Spectacle vivant, audiovisuel, cinéma en Bourgogne Franche-Comté : l’emploi est reparti à la hausse, le salaire moyen reste bas

Publié le 14/03/2024 - 16:37
Mis à jour le 14/03/2024 - 16:42

INSEE • Selon la dernière étude de l’Insee Bourgogne Franche-Comté portant sur l’emploi dans le spectacle vivant, l’audiovisuel et le cinéma publiée le 14 mars 2024, l’emploi dans ces secteurs est reparti à la hausse en 2021 après la période Covid, mais les contrats courts incitent au cumul d’emplois.

En Bourgogne-Franche-Comté, 23.000 personnes sont salariées dans les établissements du secteur du spectacle vivant, de l’audiovisuel et du cinéma en 2021. Le volume de travail est plus modeste avec 6.100 équivalents temps plein sur l’année. Ils concernent minoritairement des professions du spectacle puisque près de 80 % relèvent de fonctions supports. Bousculé par la crise sanitaire un an plus tôt, l’emploi repart à la hausse après la troisième vague épidémique de mars 2021. Le salaire horaire moyen du secteur est proche de celui pratiqué dans le reste de l’économie. Toutefois, coutumiers de multiples contrats courts, les actifs sont rarement employés à temps plein sur une année. Une personne sur deux perçoit un salaire inférieur à 800€ par mois. 

13.400 intermittents du spectacle en 2023 

L’intermittence concerne les emplois en ”CDD d’usage” accordés aux artistes et aux techniciens du spectacle vivant. Elle permet à ces derniers d’alterner des périodes travaillées et des périodes de non-activités pour lesquelles ils bénéficient d’allocations chômage. Alors qu’en 2019, 12.300 personnes travaillent sous ce régime, seules 8.500 le sont l’année suivante sous les effets de la crise sanitaire. Le premier confinement au printemps 2020 puis les restrictions de rassemblement au second semestre ont entraîné une contraction des emplois de 31% cette année-là. Cependant, dès le second semestre 2021, au sortir du 3e confinement, l’activité retrouve son niveau d’avant-crise. La mise en place du ”pass sanitaire” et des jauges d’entrée ne semble pas avoir freiné l’activité. Au final, près de 12.000 personnes ont été employées en tant qu’intermittent du spectacle en 2021. Enfin, avec la fin du ”pass sanitaire” et le retour progressif de la clientèle internationale, la reprise de l’emploi s’intensifie avec plus de 13.000 intermittents enregistrés en 2022 et 2023. 

La précarité des emplois peut conduire à de la pluriactivité 

Les salaires estimés à temps complet sont toutefois théoriques. Le secteur privilégiant les contrats courts, peu d’employés travaillent à temps plein toute l’année. Au niveau individuel, cela se traduit par une succession de contrats, ponctuée de périodes de chômage. La multitude d’embauches successives a contribué à la rapidité de la reprise post-Covid. En 2021, sur les 23.000 personnes ayant travaillé au moins une heure dans un établissement du spectacle vivant et enregistré de la région, seul un tiers a occupé un unique emploi salarié dans l’année. 

En prenant en compte l’ensemble des postes salariés occupés dans l’année (y compris en dehors de la sphère du spectacle vivant et enregistré), le salaire médian mensuel s’établit à 800 € net. En ajoutant les prestations chômage perçues au cours de l’année, le revenu médian s’établit à 1.350 € net par mois. Pour une personne sur quatre, les prestations chômage représentent plus de la moitié de leurs revenus. Certains peuvent compléter leur revenu par des activités non salariées. 

La reprise post-Covid a été plus forte que dans le reste de l’économie 

Après une baisse des embauches de plus de 30 % pendant la crise sanitaire de 2020, la reprise des recrutements dès 2021 a été plus dynamique qu’ailleurs. Les embauches ont retrouvé rapidement, et même dépassé, leur niveau d’avant-crise. Ainsi, dans le secteur du spectacle vivant et enregistré, elles ont progressé de plus de 10 % entre 2019 et 2022. 

Ce constat s’explique par le fait que les embauches en CDD sont plus répandues que dans les autres secteurs. C’est le cas notamment pour les activités des arts du spectacle vivant, de l’édition de chaînes thématiques ou de la production de film cinématographique, où pratiquement la totalité des embauches a lieu sous cette forme de contrat plus flexible pour les deux parties. Ainsi, les mouvements de main-d’œuvre sont nombreux dans le spectacle vivant et enregistré. Les embauches et les sorties d’emplois représentent 11% des flux observés tous secteurs confondus.
La reprise rapide par rapport aux autres secteurs est probablement due au fait que les productions cinématographiques et télévisuelles ayant été reportées, voire arrêtées, des embauches en nombre ont été nécessaires pour réaliser le stock de projets en attente. De plus, une forte demande de divertissement après la période de confinement et d’arrêt des activités culturelles a soutenu la production. 

Plus de 8 travailleurs indépendants sur 10 sont des auto-entrepreneurs 

En Bourgogne-Franche-Comté, 6.630 travailleurs indépendants exercent une activité relevant du spectacle vivant et enregistré en 2021. Dans ce secteur, le statut d’auto- entrepreneur est largement privilégié. En effet, 82 % d’entre eux exercent sous ce statut contre 43% toutes activités confondues. Ce régime offre de nombreux avantages comme des formalités de créations d’entreprises simplifiées mais également un régime fiscal allégé. Cependant, leurs revenus sont faibles, 4.000€ par an en moyenne en 2021 contre plus de 13.000€ par an (donnée 2020) pour les travailleurs indépendants dits ”classiques”.

En effet, une auto- entreprise doit, au-delà d’un certain niveau de chiffre d’affaires (et par extension de revenus), changer de statut. Pour autant, entre 2019 et 2021, les créations d’entreprises dans le secteur du spectacle vivant et enregistré sont dynamiques, notamment pour les auto-entrepreneurs dont le nombre a augmenté de 17% entre 2019 et 2021. Trois auto-entrepreneurs sur dix et près de 10% des autres travailleurs indépendants exercent en parallèle une activité salariée, contre respectivement 22% et 6% tous secteurs confondus. Cela leur permet de compléter leurs revenus.

Source : Clément Maneyrol, Philippe Rossignol (Insee) 

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