Éducation : les élèves n'ont jamais été aussi peu nombreux dans l’académie de Besançon

Publié le 22/01/2024 - 18:01
Mis à jour le 25/01/2024 - 15:12

Nathalie Albert-Moretti, rectrice de l’académie de Besançon, a présenté lundi 22 janvier 2024 les moyens prévus pour la rentrée 2024 en Franche-Comté dans les premier et second degrés. Des moyens revus à la baisse en raison d’une importante perte d’effectifs, la pire enregistrée depuis ces 20 dernières années.

L’année 2024 sera guidée par deux orientations principales, comme l’a déclaré la rectrice lundi après-midi : 

  • la première est ”l’engagement durable de l’académie pour les élèves et le personnel à travers un projet académique renouvelé sur lequel on a travaillé pendant plusieurs semaines pour la période 2024 2027”. Ce plan sera dévoilé début février prochain. ”Ce sera notre boussole pour cette période”, a précisé Madame Albert-Moretti.
  • La deuxième orientation concerne ”l’exigence à travers le choc des savoirs annoncé par l’ancien ministre de l’Éducation nationale Gabriel Attal (devenu Premier ministre) qui sera mis en oeuvre avec Amélie Oudéa-Castéra.

”2.866 élèves en moins attendus à la rentrée 2024”

Mais ces orientations seront mises en oeuvre dans un contexte inédit d’une forte baisse des effectifs dans l’académie de Besançon. ”Notre contexte c’est que nous subissons une crise démographique sans précédent depuis ces 20 dernières années : 2.866 élèves en moins attendus à la rentrée 2024 dans les écoles publiques. C’est une déprise persistante puisqu’entre 2018 et 2023, il y avait près de 15.000 élèves de moins dans nos structures scolaires. Cette déprise était visible surtout dans le premier degré, désormais, elle se voit dans le second degré depuis 2023”, a commenté la rectrice.

En raison de ces chiffres, l’académie de Besançon est celle qui perd le plus d’élèves dans le second degré en France ”dans des proportions qui sont près de deux fois supérieures par rapport aux académies déficitaires”, a précisé Nathalie Albert-Moretti.

Patrice Durant, directeur académique des services de l'Education nationale (DASEN) du Doubs, Nathalie Albert-Moretti, rectrice de l'académie de Besançon et Alma Lopes, secrétaire générale de l’académie de Besançon. © Alexane Alfaro

Moins d’élèves donc moins de profs, mais…

Malgré cette situation, la rectrice a évoqué un”devoir d’exigence et de qualité du service rendu pour l’ensemble de nos élèves dans toute l’académie”. Si l’académie va rendre des postes à la rentrée, ce qui est une conséquence logique, ”ces retraits de postes sont amortis par la volonté d’améliorer l’accompagnement des élèves”, a-t-elle affirmé à plusieurs reprises lors de la conférence de presse. Cette volonté se traduit par deux choses : ”un meilleur taux d’encadrement et par des effectifs réduits d’élèves en français et en maths, en 6e et en 5e pour les élèves qui en auront le plus besoin. Ça se traduit aussi par la mise en place des Prépa Lycée pour préparer au mieux les élèves au passage au 2nd degré.”

Dans les chiffres, la dotation académique pour la rentrée 2024, 70 Équivalents Temps Plein (ETP) seront retirés dans le premier degré, 85 ETP en moins dans le second degré. Alma Lopes, secrétaire générale de l’académie de Besançon, a indiqué que cette baisse des effectifs d’encadrement est ”moins proportionnelle pour accompagner la mise en place des moyens mis en oeuvre dans le contexte des mesures du choc des savoirs, les Prépa Lycée et les nouvelles grilles de la voie professionnelle.” Nathalie Albert-Moretti a également parlé de ”solidarité nationale” entre les académies. ”On tient en compte des effectifs, mais pas seulement : territoire, ruralité, éducation prioritaire, évaluations, résultats des élèves… Une alchimie un peu complexe, donc ce n’est pas automatique. Les académies qui voient leurs effectifs augmenter ont besoin de moyens supplémentaires.” 

Patrice Durant, directeur académique des services de l'Education nationale (DASEN) du Doubs, Nathalie Albert-Moretti, rectrice de l'académie de Besançon et Alma Lopes, secrétaire générale de l’académie de Besançon. © Alexane Alfaro

Une phase de test des ”prépa-lycée” en Franche-Comté

Alors qu’il était ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal avait annoncé sa volonté de rehausser la valeur du brevet des collèges et de sanctionner les apprentissages à l’issue de la 3e. Les élèves qui n’obtiendront pas ce diplôme ne pourront pas passer en seconde, quelle que soit la filière, générale, technologique ou professionnelle. Ils seront alors dirigés vers une classe ”prépa-lycée”, soit une sorte de seconde bis qui devra assurer une remise à niveau pour leur permettre d’accéder à une seconde classique dans la filière de leur choix. À noter que le taux d’échec au brevet dans l’académie de Besançon était d’environ 10% l’année dernière.

Pour tester ce nouveau dispositif à la rentrée 2024, chaque département de Franche-Comté aura son établissement-test :

  • le lycée Pergaud à Besançon ;
  • le lycée Friant à Poligny ;
  • le lycée professionnel Luxembourg à Vesoul ;
  • le lycée Follereau à Belfort

Le dispositif sera effectif en septembre 2025.

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