En France, les enfants trop souvent oubliés dans la recherche contre le cancer

Publié le 14/02/2022 - 15:00
Mis à jour le 14/02/2022 - 10:51

En France, face aux cancers pédiatriques, des parents voudraient que davantage de traitements existent, pour gagner de l’espoir : car si des progrès ont été faits, les enfants restent aujourd’hui trop souvent oubliés par la recherche, regrettent-ils.

illustration © D Poirier ©
illustration © D Poirier ©

Nathanaël est mort à 16 ans, en octobre dernier. Atteint d'un gliome infiltrant du tronc cérébral, une tumeur au cerveau incurable, il n'a eu accès, en France, à aucun médicament.

Pour tenter de prolonger son espérance de vie, son père, Xavier Baio, n'a reculé devant aucun obstacle. Après avoir monté une association, il a réussi à se procurer en Allemagne une gélule fabriquée aux États-Unis, loin de pouvoir guérir ce cancer, mais qui a enregistré des résultats encourageants: elle semble en mesure de pouvoir améliorer l'espérance de vie de certains patients.

Grâce à ses efforts, l'Institut Gustave Roussy a pu reproduire le principe actif de ce médicament de la dernière chance. Quelques jours après le décès de Nathanaël, il était rendu disponible en France pour des patients en échec thérapeutique.

"Il faut davantage d'essais cliniques en France pour qu'il y ait plus de choix thérapeutiques, pour donner un peu d'espoir aux parents", témoigne aujourd'hui Xavier Baio, deux jours avant la journée internationale du cancer de l'enfant.

Comment expliquer que les traitements manquent encore, que la recherche patine parfois ? Chaque année en Europe, plus de 35.000 nouveaux cas de cancers pédiatriques sont diagnostiqués et 6.000 enfants en meurent.

Des progrès considérables ont certes été réalisés dans le champ de la cancérologie pédiatrique.

Le taux de survie des enfants, qui était autour de 30 % dans les années 60, s'établit aujourd'hui à 80 %, était-il rappelé la semaine dernière lors des premières Rencontres européennes de l'Institut national du cancer (INCa).

Mais les cancers pédiatriques sont une "maladie rare" comparés aux cancers chez l'adulte. Et le faible retour sur investissement résultant de la recherche de traitements pour les enfants n'encourage pas les acteurs de la filière. En outre, les essais cliniques intégrant des enfants et des adolescents sont plus difficiles à mener.

Séquelles

"Nous voulons maintenant mettre en place une plate-forme de recherche clinique au niveau européen, ce qui permettra notamment de réaliser des essais cliniques plus robustes en intégrant davantage de patients", explique à l'AFP Thierry Breton, le directeur général de l'INCa.

Dans les mois qui viennent, une révision du règlement européen devrait aussi permettre d'"inciter les laboratoires à développer des médicaments dédiés aux enfants", ajoute-t-il.

"Nous sommes à un moment clé où les cancers pédiatriques sont en haut de l'agenda des politiques publiques en Europe et en France", se réjouit Patricia Blanc, présidente de l'association "Imagine for Margo".

Depuis le décès de sa fille, d'une tumeur au cerveau, il y a dix ans, elle se bat pour faire avancer la recherche. "Il y a eu des progrès, mais pendant des années, on a adapté les traitements des adultes aux enfants et cela fait 15 ans que le taux de survie n'a pas augmenté", regrette-t-elle.

Samedi, lors de son colloque annuel, l'association a initié la signature d'une charte par plusieurs acteurs de l'onco-pédiatrie en vue d'accélérer le développement de nouveaux médicaments, faciliter le partage des données pour la recherche et améliorer le suivi à long terme des patients.

"Ces dernières années, la médecine de précision a permis de mieux comprendre les tumeurs pédiatriques et mieux cibler les traitements, mais les enfants sont encore trop souvent les oubliés de la recherche", déplore Patricia Blanc.

Aujourd'hui, l'enjeu ne réside pas uniquement dans l'amélioration du taux de survie, mais également dans la détection précoce de la maladie, le suivi à long terme et la qualité de vie de ces enfants une fois devenus adultes.

En effet, dans 80 % des cas, le diagnostic d'un cancer pédiatrique est réalisé alors que celui-ci est déjà à un stade avancé, quand ce taux n'est que de 20 % chez l'adulte.

Les deux tiers des personnes ayant eu un cancer vivent par ailleurs avec les effets à long terme du traitement, qui peuvent être graves.

(AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Santé

Téléthon 2025 : deux opérations solidaires au CHU de Besançon

À l’occasion du Téléthon qui aura lieu lors du week-end du 5 et 6 décembre 2025, le CHU de Besançon organise deux actions solidaires destinées à soutenir la recherche sur les maladies rares. Acteur engagé du territoire, l'établissement proposera cette année un grand défi ludique ouvert au public intitulé "Les forêts éphémères" et l’opération "Dessert jaune", reconduite après son succès en 2024.

Deux nouvelles maisons France Services dans le Doubs

À l’occasion du salon des maires et des collectivités locales, le 21 novembre 2025, Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, et Michel Fournier, ministre délégué chargé de la Ruralité, ont annoncé la labellisation de 61 nouveaux lieux d’accueil France services, dont deux dans le Doubs à Metabief et Grand Charmont.

‘Briss”, des séries immersives inspirées d’une cyberattaque pour sensibiliser les professionnels de santé

Portée par l’ARS et la FHF Bourgogne-Franche-Comté, "Briss" propose des séries immersives comme "Plan Blanc", inspirée d’une cyberattaque dans un établissement de santé, comme celle survenue récemment au CH de Pontarlier, pour former les soignants et renforcer la culture de cybersécurité dans les hôpitaux. La plateforme a été lancé le 14 novembre 2025 à Dijon.

L’ARS de Bourgogne Franche-Comté déploie bientôt le réseau “France Santé”

Afin de garantir l’accessibilité à un médecin ou une infirmière, l’agence régionale de la santé de Bourgogne Franche-Comté déploie le réseau France santé lancé par le gouvernement. Objectif ? couvrir progressivement l’ensemble du territoire national d’ici l’été 2026.

La Niaque arrive à Besançon : une nouvelle ressource pour accompagner le retour à l’emploi après un cancer

La Niaque l’Asso, fondée en 2022 après cinq années d’expérimentation du programme La Niaque, arrivera début 2026 à Besançon. Sa mission : accompagner gratuitement les personnes touchées par un cancer ou une longue maladie dans leur rétablissement et leur retour à l’activité professionnelle. Explications avec Caroline Gilles, déléguée La Niaque L'Asso Bourgogne Franche-Comté.

EOlife : Archeon Medical annonce un triplement du taux de survie neurologique après arrêt cardiaque

Archeon Medical, société fondée à Besançon et spécialisée dans le monitoring de la ventilation d’urgence, publie mercredi 19 novembre 2025, les résultats d’une étude inédite menée en conditions réelles par le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) du Doubs. L’étude porte sur EOlife, un dispositif médical intelligent de ventilation, et révèle un triplement du taux de survie à 30 jours sans séquelles neurologiques chez les patients victimes d’un arrêt cardiaque extrahospitalier (ACEH). "100 % des survivants ont retrouvé toutes leurs capacités neurologiques", précise le communiqué de l’entreprise.

Une récente étude du CHU de Besançon soulève des inquiétudes envers les implants mammaires en silicone

En France, "environ 400 000 femmes sont porteuses d’implants mammaires en silicone suite à des chirurgies esthétiques ou reconstructrices" expose le CHU de Besançon dans un communiqué du 13 novembre 2025. Bien que couramment utilisés, ils peuvent néanmoins "susciter des inquiétudes quant à leur sécurité à long terme". Dans une étude récemment publiée dans la revue Biomaterials, le docteur Isabelle Pluvy, l’ingénieur de recherche Florelle Gindraux et leurs collaborateurs du CHU de Besançon, montrent que la présence de silicone au contact des tissus semble stimuler le système immunitaire et favoriser localement la présence d’inflammation chronique.

Numérique en santé : Dijon accueille les journées régionales les 13 et 14 novembre

Les journées régionales du numérique en santé se tiendront les 13 et 14 novembre 2025 au palais des congrès de Dijon. Organisé conjointement par l’Agence Régionale de Santé (ARS) et le GRADeS Bourgogne-Franche-Comté, l’événement vise à mobiliser l’ensemble des acteurs du territoire autour d’un numérique au service des pratiques, des organisations et des usagers.

Accès aux soins : 58% des habitants de Bourgogne-Franche-Comté insatisfaits

Le média de Radio France, Ici, a partagé ce mercredi 12 novembre 2025 les résultats de la consultation citoyenne "Ma commune, mon maire et moi" concernant l’accès aux soins en Bourgogne-Franche-Comté. Il ressort de ce sondage que 58% des habitants de la grande région ne sont pas satisfaits de l’accès aux soins là où ils vivent. 

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 5.57
légère pluie
le 29/11 à 06h00
Vent
1.57 m/s
Pression
1017 hPa
Humidité
95 %