Deux ans de prison avec sursis pour une aide-soignante qui avait drogué ses collègues

Publié le 02/06/2021 - 18:16
Mis à jour le 02/06/2021 - 18:17

Une aide soignante de l’hôpital Nord Franche-Comté, gravement malade, a été condamnée mercredi par le tribunal correctionnel de Belfort à une peine de deux ans d’emprisonnement avec sursis pour avoir drogué douze collègues à leur insu avec des médicaments durant des années.

 © Hôpital Nord Franche-Comté / Facebook
© Hôpital Nord Franche-Comté / Facebook

"Elle sera condamnée par la justice des hommes, mais elle est d'ores et déjà condamnée par la maladie", a plaidé son avocate Me Stéphanie Quenot, alors qu'un "compte à rebours est engagé concernant l'état de santé" de cette femme de 57 ans atteinte d'une tumeur incurable au cerveau.

En raison de sa maladie, la prévenue poursuivie pour "administration de substance nuisible à un professionnel de santé" n'était pas présente à l'audience. Elle a reconnu lors de l'enquête avoir "seringué" les bouteilles de ses collègues "un peu au hasard" en salle de repos ou dans le réfrigérateur du service, sans parvenir à expliquer ses actes.

"Il est acquis que les victimes n'auront aucune réponse à leurs questions, car ses agissements sont inexplicables", a regretté le procureur Eric Plantier, avant de requérir trois ans d'emprisonnement avec sursis.

Entre 2014 et 2019, cette aide-soignante, mariée et mère de deux enfants, a introduit un antalgique et un neuroleptique dans les boissons des ses collègues.

Les victimes avaient trouvé une seringue suspecte dans son sac et elle l'avaient filmée en cachette en train d'agir.

"Mes clientes décrivent toutes les mêmes phénomènes: plus de jambes, des sueurs, elles n'arrivaient plus à garder les yeux ouverts, elles avaient des endormissement tellement profonds que personne ne pouvait les réveiller avant le matin", a décrit Me Alexandre Bergelin.

L'aide-soignante a également admis avoir particulièrement visé l'une de ses collègues. L'avocat de cette dernière, Me Stéphane Giuranna, a souligné la violence des "problèmes d'estime de soi" engendrés par la prise de ces médicaments qui l'ont transformée en "loque pendant cinq ans".

"Je n'ai rien contre elles, je ne me suis jamais disputé avec elles", s'est désolée la mise en cause lors de ses auditions. "Je n'ai jamais voulu faire du mal, il y a quelque chose qui ne va pas dans ma tête".

"Ce n'est pas parce qu'elle ne veut pas donner d'explications, mais parce qu'elle ne les a pas", a assuré l'avocate de la prévenue, décrivant une femme aux "carences affectives considérables", qui "a fait des choses pour pouvoir venir ensuite aider et être valorisée".

(AFP)

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