Macron tranche sur le voile dans l'espace public : "Ce n'est pas l'affaire de l'Etat"

Publié le 27/10/2019 - 11:26
Mis à jour le 28/10/2019 - 09:07

« Le port du voile dans l’espace public n’est pas l’affaire de l’Etat« . Jeudi, Emmanuel Macron a voulu clarifier sa position sur cette polémique qui depuis 15 jours divise au sein même du gouvernement, et dont se sont emparées la droite et l’extrême droite.

 © D. Poirier
© D. Poirier

En voyage à La Réunion, le chef de l'Etat, que ses opposants comme ses partisans pressaient d'intervenir sur ce sujet sensible, a tranché par une formule lapidaire. "Le port du voile dans l'espace public n'est pas mon affaire. Dans les services publics, à l'école, c'est mon affaire", a-t-il dit.

"Dans les services publics, il y a un devoir de neutralité. Quand on éduque nos enfants, on demande qu'il n'y ait pas de signe religieux ostentatoire. Après, ce qui se passe dans l'espace public, c'est pas l'affaire de l'Etat ou du président de la République", a-t-il dit sur la chaîne Réunion la 1ère.

Mais il n'a pas directement évoqué le cas des mères voilées accompagnantes de sorties scolaires, que LR et le RN veulent faire interdire.

Il répond à Marine Le Pen

Relancée par un élu RN qui s'en est pris à une accompagnante voilée dans une réunion publique, la question du voile enflamme les débats et au-delà des sorties scolaires, s'étend à la place du voile dans la société.

Emmanuel Macron a répondu jeudi d'abord à la présidente du RN Marine Le Pen, qui demande l'interdiction du voile et des signes religieux ostentatoires dans "tout l'espace public".

Et aussi à son ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, qui a jugé que le voile n'était "pas souhaitable dans notre société", car contraire aux valeurs de l'égalité hommes-femmes.

Le voile en sortie scolaire, ne pose "pas de difficultés" - Sibeth Ndiaye

Une prise de position vivement critiquée par des députés macronistes et, indirectement, par la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye à qui le voile durant les sorties scolaires ne pose "pas de difficultés".

Une majorité divisée

La majorité est apparue encore plus divisée quand Aurore Bergé, porte-parole LREM, s'est dite prête à voter un texte de l'opposition LR, déclenchant un tollé d'autres élus macronistes.

LR a déposé une proposition de loi pour interdire le voile lors des sorties scolaires, qui sera examinée mardi au Sénat.

Un texte qui risque d'alimenter la polémique alors que mi-octobre, Edouard Philippe avait tenté de siffler la fin de la récréation en précisant qu'il n'était pas question d'une nouvelle loi sur les accompagnants scolaires.

Contre le communautarisme

Le chef de l'Etat, qui a appelé à plusieurs reprises à ne pas faire d'amalgame et "stigmatiser" les musulmans, s'en est de nouveau pris jeudi avec virulence au "communautarisme", en allusion à l'islam politique, qu'il a plusieurs fois dénoncé ces dernières semaines.

"Le voile est utilisé dans certaines circonstances, certains quartiers, par certains, comme instrument de revendication et de séparatisme dans la République, qu'on appelle communautarisme", a dit Emmanuel Macron.

Alors qu'il a renoncé juqu'ici à un grand discours sur la laïcité, Emmanuel Macron a fait de la lutte contre le communautarisme l'un de ses chevaux de bataille, à l'approche d'élections municipales où la majorité comme l'opposition de droite et les Verts craignent l'émergence de listes communautaires.

"Il y a aujourd'hui des femmes et des hommes qui disent "de par ma religion je n'adhère plus aux valeurs de la République, je sors mon enfant de l'école, je refuse qu'il aille se baigner avec d'autres (...) et au nom de ma religion je porte un autre projet politique". Et ça c'est un problème pour moi, avec une revendication qui devient politique", a insisté le chef de l'Etat.

En avril, il avait déjà dénoncé le "communautarisme qui s'est installé dans certains quartiers de la République" et annoncé qu'il serait "intraitable" face à l'"islam politique qui veut faire sécession avec notre République".

Mais il a plaidé de nouveau contre la stigmatisation d'une seule religion, après avoir ces derniers jours craint une "coagulation" dans les esprits entre communautarisme et islam.

(AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Société

Solidarité internationale et éducation : la Ville de Besançon ouvre son appel à projets

La Ville de Besançon ouvre son appel à projets destiné aux associations menant des actions de solidarité internationale ou d’éducation à la citoyenneté mondiale. Une enveloppe globale de 15.000 euros de dotations est prévue et sera répartie entre les projets retenus. Les candidatures sont possibles jusqu’au 1er avril 2026.

DNC, Mercosur… Force ouvrière Franche-Comté dénonce une répression des manifestations d’agriculteurs

Le syndicat Force Ouvrière Conseil régional Franche-Comté Bourgogne a publié, ce mois de janvier 2026, un communiqué dans lequel il fait part de sa position concernant les manifestations d’agriculteurs. Le texte indique que le syndicat "dénonce la répression que subissent les agriculteurs qui manifestent pour revendiquer leurs droits de s’opposer à l’abattage systématique de leurs troupeaux et à la signature du traité du Mercosur".

Il n’y aura pas de vaches montbéliardes au Salon de l’agriculture 2026 à Paris

Le président de Montbéliarde Association, Samuel Carrey a annoncé ce mardi 13 janvier 2026 sur Ici Besançon que les vaches montbéliardes ne participeront pas au prochain Salon international de l’agriculture, prévu à Paris du 21 février au 1er mars 2026. Comme pour plusieurs autres races bovines, notamment les limousines, landaises, parthenaises et charolaises, cette absence est liée à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

Festival des solutions écologiques : dépôt des dossiers de candidatures jusqu’au 27 février 2026

La Région Bourgogne-Franche-Comté invite les personnes et associations agissant en faveur de l’alimentation locale et durable à présenter leurs initiatives avant le 27 février 2026 en déposant leur candidature en ligne. 

Jours fériés 2026 : le calendrier complet et les ponts possibles…

Comme chaque année, et malgré les velléités de réforme (François Bayrou n’y sera donc pas parvenu), l’année 2026 compte 11 jours fériés en France. Mais puisque le 1er janvier est déjà derrière nous, il n’en reste plus que 10 à venir. Tour d’horizon des dates à retenir et des opportunités pour profiter de longs week-ends.

Ovinpiades des Jeunes Bergers : la relève ovine en compétition le 15 janvier en Franche-Comté

La finale régionale Franche-Comté des Ovinpiades des Jeunes Bergers se tiendra le mercredi 15 janvier 2026 au lycée agricole de Vesoul AgroCampus, à Port-sur-Saône. L’événement s’inscrit dans un contexte stratégique pour la filière ovine française, confrontée à des enjeux de renouvellement des générations et de souveraineté alimentaire.

Entre inquiétudes mondiales et humour local, le préfet du Doubs présente ses vœux

À l’occasion de la cérémonie des vœux à la préfecture, le préfet du Doubs, Rémi Bastille, a dressé un bilan de l’année 2025 et présenté les grandes priorités de l’État pour 2026. Comme à son habitude, il a aussi glissé une touche d’humour et de légèreté, bienvenue ”dans une période qui en manque singulièrement” , dans un contexte international tendu.

Stimuler le cerveau sans chirurgie : un chercheur bisontin au cœur d’un ouvrage international

Un nouvel ouvrage collectif, Le Manuel de la stimulation cérébrale transcrânienne non invasive dans le domaine cognitif : méthodes, psychophysiologie, neuroamélioration et applications thérapeutiques, est paru le 8 décembre 2025 et dresse un état des lieux approfondi des connaissances et des perspectives dans le champ de la neuromodulation cérébrale. L’ouvrage est co-édité notamment par le professeur Vincent Van Waes, directeur du Laboratoire de Recherches intégratives en neurosciences et psychologie cognitive (UMR INSERM 1322) à l’Université Marie et Louis Pasteur à Besançon.

Vigilance hivernale : VNF appelle à la prudence face aux canaux gelés

Face à la baisse des températures et aux épisodes de gel observés dans la région, Voies navigables de France (VNF) lance un appel à la prudence jeudi 8 janvier 2026. L’établissement public alerte sur les dangers liés aux canaux, rivières et plans d’eau gelés, soulignant que ces situations peuvent présenter des risques graves, voire mortels.

Jobs d’été 2026 : le CHU de Besançon ouvre ses recrutements aux étudiants

Le CHU de Besançon lance sa campagne de recrutement pour les jobs d’été 2026. Comme chaque année, l’établissement hospitalier propose environ une centaine de remplacements destinés aux étudiants pendant la période estivale, qui s’étend du 15 juin au 30 septembre. Les candidatures sont ouvertes dès à présent et jusqu’au 27 février 2026.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 7.3
légère pluie
le 15/01 à 06h00
Vent
2.69 m/s
Pression
1018 hPa
Humidité
92 %