Peugeot : de nombreuses réactions dans la région

Publié le 14/07/2012 - 14:46
Mis à jour le 16/07/2012 - 07:22

Les élus francs-comtois ont été nombreux à réagir à la suite de l’annonce de la suppression de 8000 postes dans le groupe PSA. Ci-dessous les réactions de Barbara Romagnan, Eric Alauzet, Marie-Guite Dufay, Sophie Montel et Claude Jeannerot.

inquiétude

Barbara Romagnan, député PS du Doubs

« Jeudi matin, le groupe PSA Peugeot-Citroën a annoncé la suppression de 8 000 postes. Cette annonce est un terrible choc pour les salariés de PSA mais aussi pour ceux des sous-traitants qui seront inévitablement touchés : au total, ce sont 2 à 3 fois plus de licenciements indirects, touchant ainsi de plein fouet le tissu local des territoires concernés. Il s’agit là d’un plan sans précédent depuis au moins 20 ans et je condamne la brutalité de cette nouvelle et l’ampleur de cette restructuration (…)

Au-delà du choc, les pouvoirs publics doivent conduire fermement PSA Peugeot-Citroën à s’engager dans un plan ambitieux d’accompagnement des salariés mais aussi permettre le maintien d’activités industrielles sur tous les sites (…) Je resterai très vigilante sur ce dossier qui nous concerne tous en Franche-Comté, berceau de Peugeot ».

Eric Alauzet, député EELV du Doubs

« L’annonce de licenciements massifs sur les différents sites du groupe Peugeot constitue une véritable catastrophe économique et sociale nationale. Le fait que le site de Peugeot Sochaux soit épargné ne peut pas nous rassurer. Il est hors de question de se résigner et d’assister sans réagir à l’effondrement de la filière automobile française. Ce qui implique de construire une solution nouvelle.

Pour cela, il faut dépasser la seule vision comptable et court-termiste. Il y a des coûts sociaux à prendre en compte. Il est plus que temps de mettre en place sur le site une reconversion urgente, pour préserver l’appareil économique, industriel, et donc les emplois.

Pour cela, il est indispensable d’évoluer vers un produit du 21e siècle : lutter contre l’obsolescence programmée pour des véhicules plus robustes et solides, des véhicules sobres, de petite taille (la voiture de 600 kg), à encombrement minimal (réduction des embouteillages et des difficultés de stationnement), à coût d’achat et d’usage moins élevé.

La crise n’a pas été anticipée par les constructeurs. Pire, PSA a continué à parier sur le seul diesel pourtant réputé pour son risque sanitaire malheureusement confirmé récemment ».

Marie-Guite Dufay, présidente de la Région

« L’annonce faite par PSA est un choc profond pour l’ensemble de notre pays. Je déplore la brutalité de l’annonce et son caractère unilatéral. Dans cette situation de crise de l’industrie automobile, c’est avant même l’annonce de plans sociaux que la négociation est indispensable avec les partenaires sociaux et les pouvoirs publics, afin que les décisions prises intègrent des mesures de protection des salariés et de sécurisation professionnelle.

Concernant la Franche-Comté, les premières annonces laissent apparaître que le secteur recherche et développement sera le plus impacté. Je m’inquiète d’une telle décision, qui n’est pas un choix porteur pour l’avenir.

Je tiens aussi à rappeler mon inquiétude au sujet de l’alliance entre PSA et General Motors. Une nouvelle stratégie industrielle commune se prépare au sein du groupe. Les contenus seront annoncés semble-t-il à l’automne. Là encore, le travail se fait dans l’ombre et les décisions prises en matière de stratégie d’achat par exemple impacteront fortement la sous-traitance : ce n’est pas anodin dans une région telle que la Franche-Comté ».

Sophie Montel, conseillère régionale FN

« Les élections présidentielles et législatives tout juste passées, les annonces de suppressions de postes en France s’accumulent : AIR France (5 000), SANOFI (entre 1 000 et 2 000) et PSA (8 000)… Dans le Doubs, le site historique de PSA Sochaux va ainsi perdre 579 postes dont 369 pour le secteur Recherche et Développement. Au total avec les répercussions sur les sous-traitants et les équipementiers, ce sont bien des dizaines de milliers d’emplois qui vont disparaître dans l’industrie automobile française (…).

Le gouvernement socialiste ne fera donc rien pour sauver l’industrie automobile dans l’hexagone, pas plus que le gouvernement UMP n’a sauvé l’industrie sidérurgique, pour la bonne et simple raison que leur soumission aux diktats de Bruxelles et à l’ultralibéralisme est totale !

Durant la campagne présidentielle, Marine Le Pen a rappelé que pour protéger efficacement et rapidement nos industries et nos entreprises de la concurrence déloyale des pays à bas coût de production, il fallait instaurer des droits de douane à nos frontières et des quotas d’importation. La ré-industrialisation de notre pays passe nécessairement par le rétablissement de notre souveraineté nationale ! ».

Claude Jeannerot, sénateur et président du conseil général du Doubs

« Devant les annonces de suppression de postes et de fermeture de sites de productions d’Aulnay-sous-Bois et Rennes faites par le groupe automobile PSA, l’inquiétude touche fortement nos concitoyens et particulièrement nos administrés du Doubs.

C’est pourquoi je me suis adressé à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, lors de la séance de questions au gouvernement au Sénat.

Les salariés du site PSA de Sochaux, berceau historique du groupe, attendent toujours des  précisions sur l'impact du plan sur leur situation, sans oublier les sous-traitants dont l’activité ne serait plus assurée. C’est un pan entier de l‘activité économique et de l’emploi dans notre département qui est menacé.

Je resterai attentif et mobilisé quant à l’avenir du groupe en général et des salariés du Doubs en particulier. Avec le gouvernement, nous mettrons tout en œuvre pour soutenir l’emploi sur nos territoires et lutter contre la désindustrialisation de notre pays ».

Economie

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