Le passage de l'ISS et de la navette Crew Dragon de SpaceX au-dessus de Morteau, immortalisé par un photographe franc-comtois

Publié le 01/06/2020 - 17:28
Mis à jour le 02/06/2020 - 11:45

Tony Chopard, photographe amateur franc-comtois, a immortalisé le passage de l’Station spatiale internationale (ISS) et de la navette Crew Dragon de SpaceX au-dessus de la commune de Morteau le 30 mai 2020 à 23h15…

"Sous le regard de la lune, le passage historique de la navette Crew Dragon de SpaceX sur les hauteurs de Morteau" ©Tony Chopard ©

Sur ce cliché, intitulé "Sous le regard de la lune, le passage historique de la navette Crew Dragon de SpaceX sur les hauteurs de Morteau", pris en longue pose par intermittence de 2'30 minutes de la station de ski Meix-Musy, nous pouvons observer le passage de l'ISS et la navette entre Morteau et la Lune. "Les traits que nous voyons sur la photo sont ceux de l'ISS qui précédait de quelques instants la navette qui la suivait. Le but de la navette est de s'arrimer à la station pour y déposer les astronautes et le matériel scientifique. La station spatiale étant plus grosse que la navette. Cette traîné représente plus la station qui est plus lumineuse et plus grande, même si la navette est également dans cette traîné, mais c'est concrètement pas elle qui donne véritablement cette traîné lumineuse. Elle y contribue de manière très faible, mais la navette elle est quand-même là", nous précise Tony Chopard.

Une photographie fabuleuse qui met la tête dans les étoiles…

A propos de Tony Chopard :

Ce photographe de 34 ans est originaire de Montbéliard et vit dans le haut-Doubs depuis plus de 10 ans. Ingénieur chef de projet Industrialisation de métier, Tony Chopard est photographe amateur depuis une dizaine d'année. Pour prendre des clichés toujours plus beaux, toujours plus spéctaculaires, plus précis... il suit des stages photos. "Je fais habituellement plus de la proxiphotographie : c'est juste avant la macrophotographie, le rapport n'est pas de 1:1 mais un peu moins pour prendre en compte l'environnement et avoir un sujet type de macro mais ancré dans son environnement. C'est plus poétique à mon sens." Et depuis 2 mois, Tony s'intéresse particulièrement à l'astrophotographie et découvre une nouvelle discipline "très riche et intéressante sur le point technique de la préparation en amont, de la prise de vue, au post-traitement". Il explique qu'"une photo comme ça, c'est des heures d'implications : quelque jours avant l'analyse des cartes du ciel et de la trajectoire de la navette avec les horaires précis de son passage, la recherche du spot photo qui conviendra le mieux au vu du passage et de la positions des étoiles lunes de la pollution lumineuse etc. Ensuite, on arrive sur site 45min avant pour préparer nos yeux à la noirceur de la nuit, préparer le cadrage, l'exposition. Puis viens la prise de vue, c'est une raffale de plusieurs pose longue de 4 secondes chacune avec un temps d'une demi seconde entre chaque cliché sur une période de 3 min. On a droit qu'à un essai, si on a loupé l'exposition ou le cadrage c'est raté pas de deuxième chance la navette n'est plus là. Ensuite le post-traitement à la maison où on va empiler l'ensemble de toutes les photos prises (il y a 39 photos pose longue prises pour les empiler et réaliser cette unique photo). L'empilement permet de créer cette trainée intermittente et de réduire fortement le bruit. Je découvre donc cette nouvelle discipline qui me passionne fortement."

Les deux astronautes de la Nasa transportés par la capsule de SpaceX sont entrés dimanche 31 mai 2020 dans la station spatiale internationale, une nouvelle étape franchie avec succès pour cette mission qui marque le retour des transports américains vers l'ISS après neuf ans d'interruption. Bob Behnken et Doug Hurley, qui avaient décollé à bord d'une fusée Falcon 9 la veille depuis la Floride, sont les premiers astronautes à rejoindre la station, à 400 km de la Terre, grâce à un véhicule d'une société privée.

La capsule Crew Dragon s'est amarrée à l'ISS à 14H16 GMT, quelques minutes en avance sur l'horaire prévu, après environ 19 heures de voyage. Après de nombreuses vérifications, environ trois heures plus tard, l'écoutille de la capsule a été ouverte.

Les deux meilleurs amis, d'anciens pilotes militaires, ont alors retrouvé les habitants actuels de la station, un compatriote et deux astronautes russes, pour une photo collective. "Le monde entier a suivi cette mission et nous sommes tellement, tellement fiers de tout ce que vous avez fait pour notre pays, et en réalité pour inspirer le monde", les a félicité depuis la Terre le patron de la Nasa, Jim Bridenstine, juste après leur arrivée.

Il s'agit d'une des rares bonnes nouvelles de la période pour les Etats-Unis, en pleine pandémie de coronavirus et alors que des manifestations embrasent les villes américaines pour protester contre la mort d'un Afro-Américain, George Floyd, aux mains de policiers blancs. Certains internautes ont d'ailleurs partagé la chanson de Gil Scott-Heron, "Whitey On The Moon", datant de 1970, après la mission Apollo 11 sur la Lune. Les paroles juxtaposent les injustices vécues par les Afro-Américains avec la réussite du programme spatial américain, très coûteux.

"Un honneur"

Depuis la fin des navettes spatiales en 2011, seules des fusées russes envoyaient les Américains vers l'ISS, qui file à 27.000 km/h autour de la Terre. "Ce fut un honneur de faire partie de cet effort de neuf ans depuis la dernière fois qu'un véhicule américain s'est amarré à la station spatiale internationale", a déclaré Doug Hurley, 53 ans, après l'accomplissement de cette opération ultra-délicate.

La Nasa a chargé SpaceX de développer un nouveau taxi spatial, et si la mission actuelle --qui pourrait durer jusqu'en août-- est certifiée sûre, les Américains ne dépendront plus des Russes pour accéder à l'espace. Pour trois milliards de dollars, accordés depuis 2011 dans le cadre d'un contrat à prix fixe, SpaceX a promis à la Nasa six allers-retours vers l'ISS, avec quatre astronautes à bord.

Le chef de l'agence spatiale russe, Dmitri Rogozine, a félicité dimanche sur Twitter Jim Bridenstine, ainsi que le fondateur de SpaceX, Elon Musk : "Je souhaite aux équipes de la Nasa de finir avec succès de reconstruire son système de transport national", a-t-il écrit.

SpaceX acheminait déjà des cargaisons vers l'ISS depuis 2012, mais c'est la première fois que la Nasa lui confie sa ressource la plus précieuse: ses astronautes.

Interrogé sur le déroulement du voyage comparé aux navettes, que les deux astronautes ont aussi utilisées, Bob Behnken a toutefois indiqué que le vol était moins fluide avec la capsule Crew Dragon, notamment jusqu'à atteindre la mise en orbite. "Nous étions effectivement en train de voler ou de chevaucher un dragon", s'est amusé l'astronaute de 49 ans.

Première étape

"Le lancement d'aujourd'hui démontre que l'avenir appartient à l'industrie spatiale privée", a déclaré samedi Donald Trump, qui a assisté en personne au décollage de la fusée depuis le centre spatial Kennedy. Le président américain a fait applaudir le fondateur de SpaceX, qui s'est montré très ému lors de la conférence ayant suivi le lancement. "J'ai du mal à parler, cela fait 18 ans que nous travaillions avec cet objectif. J'ai du mal à croire que c'est arrivé", a déclaré Elon Musk.

Pour cet entrepreneur visionnaire, obsédé par la planète rouge, il s'agit là d'"une première étape dans notre voyage pour établir une civilisation sur Mars", et faire de l'humanité une "espèce multiplanétaire". L'ex-start-up a battu Boeing, groupe lui aussi chargé par la Nasa d'acheminer à l'avenir des astronautes vers l'ISS, mais dont la capsule Starliner a raté un vol d'essai à vide l'an dernier.

La météo changeante avait failli menacer une seconde fois le décollage de Falcon 9 samedi, alors que des risques de foudre avaient déjà forcé son report mercredi. La fusée construite près de Los Angeles avait finalement décollé sans problème dans un ciel largement bleu, à 15H22 (1922 GMT), sous les yeux de dizaines de milliers de personnes installées le long des plages de la zone.

(Avec AFP)

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