Atelier Junod : la tradition de l'art mécanique suisse embrasse le futur

Publié le 25/01/2021 - 16:15
Mis à jour le 25/01/2021 - 14:32

Dans son atelier posé dans un écrin de neige, les chefs-d’oeuvre mécaniques de Francois Junod prennent vie: les oiseaux sifflent et des personnages historiques écrivent de la poésie. L’art ancien du maître suisse vient d’entrer au patrimoine culturel de l’humanité.

 © francoisjunod.com
© francoisjunod.com

Le savoir-faire qui a donné naissance aux montres et automates parmi les plus admirés au monde se transmet de génération en génération depuis des siècles dans ces montagnes du Jura, à la frontière franco-suisse.

Et désormais ce mariage intime entre la science, la technologie et l'art est distingué par les Nations unies. "Si les mécanismes sont généralement cachés, ils peuvent également être visibles, et cela contribue à la dimension poétique et émotionnelle de ces objets", souligne l'Unesco qui a inscrit en décembre cet artisanat sur sa liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

François Junod travaille à un androïde mécanique à l'effigie de Léonard de Vinci, lui-même inventeur et ingénieur de génie. Il a des paupières et ses yeux brillants suivent du regard sa main qui écrit de gauche à droite.

"C'est proche de la magie", lance le maître en donnant vie à la tête du père de la Joconde.

"Il y a un élan, un regain d'intérêt à travers ces objets-là parce qu'on est dans une période, une époque où on vit dans le tout électronique et de revoir des objets mécaniques, il y a tout un mystère qui réapparait, toute une magie qui revient, qui avait un peu disparu avant", explique François Junod.

"Je pense que c'est ça qui redonne de l'intérêt et qui fait revivre ce métier qui avait un peu disparu quand même".

Murmure de rouages

L'atelier se trouve à Sainte-Croix dans l'Ouest de la Suisse, à seulement cinq kilomètres de la frontière française.

La région est intimement liée à l'horlogerie et aux arts mécaniques, depuis la persécution des protestants en France après la révocation de l'édit de Nantes. Les réfugiés ont apporté avec eux leur savoir-faire, leur culture et leur amour du travail bien fait.

La tranquillité des montagnes, "ça va très bien avec le métier", fait remarquer le maître. A 61 ans, il porte le flambeau d'une famille qui depuis quatre générations pratique la mécanique de précision dans ce village de 4.400 âmes.

Dans son atelier, les roues dentées et les pistons le disputent aux papillons mécaniques, à un cheval au petit galop, des boîtes à musique du XIXe siècle et des oiseaux géants aux couleurs chamarrées.

Ajoutant à l'atmosphère baroque, parmi une foule d'outils, trône un squelette coiffé d'un chapeau à plume qui sert à modéliser les mouvements, des bras et des jambes qui pendent du plafond au-dessus d'étagères chargées de têtes miniatures sous le regard d'un oeil géant dont l'iris fait de la musique en tournant.

Patience et temps

François Junod et sont équipe travaillent sur cinq à six pièces à la fois. L'art qu'ils pratiquent demande patience, ingéniosité et curiosité.

Il a fallu cinq ans pour réaliser l'automate incarnant le poète russe Alexandre Pouchkine, capable d'écrire 1.458 poèmes...à l'encre. Le tapis volant a demandé deux ans d'efforts.

"Il faut aimer la difficulté. Il faut de la patience. Il faut être passionné", énumère le maître des lieux, ajoutant: ce sont "vraiment de véritables objets d'art avec une complexité en tout point identique à l'horlogerie".

Au sein d'un même atelier chacun va réaliser un automate avec son propre style, souligne François Junod. "C'est ça qui lui donne une âme. Il a vraiment une âme ! Il n'y a jamais deux automates identiques". "C'est ça qui fait la charme du métier", dit-il.

La fée Ondine et le futur

Le charme intemporel de cet art séduit jusqu'à la génération smartphone. François Junod raconte comment sa fée Ondine, assise sur un nénuphar les ailes battantes alors qu'elle se réveille pour contempler un papillon s'échappant d'une fleur en train d'éclore a fasciné le public à Pékin, Londres, Paris ou Genève.

A chaque fois, des jeunes gens s'agglutinaient autour d'elle et la filmaient avec leur iPhone, "parce que ça bouge. C'est magique. C'est poétique. C'est la magie, le spectacle des automates", raconte-t-il.

Et s'il est l'héritier d'une tradition séculaire, il ne boude pas les nouvelles technologies. Bien au contraire. Il a embrassé l'impression 3D qui a ouvert de nouvelles possibilités permettant de dépasser les limitations des outils traditionnels.

"L'imagination peut aller plus loin. On a plus de possibilités" se réjouit le maître. "Presque tout est possible".

(AFP)

Allez + loin

Culture

Ambiance “chaud bouillant” pour l’édition 2026 de Rencontres & Racines

Menacé comme d’autres festivals en France, Rencontres & Racines a finalement pu avoir lieu malgré la canicule et une chaleur harassante du 26 au 28 juin 2026. En lien étroit avec la préfecture du Doubs et la Ville d’Audincourt, les organisateurs ont déployé bien des efforts pour faire en sorte que cet événement ne soit rien d’autre qu’une belle fête. L’édition 2026 s’est ainsi conclue en apothéose avec le volcanique Gael Faye.

“Réalisme animal” au musée Courbet : quand l’art révèle notre lien au vivant…

PUBLI-INFO • Du 27 juin au 8 novembre 2026, le musée départemental Gustave Courbet à Ornans propose une exposition d'envergure consacrée à l'essor de l'art animalier au XIXe siècle.
À travers plus de 120 œuvres exceptionnelles, Réalisme animal explore la manière dont les artistes ont profondément transformé notre regard sur les animaux, faisant de ces derniers bien plus que de simples sujets de peinture : les témoins d'une société en pleine mutation.

Nouvelle saison, nouveau programme de visites guidées : des découvertes à vivre !

Publi info • L’Office de Tourisme et des Congrès du Grand Besançon poursuit sa dynamique et propose un programme de visites guidées estival, entre nouveautés à tester absolument, et visites plus classiques pour appréhender l’histoire de la capitale Comtoise ! De mai à octobre 2026, Besançon et ses environs vous révèlent leurs secrets et trésors les plus cachés, mais aussi les plus évidents, que vous n’avez peut-être jamais remarqués !

En Bourgogne-Franche-Comté, deux mois pour explorer les visages de l’enfermement à travers le patrimoine écrit

Du 1er septembre au 1er novembre 2026, l’Agence Livre & Lecture renouvelle son opération de valorisation du patrimoine écrit : Patrimoines écrits en Bourgogne-Franche-Comté, dans huit départements de la région. Intitulée “Captifs ?”, cette nouvelle édition invite le public à explorer la thématique de l’enfermement à travers les collections écrites, graphiques et iconographiques conservées dans toute la région.

À Amancey, des habitants collectent les souvenirs de leur territoire et les réunissent dans un livre

Depuis octobre dernier 2025, onze habitantes du secteur d’Amancey se sont engagées dans une expérience originale de collecte d’histoires de vie. Porté par l’association Place aux histoires, le projet visait à recueillir des témoignages d’habitants du territoire afin de favoriser les rencontres, la transmission et le lien social. De cette collecte est né un ouvrage intitulé Le Coffre aux histoires, entre Loue et Lison, qui sera présenté le 8 juillet 2026.

“Réalisme animal” : rencontre avec les trois commissaires de l’exposition du musée Courbet d’Ornans

VIDÉO • L’animal est au cœur de la nouvelle exposition qui musée Courbet d’Ornans du 27 juin au 8 novembre 2026. L’occasion de découvrir le travail de Paul Potter, Gustave Courbet, Jacques-Raymond Brascassat ou encore Rosa Bonheur… Les trois commissaires de l’exposition nous en parle.

“Réalisme animal” : 120 œuvres qui cassent les codes au musée Courbet d’Ornans

Du 27 juin au 8 novembre 2026, le musée Courbet d’Ornans donne à voir de nombreuses pièces issues de prêts d’institutions avec le soutien du musée d’Orsay. Si certaines œuvres sont exposées pour la première fois dans le Doubs, d’autres sortent tout droit des archives. L’occasion de découvrir la place qu’a prise l’animal au XIXe siècle.

Le patrimoine religieux du diocèse de Besançon exposé tout l’été au Centre diocésain

Le concours photo organisé ce printemps par le diocèse de Besançon a rencontré un très beau succès. Plus de 100 participants ont envoyé leurs clichés, rendant la tâche du jury particulièrement délicate. Au terme des délibérations, 30 photographies mettant en valeur des églises et bâtiments religieux du diocèse ont été sélectionnées. Elles sont exposées dans la galerie Ledeur jusqu’au 14 août 2026.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 17.1
légère pluie
le 01/07 à 05h00
Vent
0.32 m/s
Pression
1019 hPa
Humidité
90 %

Sondage