Christophe Lime : La démocratie confisquée par la réforme territoriale ?

Publié le 18/08/2016 - 11:05
Mis à jour le 23/08/2016 - 16:37

La réforme territoriale, ce n'est pas que la réorganisation et la fusion des régions, c'est aussi la création de 13 Métropoles. C'est aussi la réforme de l'échelon départemental, aux compétences finalement réduites et même parfois reprises à titre expérimental par de grandes agglomérations comme à Lyon. 

municipales_2014_besancon_-_fousseret_-_novembre_2013-004.jpg
© damien poirier

entretien

PUBLICITÉ

La réforme territoriale, c'est aussi  celle des fusions de communes et de communautés de communes, de leur transformation possible en Communauté urbaine – ce à quoi peut prétendre Besançon (quand Dijon obtient son statut de Métropole). Ainsi le Département du Doubs verrait, au terme de la réforme, le nombre de Communautés de Communes divisé par deux. Adoptée et votée à une écrasante majorité par les Sénateurs et les Députés en commission mixte paritaire, elle fait consensus…enfin, elle semble avoir fait consensus, parce qu'elle suscite des critiques qui commencent à se faire entendre.

Pour Christophe Lime, élu au Grand Besançon et Président des élus communistes et républicains du Doubs, "cette réforme annonce la disparition des élus les plus proches des électeurs, le conseiller départemental (ancien conseiller général) et bien évidemment le plus prés du terrain et donc des citoyens, c'est-à-dire le maire de la commune. À la fin,  il ne restera que l'État, le niveau régional et le niveau intercommunal".

"il ne restera personne d'identifiable localement"

Et il insiste "la ruralité va mal et cette réforme risque d'aggraver le mal en éloignant les centres de décision, en accentuant la désertification, puisque la ruralité sera ainsi vidée de son personnel politique de proximité, celui le plus connu des administrés". Il ajoute préparant son effet : "Avant, au village, il y avait le Maire, l'Instituteur et le Curé. Avec la disparition programmée du Maire des petites communes, il ne restera personne d'identifiable localement. Et il éclate de rire en ajoutant : "Et je me fais traiter de réactionnaire lorsque je tiens ces propos !" Puis plus sérieux "Pas certain du tout que les économies recherchées en  mutualisant et rationalisant les moyens soient évidentes. L'exemple des surcoûts (notamment en déplacements) liés à la fusion des Régions doit nous alerter."

"Cette réforme va contribuer à renforcer le sentiment d'isolement et d'abandon des zones rurales" 

"Le moment d'une telle réforme est bien mal choisi" selon l'élu communiste. "La preuve" dénonce Christophe Lime "les résultats des dernières élections avec la nette progression du FN en milieu rural" dit-il en marquant son propos de l'index pointé, accusateur. "Cette réforme va contribuer à renforcer le sentiment d'isolement et d'abandon que vivent les habitants de ces zones rurales" et surtout insiste-t-il "à force de transférer des compétences, la question de l'élection directe des Présidents de ces Communautés de Communes va se poser. Pour le moment elle n'est pas prévue par la loi. Et si les députés n'y changent rien, hé bien c'est le Conseil Constitutionnel qui le fera !" Et puis après un petit silence, un hochement de tête accompagné d'un haussement d'épaules :

"Et puis, ça communique pas beaucoup là dessus, hein. C'est que je crois "conclut-il malicieusement "qu'ils (les élus ndlr) n'ont pas les réponses aux questions qu'on risque de leur poser…!"

Propos recueillis par  Albert Ziri

 

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

fusion des régions

Dire, quoi dire et comment le dire ? Telle est la question

Dire, quoi dire et comment le dire ? Telle est la question

Nous en convenons tous, ou la plupart d'entre nous, "un président" en exercice "ne devrait pas dire ça" et sûrement pas comme ça. Cette obligation de rigueur n'est pas, et ne doit pas être, seulement celle d'un président en exercice. Elle doit s'étendre à tout un chacun, et bien sûr aussi à un ex-président qui envisage de l'être à nouveau...

Réforme territoriale : le coup de gueule de Gérard Quété, maire de Vuillafans

Réforme territoriale : le coup de gueule de Gérard Quété, maire de Vuillafans

A la veille de la visite de la secrétaire d'État en charge des collectivités territoriales en Bourgogne Franche-Comté pour parler de la fusion des régions et de la réforme territoriale, nous avons reçu du maire de Vuillafans (village de 800 habitants de la vallée de la Loue) cette prise de position sans ambiguïté aucune concernant les communes de la réforme territoriale en cours et de son impact sur les communes.

Philippe Gonon : la dérive de nos  institutions locales

Philippe Gonon : la dérive de nos institutions locales

Promulguée le 7 août 2015, la loi portant sur la Nouvelle Organisation Territoriale de la République confie de nouvelles compétences aux régions et redéfinit clairement les compétences attribuées à chaque collectivité territoriale. Philippe Gonon, vice président de l’Union des démocrates et indépendants (UDI) du Doubs craint un "court-circuitage" des instances locales. 

Comme un moment de grâce…

Comme un moment de grâce…

Quelque part, un coin de France, un bout de plage, une douce fin d'après-midi d'été. Une ambiance estivale, calme, mêlant des âges, des conditions toutes différentes, mais vivant chacune et chacun ce moment à sa convenance.

Librairie Siloë-Chevassu : Pierre Chevassu tourne la page…

Librairie Siloë-Chevassu : Pierre Chevassu tourne la page…

J'ai souvent eu le plaisir de rencontrer Pierre Chevassu. Professionnellement, dès qu'il s'agissait d'un reportage lié aux livres, à l'édition ou à la librairie, il était un interlocuteur tout indiqué. Quand il s'agissait de faits religieux aussi. Et bien sûr quand il s'agissait de la parution d'un livre religieux, encore plus. Toujours disponible dans sa librairie Siloë-Chevassu de la Grande Rue à Besançon. Lecteur, je le rencontrais aussi; je questionnais souvent ce libraire, au visage empreint d'une tranquille bienveillance, à propos de tel ou tel livre, spécifique; il était alors patient, attentif, disponible. Bisontin, je le croisais, de temps à autre, surtout certains matins, devant un café, attablé dans une brasserie de la place Granvelle. Nous partagions alors ce moment, discutant de choses et d'autres, souvent bien sûr de littérature ou de l'actualité.

Dans la catégorie

Municipale 2020 à Besançon : Jacques Grosperrin reproche aux candidats de « manquer d’imagination » dans leur programme

Municipale 2020 à Besançon : Jacques Grosperrin reproche aux candidats de « manquer d’imagination » dans leur programme

Dans un communiqué de lundi 21 octobre 2019, l'ancien candidat à l'élection municipale en 2014 Jacques Grosperrin dit être "surpris et flatté" par les candidats à l'élection en 2020 qui auraient un programme largement inspiré du sien. Il leur reproche de ne pas "avoir d'imagination".

Département du Doubs : 80 millions d’euros d’investissements pour 2020

Département du Doubs : 80 millions d’euros d’investissements pour 2020

Christine Bouquin, présidente du Conseil Départemental du Doubs, a présenté ce 21 octobre 2019 les grandes orientations budgétaires pour l’année 2020. Et selon elle, «on continue de monter en puissance » avec 80 millions d'euros d'investissements prévus pour l'an prochain…

Port du voile par les accompagnatrices scolaires : un projet de loi soutenu par Alain Joyandet sera examiné au Sénat

Port du voile par les accompagnatrices scolaires : un projet de loi soutenu par Alain Joyandet sera examiné au Sénat

Le Palais du Luxembourg examinera le mardi 29 octobre 2019 une proposition de loi à l'initiative du groupe Les Républicains, qui sera défendue par Jacqueline Eustache-Brinio avec le plein soutien d'Alain Joyandet. L'objet est de fixer dans le droit l'obligation pour toutes les personnes qui concourent au service public de l'éducation nationale "de faire preuve d'une totale neutralité religieuse".

Municipale 2020 : les grandes propositions pour le transport et la mobilité d’Eric Alauzet

Municipale 2020 : les grandes propositions pour le transport et la mobilité d’Eric Alauzet

Eric Alauzet, député du Doubs et candidat LREM à l'élection municipale à Besançon en 2020, annonce ce samedi 19 octobre 2019 ses premières "grandes propositions" dans le domaine des transports et de la mobilité. Il souhaite notamment réaliser un projet sur l'axe ferroviaire nord-sud de Mamirolle aux Auxons avec un transport inspiré du tramway. Il souhaite également rendre gratuit le stationnement entre midi et 14 heures au centre-ville...

Nicolas Bodin (PS) : « Je suis heureux de soutenir Anne Vignot, une femme avec de vraies convictions… » 

Nicolas Bodin (PS) : « Je suis heureux de soutenir Anne Vignot, une femme avec de vraies convictions… » 

Entretien • Officiellement candidat depuis le 31 janvier 2019 et investi fin mars par le parti socialiste, Nicolas Bodin rejoint finalement "l'Équipe" qui rassemble déjà EELV, le parti communiste, Génération(s) et À Gauche citoyen avec Anne Vignot en tête de liste...

Pour Eric Alauzet, « la section socialiste signe la mort sans combattre du PS historique à Besançon »

Pour Eric Alauzet, « la section socialiste signe la mort sans combattre du PS historique à Besançon »

MUNICIPALE 2020 • Dans un communiqué de jeudi 17 octobre 2019, Eric Alauzet, candidat En Marche à l'élection municipale de Besançon réagit suite à la décision du Parti socialiste de se rallier à l'Equipe, unissant les gauches, menée par Anne Vignot. Selon le candidat, "le choix effectué par la section socialiste de Besançon signe la mort sans combattre du PS historique à Besançon." Notons que 86% des militants du PS de Besançon ont voté "pour" se rallier à l'Equipe.

Polémique sur le voile : la plainte est « une opération de victimisation » selon Odoul (RN)

Polémique sur le voile : la plainte est « une opération de victimisation » selon Odoul (RN)

Le président du groupe RN au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté Julien Odoul, qui avait demandé vendredi 11 octobre 2019 à ce qu'une femme dans le public retire son voile, a dénoncé jeudi une "opération de victimisation" après que cette dernière a annoncé porter plainte.

Municipale 2020 à Besançon : « Non », Alexandra Cordier dit ne pas vouloir de liste commune avec Les Républicains

Municipale 2020 à Besançon : « Non », Alexandra Cordier dit ne pas vouloir de liste commune avec Les Républicains

Contactée ce jeudi 16 octobre 2019 par téléphone, nous avons fait le point avec Alexandra Cordier, référente départementale En Marche et éventuelle candidate à l'élection municipale à Besançon en 2020. Si une rupture s'est créée entre elle et Eric Alauzet, candidat officiel d'En Marche, Alexandra Cordier n'a pas pour autant l'objectif de se rallier à Ludovic Fagaut, candidat pour Les Républicains. Entretien.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

 8.78
partiellement nuageux
le 23/10 à 3h00
Vent
2.04 m/s
Pression
1016 hPa
Humidité
90 %

Sondage