Affaire Péchier : discorde entre la défense et les parties civiles

Publié le 06/09/2017 - 14:30
Mis à jour le 08/09/2017 - 08:30

La chambre de l’instruction de Besançon se prononcera le 27 septembre 2017 sur la demande de levée de mise en examen d’un médecin anesthésiste soupçonné de sept empoisonnements, dont deux mortels, qu’il réfute catégoriquement. La défense a présenté des certificats médicaux en faveur du médecin. « La vérité émanera d’experts judiciaires et non pas de certificats médicaux » a rétorqué l’avocat de parties civiles. 

La chambre a examiné mercredi la demande du Dr Frédéric Péchier, 45 ans, de lever sa mise en examen et d'être placé sous le statut de témoin assisté. L'audience prévue à 9h a démarré finalement avec plus d'une heure de retard. A 11h50, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Besançon indique qu'elle rendra sa décision le mercredi 27 septembre 2017. 

"Dans ce dossier, il n'y a pas d'indices graves et concordants qui permettent de mettre en examen le Dr Péchier, donc notre demande de statut de témoin assisté paraît tout à fait légitime", a déclaré à l'issue de l'audience Me Ornella Spatafora, l'un des avocats du médecin.

"Une procédure précipitée" pour la défense

La défense dénonce "une procédure précipitée", a présenté à la chambre "des éléments en faveur du médecin, étayés par des professeurs de médecine qui ont fait des analyses sérieuses sur des paramètres objectifs du dossier".

"Nous ne voulons pas un coupable, nous voulons la vérité", a pour sa part dit Me Frédéric Berna, avocat de trois parties civiles, affirmant que "la vérité émanera d'experts judiciaires et non pas de certificats médicaux et de copinage...", en faisait référence aux certificats de médecins cités par la défense.

  • Interrogé sur les parties civiles, le docteur Péchier, répond, le visage tiré. "Elles sont aussi affectées que moi. Elles ont vécu un moment épouvantable... ". 

Randall Schwerdorffer, l'avocat du docteur Péchier trouve "scandaleux" de parler de certificat de complaisance. "Nous voulions donner à la chambre de l'instruction des éléments solides. Sur les procédures, nous avons le droit d'avoir des avis extérieurs nous exerçons ce droit".  

Pour la défense, il n'y a tout simplement aucun d'indices graves ou concordants pour placer quiconque en examen dans ce dossier d'empoisonnements. Des charges insuffisantes selon l'avocat. "Ça fait six mois qu'on attend une preuve dans ce dossier. Il n'y a toujours rien".

La thèse du "pompier pyromane"

Le Dr Péchier, mis en examen le 6 mars 2017 et laissé libre sous contrôle judiciaire, est suspecté d'avoir empoisonné avec préméditation sept patients âgés de 37 à 53 ans, entre 2008 et 2017, dans deux cliniques privées de Besançon.

D'après le parquet, des "doses létales de potassium et d'anesthésiques" ont été volontairement administrées à quatre patients de la clinique Saint-Vincent - dont deux sont morts - et à trois patients de la polyclinique de Franche-Comté lors d'opérations sans difficulté particulière. Frédéric Péchier n'était pas en charge de ces patients qui ont fait un arrêt cardiaque, mais il a été appelé pour ranimer certains d'entre eux.

Depuis le début de l'affaire, ce praticien réputé et apprécié du milieu médical bisontin clame son innocence. Le fait que l'anesthésiste ait exercé dans les deux établissements et qu'il ait parfois posé le bon diagnostic pour réanimer ces patients en arrêt cardiaque le désigne comme principal suspect aux yeux des enquêteurs qui privilégient la thèse du "pompier pyromane".

(avec AFP)

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