Procès Daval : le verdict sera rendu samedi "en fin d'après-midi ou début de soirée

Publié le 20/11/2020 - 10:44
Mis à jour le 20/11/2020 - 10:45

Le verdict dans le procès de Jonathann Daval, jugé depuis lundi pour le meurtre de sa femme Alexia en 2017, devrait être prononcé « samedi en fin d’après-midi ou en début de soirée », a annoncé officiellement ce vendredi 20 novembre 2020 le président de la cour d’assises de la Haute-Saône

Vesoul, le 16 novembre 2020 © TF
Vesoul, le 16 novembre 2020 © TF

« La décision devrait intervenir demain (samedi) en fin d’après-midi ou début de soirée », a indiqué Matthieu Husson à l’ouverture de l’audience, confirmant ce qu’avaient indiqué plusieurs avocats à l’AFP.

Le verdict devait tomber initialement vendredi mais a dû être décalé en raison du retard important pris par les débats. Les réquisitions de l'avocat général ainsi que les plaidoiries de la défense auront lieu samedi matin. Les parties civiles plaideront vendredi en fin d'après-midi, a ajouté M. Husson.

L'audience de vendredi a débuté vers 10H00 avec le visionnage de la confrontation forte entre l'accusé et la mère d'Alexia, Isabelle Fouillot, durant laquelle Jonathann Daval abandonne la théorie d'un complot familial et livre de nouveaux aveux.

L'accusé doit encore être interrogé sur sa personnalité. Puis plusieurs témoins défileront à la barre, dont sa mère, Martine Henry. Jonathann Daval est jugé depuis lundi devant les assises de la Haute-Saône à Vesoul pour le meurtre de sa femme Alexia en octobre 2017.

M. Daval, qui soutenait jusqu'à présent ne jamais avoir voulu tuer son épouse, a reconnu jeudi pour la première fois lui avoir intentionnellement "donné la mort".

Verdict retardé

La journée de jeudi a connu un nouveau rebondissement, un de plus dans un procès très dense émotionnellement : après un premier interrogatoire avorté mercredi soir en raison d'un malaise vagal, Jonathann Daval a avoué l'intention meurtrière qui l'animait lorsqu'il s'en est pris à Alexia.

Lui qui soutenait jusqu'alors avoir simplement voulu "la faire taire", a fini par reconnaître qu'il avait bel et bien "voulu la tuer" lors d'une violente dispute.

"Je lui ai donné la mort, oui, quand on étrangle quelqu'un comme ça, c'est pour donner la mort", a-t-il avoué dans un silence glacial, la voix étranglée par l'émotion, avant de détailler la soirée du meurtre.

"Tensions"

Des aveux qui auront fatalement des conséquences sur les plaidoiries de la défense : ses avocats, qui s'étaient réservé avant le procès la possibilité de plaider les violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, moins sévèrement réprimées, vont y renoncer.

"Nous allons plaider l'homicide volontaire", a annoncé jeudi soir Me Schwerdorffer alors que son client qui comparaît pour homicide sur conjoint, encourt la réclusion à perpétuité.

Également chargé de sa défense, Me Samuel Estève s'est félicité des témoignages "d'amis" du couple qui ont déposé jeudi soir tard à la barre : ils "ont confirmé en tout point ce qu'a expliqué Jonathann sur ses rapports avec (Alexia) dans les derniers temps, c'est-à-dire quand le couple connaissait des tensions importantes".

"On est maintenant très loin du couple parfait sans histoire, il y avait des tensions", a-t-il relevé, "tout ce qu'a dit Jonathann (...) a été confirmé par les témoins".

Le couple Daval se délitait depuis plusieurs années et les deux époux se débattaient dans d'importants problèmes intimes : les problèmes d'érection de Jonathann et le désir d'enfant inassouvi d'Alexia.

Frustrés

A l'opposé, les parties civiles sont restées sur leur faim même si Me Caty Richard a voulu voir "un pas en avant" lorsque l'accusé a déclaré "à deux reprises: +oui j'ai voulu la tuer, oui forcément j'ai voulu la tuer+".

Son confrère, Me Portejoie, s'est montré moins positif : "on n'a pas appris grand-chose, on tourne en rond". Vendredi, "il faudra parler directement à Jonathann Daval", a-t-il lancé à ses clients, les parents d'Alexia, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot.

A la barre, ceux-ci avaient déjà tenté d'interpeller mercredi leur ancien gendre mais le président de la cour d'assises, Matthieu Husson, avait coupé court, estimant que le moment n'était pas encore venu pour une telle confrontation.

Mme Fouillot espère désormais "lui parler" même si "on dirait qu'on parle à un mur". "On dirait qu'il est ailleurs, qu'il n'est pas dans son procès. Il est fermé, fermé, fermé !", a-t-elle déploré.

Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

(Source AFP)

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