes de la sphère professionnelle et leur signifie qu'elles ne sont pas à leur place", a des répercussions sur la confiance en soi, la performance et le bien-être au travail: 93% des salariées estiment que cela peut amoindrir leur sentiment d'efficacité.

Dans un entretien à Metronews, Marisol Touraine, note que le phénomène "a la vie dure", et juge son impact sur les femmes "inacceptable". Pour la ministre, "le sexisme ordinaire, c'est celui qui veut qu'on appelle une femme systématiquement par son prénom, ou qu'on s'adresse à elle en lui disant 'ma petite', tout en sachant très bien que c'est dévalorisant".

Faire reculer la loi du silence

Elle ne juge toutefois pas nécessaire de légiférer car la loi "est beaucoup plus protectrice qu'on ne l'imagine", mais souligne la nécessité de "faire reculer la loi du silence". La ministre note tout de même que "les mentalités changent", comme le montre une autre enquête publiée vendredi par la Drees, service de statistiques ministérielles, sur les stéréotypes.

Selon cette enquête, 21% des personnes interrogées sont "plutôt d'accord" pour dire que "dans l'idéal, les femmes devraient rester à la maison pour élever leurs enfants", une proportion en baisse de 12 points depuis 2008. Mais un quart des hommes (24%) et presque autant de femmes (23%) pensent encore qu'un homme a naturellement plus d'autorité.

Un autre sondage CSA pour l'Humanité, publié vendredi (1.010 personnes interrogées en ligne du 2 au 4 mars) montre que la situation reste insatisfaisante pour les femmes, en particulier au travail. Elles ne sont ainsi que 41% à faire état de progrès pour l'accès au marché du travail.

Les auteurs du rapport relèvent de leur côté que la notion de sexisme a un côté "tabou". Ils reconnaissent aussi que "la limite entre les actes, propos, attitudes acceptables et ceux qui ne le sont pas, (...) entre les propos blessants et humiliants et les propos humoristiques" n'est pas évidente.

Trois types de sexismes : "hostile", "subtile ou masqué", "ambivalent voire masqué"

Le rapport d'une centaine de pages s'attèle donc d'abord à définir le sexisme. Trois formes sont recensées: le sexisme "hostile" du type "les femmes sont nulles en mathématiques", le "sexisme subtil ou masqué", qui passe notamment par l'humour, ou le "sexisme ambivalent, voire bienveillant" comme le paternalisme infantilisant.

Dans un second temps, ils se penchent sur le sexisme dans le droit, notant sa "quasi-inexistence" ou une "approche floutée", même si d'autres notions comme le harcèlement peuvent être utilisées. Enfin, le rapport examine les outils mis en place par les entreprises, comme les règlements intérieurs ou les chartes. Pour mieux combattre le phénomène, le rapport formule 35 préconisations comme de mieux mesurer le sexisme dans les enquêtes ou de lancer une campagne dans les médias.

Ils recommandent aussi de renforcer les formations des managers, dirigeants et autres acteurs du monde du travail, ou d'inciter les entreprises à insérer dans leur règlement intérieur un passage invitant à "un comportement respectueux". Les auteurs rappellent au passage que le mot "sexisme" n'est entré dans Le Petit Robert qu'en 1978, ce qui avait suscité ce commentaire de Simone de Beauvoir: "On pensera peut-être que cette conquête est mineure: on aura tort", car "nommer c’est dévoiler. Et dévoiler, c’est déjà agir".

(Source : AFP)

Société

Marche LGBTQIA+ à Besançon : “C’est encore insupportable de savoir que deux hommes couchent ensemble”

La marche militante LGBTQIA+ (ou marche des fiertés) de Besançon se tiendra le samedi 16 mai 2026. Organisée par le collectif 17 mai, cet événement revendicatif et festif s’inscrit dans une dynamique locale initiée depuis 2020, avec le soutien de l'ancienne maire Anne Vignot et la participation de nombreuses associations du territoire. On en parle en détail avec Lucie Dernière Minute, responsable de l’organisation de l’évènement.

Besançon est-elle menacée par la mouvance “masculiniste” ?

La préfecture du Doubs organisait ce mercredi 6 avril un exercice de sécurité grandeur nature simulant une attaque terroriste menée par des assaillants se réclamant du courant “masculiniste”. Ce choix de scénario soulève des interrogations. Faut-il y voir une menace réelle pour Besançon ? Et cette mouvance vise-t-elle uniquement les femmes ? Éléments de réponse.

À Besançon, une spécialiste RH propose ses services “à la carte” aux entreprises

Pendant plusieurs années, Bérengère Reisser a travaillé pour de nombreuses entreprises à Besançon en tant que responsable des ressources humaines. Après un licenciement économique  éprouvant, elle a fait le choix de légèrement réorienter sa carrière. Depuis janvier 2026, elle exerce désormais en tant qu’indépendante, proposant ses services aux entreprises et aux structures associatives de Besançon et plus largement de la Franche-Comté.

Attaque masculiniste au collège : un exercice grandeur nature avec deux morts simulés à Quingey

VIDÉOS + DIAPORAMA • Un exercice de sécurité civile grandeur nature s’est tenu mercredi 6 mai au collège Félix Gaffiot, dans la commune de Quingey. Organisée à l’initiative de Rémi Bastille, cette simulation visait à entraîner les différents services de secours et de gestion de crise à la prise en charge d’un événement provoquant de nombreuses victimes.

Dans le Doubs, la contestation de l’expulsion d’un ressortissant kosovar adressée au préfet

Dans une lettre ouverte datée du 22 avril 2026 et adressée au préfet du Doubs, le président du Collectif de Défense des Droits et Libertés des Étrangers (CDDLE) exprime son désaccord après l’expulsion d'un père de famille originaire du Kosovo, une mesure qui a conduit, selon la lettre, à la séparation de l’intéressé avec son épouse et leurs trois enfants restés en France à ce moment-là.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 10.44
ciel dégagé
le 07/05 à 21h00
Vent
1.67 m/s
Pression
1015 hPa
Humidité
85 %

Sondage