Anne Vignot : "L’urgence de la situation nous amène à modifier l’envergure et la priorisation des moyens alloués à certains projets"

Publié le 22/05/2020 - 18:02
Mis à jour le 12/02/2021 - 17:43

MUNICIPALE 2020 •

Le Premier ministre a annoncé ce vendredi 22 mai la date du second tour des élections municipales fixée, pour le moment, le 28 juin. Nous avons demandé aux trois candidats en lice au second tour à Besançon leur opinion sur cette date, mais aussi ce qu'ils ont fait pendant le confinement en vue de l'élection. Le premier à avoir répondu à nos questions est Anne Vignot, candidate EELV. Voici ses réponses…

Anne Vignot ©maCommune.info ©
Anne Vignot ©maCommune.info ©

maCommune.info : Avec le recul, et celui du déconfinement, comment expliquez-vous votre résultat du 1er tour ?

Anne Vignot : "Durant cette campagne, nous avons pu constater que les Bisontines et les Bisontins ont une grande conscience des enjeux actuels et des défis auxquels nous sommes et nous serons confrontés. Et dans ce contexte, notre rassemblement de l’écologie, de la gauche et de la société civile et notre programme correspondaient aux aspirations d’un très grand nombre d’habitants de notre ville. Un programme robuste, lucide, réaliste, qui prend à bras le corps les orientations indispensables pour un avenir durable et dynamique ; des projets structurels pour déclencher dans la durée une dynamique forte et établir les bases d’un nouveau partenariat avec les acteurs territoriaux : les institutions, les entreprises, les associations.

Les Bisontins, c’est bien normal, ont une exigence toute particulière vis-à-vis de leurs élus, et nombre d’entre eux nous ont dit qu’il était indispensable que nous soyons à la hauteur pour nous rassembler et nous renouveler pour réussir la transformation de Besançon. Je crois que nous avons su répondre à cette exigence et j’espère que nous parviendrons à convaincre une large majorité de Bisontins lors du second tour."

mCi : Qu'avez-vous fait durant cette période de confinement ? Comment l'avez-vous vécu et comment avez-vous continué à travailler ?

Anne Vignot : "L’équipe n’a jamais cessé de travailler durant le confinement pour préparer notre ville à faire face aux conséquences de cette pandémie. Comme de nombreux Français, nous avons utilisé les outils numériques pour permettre les échanges. Tous les colistiers ont été sollicités et très volontaires afin d’analyser le programme pour envisager des révisions au regard de cette crise. Il ressort que ce programme avait déjà pris des orientations adaptées. Mais l’urgence de la situation nous amène à modifier l’envergure et la priorisation des moyens alloués à certains projets que nous avions programmés. Des groupes de travail se sont constitués et les contacts ont été pris pour approfondir les besoins. L’avenir est dans une participation forte des citoyens et de toutes les forces vives pour porter rapidement les projets. Ce que nous venons de vivre l’a démontré. Les bisontins, parfois à titre individuel, parfois au sein de collectifs, d’associations, d’entreprises se sont mobilisés, se sont structurés, pour tenir debout une société humaine qui se retrouvait confrontée à la question des premières nécessités. Cette force-là, c’est l’avenir. Nous avions inscrit notre programme dans une démarche profondément participative avant les évènements. Nous avons le devoir de soutenir cette énergie naturelle de notre ville, de notre territoire. Ce travail en réseau, je l’ai développé aussi avec les structures nationales. Celles qui se sont mobilisées pour l’Après entre autres."

mCi : Avez-vous eu (et avez-vous encore) des contacts avec d'autres candidats pour l'entre-deux tours ?

Anne Vignot : "Nous avons rencontré la France insoumise au soir du premier tour et les conditions exigées ne pouvaient garantir le bon fonctionnement d’une équipe municipale."

mCi : Êtes-vous plus favorable à un second tour le 28 juin ou à un report de l'élection dans son intégralité à l'automne ?

Anne Vignot : "Dès le soir du premier tour, nous avons rappelé que seule la situation sanitaire devait éclairer cette décision. Le débat s’est tenu au niveau national entre les enjeux sanitaires et les enjeux de relance d’une société dont le moteur social, économique et écologique se situe majoritairement au niveau des collectivités locales. Une démocratie confinée et une collectivité suspendue, même provisoirement, constituent d’autres risques. Le conseil scientifique fait son travail, nous le nôtre. Nous suivrons scrupuleusement les directives nationales dans le respect de la considération des risques."

mCi : Quel impact cette crise que nous traversons peut-elle avoir, notamment au niveau local ? Quels enjeux et leçons en tirer (politiquement, socialement, économiquement, etc.) ?

Anne Vignot : "Dans l’immédiat, plusieurs constats : l’aide alimentaire a flambé, la fracture sociale et numérique s’est creusée, le système des services publics a été mis à l’épreuve alors qu’il était déjà affaibli par les baisses de moyens, les entreprises ont été mises en difficulté avec des ruptures d’activité des personnels mais aussi de leurs fournisseurs, les vulnérabilités exacerbées. Cette situation a fait ressurgir la question majeure de la dépendance à des systèmes mondialisés que ce soit le monde économique, mais aussi le monde vivant et les pandémies qui en sont issues. Pour autant, la vitalité des solidarités a été magnifique et a fait tenir debout une situation inédite. Les filières locales ont permis de garantir des produits de première nécessité : agriculture, production de visières, de masques, de gel hydroalcoolique… Les associations et les collectifs ont permis des soutiens inégalables. Les collectivités et les CCAS ont joué un rôle majeur. L’État, du jour au lendemain a appuyé sur un bouton STOP. Cette situation nous a obligé à prendre des mesures exceptionnelles dans un mode de relation extraordinaire.

Demain commence donc aujourd’hui. Deux temps sont indispensables à différencier : le temps des mesures d’urgence auxquels nous avons contribué et continuons à y travailler.

Le temps des mesures et plan d’avenir qui imposent des rencontres des acteurs et citoyens, des diagnostics et des expérimentations. Rien n’émergera de façon durable d’affirmations simplificatrices dans un contexte qui est complexe et empreint d’incertitudes.

Les propositions qui sont faites dès lors le sont au regard d’une acceptation de l’interaction entre l’activité économique, sociale et environnementale aux mêmes niveaux.

C’est pourquoi nous avons présenté un programme « d’investissement » supplémentaire et immédiat d’aide aux personnes en situation de vulnérabilité et d’aide aux structures fragilisées par cette crise. Les entreprises locales ont besoin d’un accompagnement fort entre autres par l’activation de marchés, de travaux, d’animations sociales, sportives et culturelles, de programmes touristiques. Enfin, c’est indispensable, nos services publics doivent être consolidés."

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