Rallonge sur les rythmes scolaires : "C'est le flou total" estime Jacques Pelissard

Publié le 07/05/2014 - 15:07
Mis à jour le 16/04/2019 - 15:31

Après l’annonce par le ministre de l’Éducation Benoit Hamon d’une rallonge d’un an de l’aide de l’État aux communes, le président de l’AMF (association des maires de France), le président de l’association des maires de France et maires UMP de Lons-le-Saunier (Jura)  estime qu’il faut maintenant des précisions… 

L'État avait initialement accordé une aide de 250 millions d'euros pour les deux premières années d'entrée en application de la réforme, 2013-2014 et 2014-2015. Pour la rentrée 2013, les 4.000 communes volontaires pour appliquer la semaine de 4,5 jours pouvaient bénéficier de crédits, ensuite réservés aux seules communes en difficultés à la rentrée 2014. Cette aide étant déjà jugée insuffisante, l'ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault avait décidé en novembre 2013 de l'augmenter, à 360 millions d'euros pour l'ensemble des 20.000 communes devant appliquer la mesure à la rentrée 2014; un montant encore loin, toutefois, du coût d'un milliard d'euros estimé par l'association des maires de France. 

"Nous n'avons pas obtenu la pérennisation, mais la reconduction pour une année supplémentaire sans indication du montant", a résumé le président de l’AMF, Jacques Pélissard (UMP). "Avant la présentation du nouveau décret au Conseil des ministres mercredi, M. Hamon a promis que ce montant serait "adapté" aux besoins. "On estimera le montant en fonction des difficultés réelles rencontrées dans certains territoires ruraux, dans un certain nombre de communes", a-t-il dit, assurant que "l'engagement du gouvernement est clair".

Pélissard  : "ce qu'il faut maintenant, c'est qu'on ait des choses précises"

"C'est le flou total. Les besoins, on les connaît, ce qu'il faut maintenant, c'est qu'on ait des choses précises sur ce qui sera accordé aux communes", a martelé M. Pélissard, qui s'était dit satisfait des "assouplissements" proposés au décret de Vincent Peillon, fin avril, par Benoît Hamon.

Dans ce décret complémentaire qui sera publié dans les prochains jours, le principe des cinq matinées par semaine consacrées aux apprentissages fondamentaux dans toutes les classes, à compter de septembre, est maintenu. Les aménagements apportés à cette réforme emblématique se concentrent sur les après-midis d'école. Benoît Hamon reprend aussi l'idée d'une diminution des heures de cours hebdomadaires à 23 heures au lieu de 24, en rognant sur les vacances scolaires, via des "expérimentations".

Mais, malgré ces "ajustements", M. Hamon n'a pas remporté l'adhésion de la communauté éducative: elle a largement rejeté le nouveau projet de décret, lundi, lors d'un vote consultatif au Conseil supérieur de l'éducation (CSE), qui réunit syndicats d'enseignants, fédérations de parents d'élèves et collectivités locales.

Les opposants à la réforme critiquent un acharnement pour faire passer le texte, alors que les partisans de la semaine de 4,5 jours accusent, eux, le nouveau ministre de détricoter la réforme lancée par son prédécesseur.

Pour Benoît Hamon, toutefois, qui compte sur le fait que 94% des communes ont déjà rendu leur projet pédagogique pour l'application de la réforme en septembre, "c'est assez simple: tout le monde est pour (...) dès lors qu'on rentre dans la mise en œuvre de la réforme, c'est toujours plus compliqué".

(avec AFP)


Education

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