Thomas Charenton : "Il fallait réinsuffler un peu d’air frais" au musée du Temps

Publié le 28/06/2013 - 16:19
Mis à jour le 28/06/2013 - 19:10

Jamais terminé, le musée du Temps de Besançon ne présentait depuis dix ans qu’une minime partie de ses collections, laissant dans ses réserves des pièces maîtresses. Thomas Charenton, son conservateur, vient de totalement réagencer ce musée, sans pour autant faire de grand travaux. Explications.

explications

maCommune.info : Pourquoi avoir décidé de réagencer le musée du Temps ?

Thomas Charenton : "Le musée du Temps a été inauguré en 2002, en dix ans un musée a le temps de vieillir, de devenir obsolète. Il fallait donc lui réinsuffler un peu d'air frais, le remettre à neuf, c'est en fait la vie naturelle de tous les musées. En outre le musée du Temps est un cas un peu particulier : le projet initial qui avait été conçu n'a jamais été entièrement réalisé, et les visiteurs n'étaient confrontés qu'à une partie du discours, qu'à une partie d'un parcours de visite prévu à l'origine. Il y avait dans le musée des manques de cohérence importants, on passait d'un thème à l'autre, d'une époque à l'autre sans aucune transition, ce qui rendait la visite vraiment compliquée.

Il fallait remettre un peu de sens là-dedans, et réécrire une histoire, réécrire un propos qui permette d'offrir aux gens un parcours de visite cohérent. Tout l'intérêt du travail était là, un musée du Temps, ça n'existe qu'à Besançon, c'est une grande chance pour la ville, mais c'est aussi un défi. Ce qu'on y voit et ce qu'on y explique ne relève pas de l'évidence, il faut construire le discours de ce musée."

En quoi a consisté ce réagencement ?

"La première chose, c'est de réinventer un parcours de visite en partant de nos collections, de notre patrimoine, pour essayer de mettre le plus possible cette richesse en valeur. Ensuite il a fallu imaginer la disposition dans l'espace de ces collections en composant avec toutes les contraintes d'espace. On n'a pas créé un musée, on s'est glissé dans un espace existant, dans des vitrines déjà en place. On a donc dû faire des choix, trouver des adaptations, parfois renoncer à certaines choses, mais en gros, on a pu mettre sur pied le scénario de visite que nous souhaitions, qui brasse un maximum de thématiques et d'époques, avec le maximum de collections patrimoniales. Ce réagencement a été complexe, on ne déplace pas comme ça des pièces d'immense valeur, mais il nous a permis d'obtenir la disposition des collections que nous souhaitions. Quelques vitrines ont été rajoutées, d'autres ôtées, des salles importantes comme la fameuse salle de la Tenture ont complètement changé de physionomie.

Pour accompagner ce redéploiement des collections, un gros travail a aussi été fourni sur l'information donnée aux visiteurs. Tous les textes ont été réécrits, et la signalétique entièrement reprise, aussi bien dans  le contenu, que dans tout ce qui relève de l'information directionnelle. On a essayé de rendre le sens de la visite plus clair, au propre et au figuré." 

Redonner plus d'importance à la famille Granvelle dans son palais vous paraissait-il indispensable ?

"Le musée du Temps n'est pas situé n'importe où, il est installé dans le palais Granvelle et le lieu qui l'abrite est partie intégrante du propos. Le musée se conçoit comme un musée de la mesure du Temps, mais aussi comme un musée qui explore le Temps dans sa dimension historique, à travers les traces du passé qui sont parvenues jusqu'à nous. Il était donc naturel de commencer par rendre justice au monument historique.

De plus, les Granvelle permettent d'illustrer énormément de thématiques, grâce aux collections qu'ils ont rassemblées, depuis l'horlogerie, avec la fameuse horloge du cardinal de Granvelle, jusqu'aux nombreuses représentations symboliques et allégoriques du Temps grâce aux œuvres d'art issues de leurs fonds."

Les visiteurs peuvent découvrir de nombreux objets sortis des réserves. Quelles en sont les pièces majeures ?

"Le musée insiste désormais beaucoup plus sur le rôle de Besançon comme capitale horlogère, on peut voir au musée beaucoup plus de collections issues de l'horlogerie bisontine, comme les fameuses montres Lip. Outre les collections prestigieuses d'horlogerie, déjà visibles auparavant, comme les globes de Berthoud, les planétaires de Janvier, ou encore la célèbre Leroy 01, le musée accueille des chefs d'œuvre dans le domaine des arts, comme la Déploration sur le Christ mort, par le Bronzino, issue du musée des beaux-arts."

Outre ce nouveau parcours muséal, quelle est l'actualité du musée du Temps en cet été 2013 ? 

"Cet été, trois expositions sont à visiter au musée du Temps. Au rez-de-chaussée, dialoguant avec le plan-relief, une sélection de photographies des plus belles demeures bisontines autour de la sortie d'un ouvrage qui retrace l'évolution de l'habitat à Besançon depuis le Moyen-Âge.

Au troisième, sous la charpente du Palais, deux expositions (NDLR : à partir du 6 juillet 2013), d'une part la présentation des collections liées à l'horloge parlante, dont on fête cette année les 80 ans. Il s'agit d'un dépôt par l'Observatoire de Paris au musée du Temps. D'autre part une exposition-dossier autour de la figure de Parmentier, fondée sur le manuscrit original de son travail sur la pomme de terre, conservé à Besançon, à la bibliothèque municipale. A voir jusqu'au 13 octobre !"

Pour découvrir en quelques images choisies le "nouveau" musée du Temps, lire notre article ci-dessous. 

Culture

Détonation 2026 à Besançon : le festival revient les 25 et 26 septembre avec plus de 40 artistes

PUBLI-INFO • Le Festival Détonation revient pour sa 13ème édition les 25 et 26 septembre 2026. La formule expérimentée depuis 2024 est désormais bien ancrée dans l’esprit des festivaliers. La configuration qui replace la Rodia au cœur de l’événement, reste la même : 4 scènes toutes abritées telles que la Grande Salle, les deux bals montés et le Bezac Soundsystem sous la terrasse. Et pour compléter l’expérience festivalière,
La Rodia propose plusieurs bars, espaces de détente, food-trucks, animations, stands associatifs... tout ça au bord du Doubs avec vue sur la Citadelle !

Livres dans le Boucle : une 11e édition couronnée de succès

Le festival littéraire Bisontin a clôturé ce dimanche 20 septembre 2026 sa 11e édition par un nombre de visites boosté de 8% par rapport à l’an dernier. Organisateur de l’événement, Grand Besançon Métropole (GBM) a dressé le bilan de cette édition 2026 et annoncé un total de 32.600 visiteurs sur les trois jours de festival.

À Besançon, Livres dans la boucle ouvre sa 11e édition sous le signe de la culture et des passerelles entre les arts

VIDÉO • La 11e édition du festival littéraire Livres dans la boucle a été officiellement inaugurée ce vendredi 18 septembre 2026 au café littéraire, à Besançon. Autour de Ludovic Fagaut, président de Grand Besançon Métropole et maire de Besançon, étaient réunis Nabia Hakkar-Boyer, vice-présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Guillaume de Tonquédec, acteur et auteur et président d’honneur de cette édition, ainsi que les partenaires financiers historiques du festival, Jean-Philippe Marguier, directeur de la communication du Crédit Agricole Franche-Comté, et Fabrice Jeannot, président du groupe immobilier SMCI.
 

Livres dans la Boucle : focus sur les événements consacrés à la jeunesse

Le festival Livres dans la Boucle revient les 18, 19 et 20 septembre 2026 à Besançon. Pour cette 11e édition, les plus jeunes aussi seront à l’honneur avec une programmation riche et variée. Ateliers, rencontres, lectures seront autant d’occasions de savourer des histoires, apprécier des créations, développer son imaginaire pour découvrir le plaisir de lire tout simplement.

Une double exposition fait son entrée à la Citadelle de Besançon

Du 20 septembre au 1er novembre 2026, la Citadelle de Besançon accueille "Forts des confins & forts des collines", une double exposition consacrée au travail de l’auteur-photographe Michel Eisenlohr. Elle propose ainsi une "plongée visuelle et historique dans l’univers des fortifications, entre Sud de la France et ceinture défensive bisontine", souligne la Citadelle.

Livres dans la Boucle : le programme du président d’honneur, Guillaume de Tonquédec

Comédien connu pour ses rôles au cinéma et au théâtre, Guillaume de Tonquédec présidera la 11e édition de Livres dans la Boucle, placée sous le thème du "Livre à la croisée des arts". Il interviendra tout au long du week-end lors de plusieurs temps forts du festival les 18, 19 et 20 septembre 2026 à Besançon.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Les données météo sont momentanément indisponibles.

Sondage