L'inflation touche davantage les plus modestes et les habitants des territoires ruraux 

Publié le 11/07/2022 - 15:45
Mis à jour le 15/07/2022 - 14:45

ETUDE INSEE • L'Insee a publié le 24 juin 2022 une note de conjoncture nationale comportant un dossier sur les prix à la consommation. Il met en lumière combien l'inflation, mesurée globalement à un niveau national, varie d'une catégorie de ménage à une autre, d'un type de territoire à l'autre.

En Bourgogne-Franche-Comté, comme dans l'ensemble du pays, les ménages doivent composer avec l'augmentation des prix à la consommation. En mai 2022, ils augmentent de 0,7 % sur un mois et de 5,2 % sur un an. Les structures de consommation pouvant différer d'un ménage à l'autre, les ménages ne sont pas touchés de la même façon. En outre, les écarts d'inflation se sont accentués depuis début 2021. Par exemple, pour un niveau moyen de 4,9 % au mois d’avril 2022 pour la France métropolitaine, l’inflation peut aller de 4,0 % pour les moins de 30 ans à 5,9 % pour les ménages vivant en milieu rural. L’énergie contribue principalement à ces différences, et dans une moindre mesure l’alimentation. 

La structure de la consommation varie sensiblement d'un type de ménage à l'autre 

En avril 2022, le dernier mois connu au moment de la réalisation de cette étude, le glissement annuel des prix à la consommation s’est élevé à 4,9 % sur un an, en France métropolitaine. Ce niveau d’inflation est calculé pour un panier de biens et services reflétant la structure moyenne de consommation des ménages. Il peut ainsi différer de l’inflation supportée d’un ménage à l’autre, car leur structure de consommation varie sensiblement selon leurs caractéristiques et leurs préférences.

Par exemple, le poids des dépenses d’énergie du logement tend à augmenter avec l’âge. Les ménages ouvriers ou employés, de leur côté, dépensent davantage en proportion de leur revenu pour le logement (hors énergie) mais moins que les cadres en hébergement-restauration. Les habitants des zones rurales ont davantage de dépenses de carburant et d’énergie du logement (voir figure 1).

Comme la voiture leur est souvent indispensable dans leurs déplacements, leur consommation en carburant est souvent importante, et les prix à la pompe où ils s'approvisionnent peuvent localement être plus élevés qu'en zone urbaine. Par ailleurs, au sein d’une même catégorie de ménages, les dépenses pour certains postes peuvent varier très fortement, voire être nulles pour un grand nombre d’entre eux, comme pour les carburants. 

Figure 1 ©

Des écarts d’inflation de plus en plus marqués entre les catégories de ménages 

L'augmentation des prix à la consommation s’est accentuée fin février 2022 avec le déclenchement de la guerre en Ukraine. Elle s’accompagne d’écarts d’inflation qui sont allés en grandissant entre catégories de ménages (voir figure 2). Ce mouvement prolonge une poussée déjà prononcée sur l’année 2021, hormis deux ralentissements temporaires en lien avec la situation sanitaire. Si l’exposition à l’inflation est inégale selon les ménages, elle s’inscrit toutefois dans la suite d’une année 2020 d’inflation modérée, où les plus exposés aujourd’hui ont également été en général moins touchés auparavant. 

Figure 2 ©

En avril 2022, les écarts entre catégories peuvent atteindre près de deux points selon la catégorie socio- professionnelle, l’âge ou encore le type de commune de résidence. Pour un niveau moyen de 4,9 % en avril 2022 en France métropolitaine, l’inflation sur un an pouvait aller de 4,0 % pour les moins de 30 ans à 5,9 % en milieu rural. Les habitants des zones rurales ont été ainsi confrontés à un surcroît d'inflation d'un point (voir figure 3).

Figure 3 ©

Les agriculteurs et les plus de 75 ans sont, dans leur ensemble, les plus touchés par l'inflation 

Par catégorie socio-professionnelle, les agriculteurs sont particulièrement concernés (+1,1 point). Par âge, les personnes de plus de 75 ans sont les plus touchées. Ces écarts atteignent également presque 0,5 point selon le décile de revenu. La période récente se distingue nettement des six dernières années (2015-2021) où l’inflation se situait en moyenne à 1,3 % par an et où les disparités selon les catégories de ménages ne dépassaient pas alors 0,1 point.

Il faut remonter à la fin des années 2000 pour observer une inflation nettement au-dessus de 2 %. Le glissement annuel des prix à la consommation s’élevait à 3,3 % en mai 2008, des divergences notables entre catégories pouvaient s’observer en particulier pour les ménages modestes et/ou vivant en milieu rural (ces derniers en particulier ayant connu un taux d’inflation de 0,6 point supérieur à la moyenne)1 

Les dépenses en énergie, principales responsables des écarts d'inflation entre les ménages 

Quelle que soit la catégorie de ménage, c’est l’énergie qui contribue principalement aux disparités estimées en avril 2022 entre catégories (voir figure 4). L’alimentation n’intervient que dans un second temps, n’excédant pas 0,2 point en écart à la moyenne. Par exemple, pour les 75 ans et plus, la contribution de l’alimentation est de 0,2 point (pour un écart de +0,8 point).

Enfin, le poids des services n’est également pas à négliger. Ils participent, pour les cadres notamment, à un renchérissement relatif de +0,4 point, en raison du moindre poids de l’énergie dans leur structure de consommation. Ces premières estimations illustrent les disparités entre les différentes catégories de ménages dans la situation actuelle, mais elles ne rendent que partiellement compte de la diversité des situations. Au sein d’une même catégorie, les situations individuelles peuvent en effet être potentiellement assez différentes. 

Figure 4 ©

Synthèse rédigée le 28 juin 2022 par David Brion, responsable des études Insee Bourgogne-Franche-Comté à partir de l'article de la note de conjoncture nationale de l'Insee de Charles-Marie Chevalier

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