5 à 7 milliards d'euros de garanties à la banque de PSA

Publié le 23/10/2012 - 14:20
Mis à jour le 15/04/2019 - 09:29

L’Etat apportera des garanties à hauteur de cinq à sept milliards d’euros à la Banque PSA Finance (BPF) et exigera comme contrepartie du constructeur PSA-Citröen, sa maison-mère, qu’il réduise son plan social annoncé en juillet de plusieurs centaines d’emplois.

"L'Etat pourrait garantir à hauteur de cinq, voire sept milliards les futures émissions de titres sur le marché" de Banque PSA Finance, auxquels s'ajouterait un financement de la part des banques", a expliqué une source proche du dossier. Au cours d'une réunion lundi soir à Matignon avec le groupe automobile, le gouvernement a également obtenu qu'un représentant des salariés et un administrateur "indépendant" qui "fasse le lien avec l'Etat" siègent au conseil de surveillance du groupe français, a précisé la même source.

Tous deux pourraient avoir leur mot à dire sur le choix des affectations des sites de construction des véhicules et sur les alliances stratégiques du groupe, selon cette source. PSA Peugeot Citroën doit précisément lever le voile mercredi sur son alliance avec General Motors (GM), qui a pris 7% de son capital.

Le constructeur, contacté s'est refusé à tout commentaire.Les conseillers du Premier ministre Jean-Marc Ayrault et des ministres des Finances, Pierre Moscovici, et du Redressement productif, Arnaud Montebourg, se sont réunis lundi à Matignon avec Pierre Todorov, secrétaire général de PSA, qui souhaitait trouver un accord avant la publication mercredi de son chiffre d'affaires du troisième trimestre.

Le gouvernement a indiqué la semaine dernière qu'il étudiait une forme de soutien public à BPF et de son modèle de financement qui repose uniquement sur des emprunts bancaires ou sur les marchés. L'abaissement brutal de ses notes par les trois grandes agences de notation met en péril sa capacité à aller se refinancer sur les marchés. Dans un entretien publié mardi par Libération, M. Montebourg a détaillé les
contreparties qu'il demande à PSA pour le soutien à sa banque. "C'est le principe du donnant-donnant", a-t-il affirmé, tout en soulignant que "dans ce dossier, c'est PSA qui est demandeur".

Pour lui, il est nécessaire de "reformater" le plan de suppression de 8.000 emplois, qui prévoit la fermeture du site d'Aulnay-sous-Bois en 2014.  La "réduction de l'impact social doit se chiffrer en centaines d'emplois préservés", a-t-il affirmé, tout en précisant que le geste demandé au constructeur ne peut être ni "symbolique" ni "anecdotique".

"L'objectif doit être zéro salarié PSA à Pôle Emploi", a-t-il assuré. Les contreparties qu'il a présentées à PSA Citroën lors de la réunion de lundi demandent notamment que "les 3.000 salariés (d'Aulnay) soient reclassés
en interne ou à travers la réindustrialisation du site". A Rennes, où le constructeur prévoit 1.400 suppressions d'emplois, le ministre souhaite "des garanties sur ce que PSA compte proposer à ces salariés en attendant la reprise de l'activité, prévue en 2016 avec la fabrication d'un nouveau modèle".

M. Montebourg, qui cite comme exemple la coopération public-privé qui a permis notamment à GM de se redresser aux Etats-Unis, demande également que le groupe "réduise le nombre de postes supprimés dans la recherche et développement".Après la présentation mercredi de son chiffre d'affaires, PSA Citroën participera jeudi à une réunion tripartite avec M. Montebourg, des élus locaux et des syndicalistes.

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