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Hamid Asseila, producteur de spectacles à Besançon : "Moi-même je suis perdu, je ne sais pas"

Publié le 15/09/2020 - 08:01
Mis à jour le 17/09/2020 - 15:12

Pendant le confinement, nous avions contacté Hamid Asseila, producteur de spectacles en Bourgogne Franche-Comté. À l'époque, l'idée de faire jouer des humoristes avec un public masqué était inenvisageable. À l'époque, nous ne savions pas comment l'épidémie évoluerait. Ce lundi 14 septembre, nous avons posé nos questions à Hamid Asseila pour savoir comment il envisage l'avenir, un avenir qui voit le public des spectacles masqué et des départements qui deviennent des "zones rouges"...

Hamid Asseila ©Emmanuel Pagand
Hamid Asseila ©Emmanuel Pagand

maCommune.info : Comment s'est déroulé l'après-confinement pour NG Productions ?

Hamid Asseila : "L'après-confinement a été extrêmement lourd en charge de travail puisque nous avons du annuler, reporter, rembourser, communiquer sur une large majorité de nos spectacles.

J'ai été éprouvé, attristé de voir que des mois de travail s'envolaient et que la situation économique de notre secteur est encore à ce jour très lourdement impactée."

mCi : Cet été, il y a eu de nombreuses informations du gouvernement qui se sont contredites (Puy du Fou..), qui ont agité le monde du spectacle en bien ou en mal (plan de soutien au spectacle de 432 millions d'euros, mesures sanitaires, etc.) Comment y avez-vous réagi ?

Hamid Asseila : "Ce qui est gênant c'est le manque de transparence, la communication désastreuse du gouvernement. Ce manque de clarté amène une incompréhension, cela crée du fantasme et les réseaux sociaux s'excitent et une forme de complotisme s'installe. L'histoire du Puy de fou est un exemple. On comprend que 3 fois 3000 personnes c'est juridiquement jouable, on devrait se réjouir de voir que le spectacle vivant renaît, mais on annonce (faute aussi aux journalistes) 9000 personnes au Puy du Fou alors que c'est 3 fois 3000 personnes en plein air et non 9000 personnes côte à côte. Cette expérience aurait pu permettre de faire jurisprudence et nous permettre de jouer dans les mêmes conditions. Il n'y a malheureusement dans notre secteur encore trop de clivage et comme on ne parle pas d'une seule même voix, cette division demande au gouvernement de faire du sur mesure et cela ne convient pas à tout le monde.

On peut saluer le plan de relance de 432 millions pour la culture. Le découpage est le suivant le secteur public (théâtre, opéra…) se voit attribuer 200 millions d'euros. Pour le privé, l'enveloppe se monte à 220 M€ dont 210 pour la musique, via le Centre National de la Musique (CNM). Pour le théâtre, reste donc 10 M€. Une aide spécifique de 12 M€ pour l'emploi et la création a aussi été accordée. Dans les 220 millions, la musique enregistrée réclame 60 millions d'euros. Il resterait donc pour le secteur privé (le plus impacté économiquement) la somme de 140 millions alors que notre syndicat estime la perte à près d'un milliard d'euros. Les chiffres sont renversants, mais il faut comprendre que l'industrie de la musique représente plus que l'industrie automobile. Nous créons des milliers d'emplois et les retombées économiques de notre activité se chiffrent en milliard.

C'est un métier à risque et très fragile. Nos pertes sont bien plus conséquentes que l'aide apportée et à ce jour nous sommes très très loin du compte. Des centaines de structures qui emploient des milliers de personnes directement ou indirectement, menacent de déposer le bilan.

Enfin, les professionnels du spectacle se sont engagés à mettre en place un protocole sanitaire irréprochable, validé par les préfectures, qui permettra d'accueillir le public dans les meilleures conditions. Il est enfin essentiel que les médias, les politiques rassurent les Français. Le climat est hyper anxiogène, couplé à une mauvaise communication, cela met à mal notre économie."

mCi : D'ici la fin de l'année, que pourra-t-on voir à Besançon estampillé "NG Productions" ?

Hamid Asseila : "Tout dépend si nous basculons en zone rouge ou non. À ce jour, tout change tous les jours. Je dois être honnête avec vous. Moi-même je suis perdu, je ne sais pas. Je peux juste dire que tout est inscrit sur notre site, sur nos réseaux sociaux. Et que si un spectacle vous plait alors, venez, achetez vos places. S'il est annulé ou reporté, on vous préviendra et vous pourrez facilement vous faire rembourser. On a besoin de votre mobilisation. N'ayez pas peur, sortez. Vivez !"

Infos +

Le protocole sanitaire dans les salles de spectacle en "zone verte" est le suivant :

  • Port du masque obligatoire.
  • Pas d'espace entre les groupes.

En "zone rouge" :

  • Port du masque obligatoire.
  • Distanciation physique entre les groupes, traduite par un siège vide.

Pour l'heure, les dates maintenues à Besançon sont :

  • Alban Ivanov le 13 octobre au Grand Kursaal (complet)
  • Pierre-Emmanuel Barré le 15 octobre au Grand Kursaal
  • Aldebert le 18 octobre à 14h30 et 18h00 au Théâtre Ledoux (complets)
  • Maxime Gasteuil le 30 octobre au Grand Kursaal
  • La voie de Johnny le 30 octobre à Micropolis
  • Arnaud Tsamère le 31 octobre au Petit kursaal
  • Thomas VDB les 5 et 6 novembre au Scénacle
  • Pomme le 18 novembre au Théâtre Ledoux
  • Mr Nouar le 19 novembre au Scénacle
  • Mennel le 20 novembre au Scénacle
  • Seb Mellia le 21 novembre au Petit kursaal
  • Bun Hay Mean le 26 novembre au Grand kursaal

En cas d'annulation, les places pourront être remboursés dans les points de vente. En cas de dates reportées, vous pourrez soit conserver vos places, soit vous faire rembourser au choix.

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