Covid-19 : Eric Alauzet se dit "pour" l'installation de vaccinodromes dans le Doubs

Publié le 07/01/2021 - 18:27
Mis à jour le 12/02/2021 - 17:39

Pour ou contre l’installation de vaccinodromes dans le Doubs ? Pour ou contre le vaccin ? Pour ou contre l’obligation d’être vacciné pour se rendre dans des lieux publics (concerts, cinémas, restaurants…) ? Nous avons posé nos questions à Eric Alauzet, député du Doubs et médecin de profession.

Eric Alauzet © Hélène Loget ©
Eric Alauzet © Hélène Loget ©

Jugez-vous utile d'installer des "vaccinodromes" à Besançon et dans le Doubs ?

Eric Alauzet : "Des centres de vaccinations, absolument ! Je n'utilise jamais le mot de vaccinodrome parce qu'il est trop connoté, d'ailleurs c'est ce qui nous a valu des difficultés de mise en œuvre parce qu'on a été marqué par les vaccinodromes du H1N1 (Pour rappel, ces centres de vaccination avaient déjà été un échec lors de la grippe H1N1). Or, on n'est pas du tout dans la même situation qu'à l'époque du H1N1, qui n'a pas fait autant de malade et de ravage que la Covid-19.

Il faut installer des centres de vaccinations, oui, pour faire feu de tout bois donc il faut utiliser toutes les filières dans la mesure où on a des vaccins. Il faut que le vaccin soit fabriqué, c'est déjà un exploit de l'avoir fait en aussi peu de temps. Souvenons-nous, il y a un an, personne ne croyait à la possibilité d'un vaccin et maintenant on voudrait avoir plusieurs milliards de vaccins pour vacciner la planète entière en quelques semaines, ce n'est pas possible. C'est déjà inespéré d'avoir ce vaccin et commencer la vaccination maintenant.

En tant que médecin et député, souhaitez-vous vous faire vacciner dès que vous le pourrez ?

Eric Alauzet : Dès que possible ! Et à plusieurs titres : déjà en tant que médecin, évidemment, je pense que tous les soignants devraient se vacciner, c'est un impératif puisqu'on fait partie de ceux qui peuvent être les barrières à la diffusion de l'épidémie. En plus, j'ai 62 ans et en plus je suis député, donc je me dois à tous ces titres de le faire et de montrer l'exemple. Donc dès que je pourrai, je me ferai vacciner, bien sûr.

Comprenez-vous cette réticence d'une partie de la population française à l'égard de ce vaccin ?

Eric Alauzet : "Je comprends qu'il y ait une réticence globale à l'encontre du vaccin, du pouvoir en général, du gouvernement en particulier. Ce n'est pas que le vaccin.

En comparaison, je repensais récemment à l'arrivée de la télévision en couleur : en retombant sur un article du Figaro, on y retrouve exactement les mêmes vocabulaires. Les Français avaient une méfiance extrême vis-à-vis de la télé couleur, ils n'avaient pas confiance, etc. Aujourd'hui, ça fait 60 ans qu'elle existe.

Ce n'est pas nouveau, ça s'est sans doute accentué notamment à la suite de scandales avec des médicaments, mais ce n'est pas parce qu'on a le scandale du Mediator, du Distilbène et quelques autres qu'il faut oublier les services immenses rendus par la médecine, des milliers de médicaments qui sont efficaces et utiles. Après, je fais bien la distinction entre les personnes qui ont un doute légitime et celles qui utilisent ce sujet-là pour faire de la politique, y compris l'argument systématique de l'infantilisation, de la victimisation et le mot "liberticide", ça c'est le mot magique. Aujourd'hui, presque systématiquement, vous avez des opposants qui se lèvent et brandissent les pancartes "liberticide".

Je me souviens avoir regardé un reportage dans lequel on voyait un homme qui disait : "Pour moi, la privation de liberté c'est d'être bloqué au lit, de ne pas pouvoir marcher et d'être essoufflé". Il faut arrêter de mettre le mot "liberticide" à toutes les sauces parce qu'on pense que c'est le mot magique pour se dresser contre le gouvernement. J'en veux à celles et ceux qui manipulent le sujet qui est suffisamment grave. La seule façon de maîtriser l'épidémie et de retrouver une vie normale, sociale, économique, c'est cette solution quasi inespérée qu'est le vaccin. (…) On a un vaccin qui marche, et qui marche beaucoup mieux que celui de la grippe et pour l'instant, apporte peu ou pas d'effets secondaires. (…)

On est un peu plombé par le H1N1 qui fait qu'on a voulu prendre cette précaution du consentement qui est sans doute plus difficile à obtenir dans des Ehpad qu'ailleurs de par l'âge des résidents, des facultés intellectuelles qui font que les personnes ont parfois du mal à comprendre ce qu'est ce vaccin. Ils ont perdu parfois confiance en eux donc ils ne savent pas s'ils peuvent le faire ou pas. Et puis ils sont dans un milieu où les personnels soignants sont eux-mêmes très réticents à la vaccination. Quand on sait que près de 85% des aide-soignant.es sont contre la vaccination et qui côtoient quotidiennement ces personnes à qui on demande leur consentement, je ne crois pas que ça les mettent dans des dispositions de confiance. Il y a un vrai sujet de responsabilité du personnel soignant et du discours qu'ils tiennent auprès des personnes âgées."

Seriez-vous pour ou contre l'obligation d'être vacciné contre la Covid-19 pour se rendre dans des lieux publics (concerts, cinémas, restaurants…) ?

Eric Alauzet : "Non, mais comment passe-t-on de l'obligation d'être à jour dans ses vaccinations comme la fièvre jaune pour aller en Guyane par exemple ? Ca existe. De là, à passer à l'obligation de vaccination pour aller dans une salle de cinéma, moi, je ne franchirais pas le pas.

En tous cas, la question n'est pas illégitime puisque ça existe déjà. Il n'est pas exclu que ce qu'on voudrait parfaire nous-mêmes en France soit exigé par des pays voisins. Peut-être des pays demanderont l'attestation de vaccination pour entrer chez eux. Ce n'est pas exclu. Ca va dépendre de comment évolue l'épidémie. Je n'ai jamais réfuté le terme de navigation à vue parce que depuis le début c'est ce qui se passe et c'est normal dans ce contexte où tout évoluera. Vous voyez bien qu'en Angleterre on reconfine en quelques heures parce que la situation devient dramatique.

Aux questions que vous posez comme celle-ci, on ne peut y faire que des réponses temporaires si toutefois on peut faire une réponse. La réflexion peut évoluer dans le temps en fonction de la situation. En tous cas, il y a une responsabilité individuelle d'être un rempart à la diffusion du virus.

Vous savez, on a dit qu'on était en guerre. On vient de trouver une arme, je ne dirais pas qu'elle est atomique, mais une arme puissante qu'est le vaccin. On doit être en résistance face à l'invasion du virus. Comme dans toute situation de guerre et d'invasion, il y a les résistants de la première heure et il y a les résistants de la dernière heure : il y a 40% de Français qui sont les résistants de la première heure et qui sont prêts à se mobiliser dès maintenant pour faire le vaccin et faire barrage à l'invasion virale. Donc tant mieux. Avec ces 40% et les 15% qui ont contracté la maladie, on va s'approcher de l'immunité collective. Alors, faisons avec celles et ceux qui sont les résistants de la première heure et qui veulent contribuer à maitriser l'épidémie pour qu'on retrouve une vie normale, parce que c'est ça l'enjeu. Les autres nous rejoindront, je ne me fais pas de souci."

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