Des médecins de Besançon pour la fin du fichage des gilets jaunes blessés

Publié le 10/05/2019 - 11:43
Mis à jour le 10/05/2019 - 12:06

Plus de cent médecins de France ont appelé ce mercredi 8 mai 2019 à l’arrêt des fichages des gilets jaunes aux urgences. Dont Thinès Laurent, neurochirurgien et professeur à Besançon, et Philippe Humbert, dermatologue. Ils répondent par une « désobéissance éthique » et demandent l’ouverture d’une enquête parlementaire…

gilet jaune
© Hélène Loget
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« Nous refusons le fichage des « Gilets jaunes » blessés arrivant aux urgences » clament ces médecins travaillant aux six coins de l’hexagone dans une tribune de l’Express.

Une liste qui recense les gilets jaunes blessés

Selon eux, le dispositif SI-VIC, utilisé à l’origine pour les attentats, est « détourné par l’administration hospitalière et les agences régionales de santé. »

Les autorités sanitaires « enjoignent médecins et équipes soignantes à rentrer dans cette base de données les patients « gilets jaunes« , à saisir leurs identités et données médicales mais aussi tout élément d’identification physique pour remonter des informations aux différentes autorités. »

Et d’ajouter : « La tenue en temps réel, comme demandée par les autorités, permet une identification et une localisation précise des patients. »

Le secret professionnel remis en cause ?

Selon eux, ces pratiques sont « parfaitement anti déontologiques », d’autant plus qu’« aucune information n’est donnée aux patients sur ce fichage, aucun consentement n’est recueilli. »

Pour justifier cette position, les médecins mettent en avant leur attachement « viscéral » au secret professionnel ;  pour les gilets jaunes blessés, « de même que nous nous opposons à tout autre fichage des patients sans leur consentement, visant à une transmission des données en dehors de l’hôpital à des fins autres que médicales. »

Désobéissance éthique

Pour eux, « nous sommes face à l’institutionnalisation d’une dérive inacceptable: le fichage de patients à des fins possibles d’exploitations politiques ou judiciaires. Cette dérive constitue une faute pénalement répréhensible. »

Face à des « demandes illégales », ces médecins répondent donc par « un devoir de « désobéissance éthique« . Nous refusons d’obéir à l’Administration. »

Ils demandent enfin « l’ouverture d’une enquête parlementaire pour faire toute la lumière sur l’utilisation dévoyée du logiciel SI-VIC ».

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