Emmanuel Macron débloque un milliard d'euros pour le lycée professionnel, une "cause nationale"

Publié le 05/05/2023 - 15:34
Mis à jour le 05/05/2023 - 11:55

Faire des lycées professionnels une "cause nationale". Emmanuel Macron a présenté jeudi 4 mai 2023 sa réforme, financée à hauteur d'un milliard d'euros supplémentaires par an, lors d'un déplacement en Charente-Maritime où les opposants à la loi sur les retraites ont à nouveau tenté de se faire entendre.

 © Alexane Alfaro
© Alexane Alfaro

En arrivant au lycée technologique et professionnel Bernard Palissy de Saintes, il n'a croisé aucun manifestant. Ces derniers ont été maintenus à bonne distance, en vertu d'un arrêté préfectoral interdisant manifestations et attroupements dans un périmètre de 500 mètres autour de l'établissement par crainte de "troubles à l'ordre public".

A l'intérieur du lycée, Emmanuel Macron a confirmé un investissement d'"un milliard d'euros par an" supplémentaire pour la filière, avec l'objectif d'"aller vers 100 % d'insertion professionnelle". Le chef de l'État a rappelé un chiffre "cruel": au niveau national, seuls 40 % des jeunes diplômés des lycées professionnels trouvent un emploi six mois après l'obtention de leur diplôme.

  • Il a annoncé la fermeture de certaines filières, sans débouché sur le marché du travail, sans préciser lesquelles.

Il a, en outre, détaillé des mesures de lutte contre le décrochage scolaire et assuré que "l'engagement des enseignants de lycée pro" serait reconnu par des hausses de salaires "avec un effort encore significatif et redoublé" dans la mesure où ces derniers acceptent de nouvelles tâches.

621.000 élèves scolarisés en lycée professionnel

Concernant les stages, dont la durée sera augmentée de moitié en terminale pour ceux qui souhaitent aller vers l'emploi, Emmanuel Macron a promis une indemnité, de 50 à 100 euros par semaine à partir de la rentrée 2023, en fonction du niveau du lycéen. Prise en charge par l'État, cette indemnité qui n'existait pas du tout auparavant "est à la fois une mesure de justice et de mérite", a dit le chef de l'État. "C'est reconnaître que c'est un travail qui est demandé aux élèves".

En France, un tiers des lycéens, soit environ 621.000 élèves, sont scolarisés en lycée professionnel, un public souvent "fragile, jeune et hétérogène", relève une conseillère présidentielle. Le président n'a "pas stigmatisé le lycée professionnel comme étant la cause du problème", s'est félicité le secrétaire général du Snetaa-FO (majoritaire), Pascal Vivier, se disant "plus mitigé sur la refonte de la carte des formations".

Réticences du côté de la Gauche

Les annonces du chef de l'État "ne doivent pas être un point d'arrivée, mais un cadre pour travailler", a souligné son homologue au SE-Unsa Stéphane Crochet. La gauche a fait part de ses réticences. "Le lycée Macron vise à transformer les élèves protégés par leur statut scolaire en salariés aussi mal payés que les travailleurs en macronie", a commenté La France insoumise. Emmanuel Macron "poursuit sa casse du service public scolaire (...) en réduisant les élèves au statut d'agent économique", a abondé le PS.

Le président de la République était accompagné des ministres de l'Éducation nationale Pap Ndiaye, du Travail Olivier Dussopt, en première ligne sur les retraites, et de l'Enseignement professionnel Carole Grandjean. Une table-ronde s'est tenue avant l'arrivée du chef de l'Etat avec les personnels du lycée, grâce à un groupe électrogène, l'électricité ayant été coupée. Dans les derniers déplacements présidentiels, de telles coupures avaient été revendiquées par la CGT, une manière pour le syndicat de montrer son opposition au report à 64 ans de l'âge de départ à la retraite.

Après ses annonces, Emmanuel Macron n'a pas, comme lors de ces derniers déplacements, fait d'étape surprise pour prouver qu'il peut encore échanger avec les Français malgré la vive hostilité. Il a en revanche longuement déambulé parmi les lycéens. Interrogé par un élève sur le financement du milliard annuel supplémentaire pour les lycées professionnels, il a ironisé : "je fais des réformes, parfois impopulaires, pour ça", en référence à la loi sur les retraites.

A Saintes, des manifestants ont tout de même réussi à se rapprocher du lycée Palissy en remontant la voie ferrée. Selon un journaliste de l'AFP, le bruit des casseroles et des slogans - "Bassines, retraites, même combat" - s'entendait au loin en entrant dans l'établissement.

Le mouvement contre la réforme des 64 ans "rassemble tous les milieux et tous les âges, partout en France", a commenté Mathilde Canivet, agente d'Enedis. "On en a ras-le-bol d'être méprisés".

(Source AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Economie

Vous organisez des journées portes ouvertes en 2026 ? Pensez à l’agenda maCommune.info !

L’année 2026 est lancée, et avec elle la saison des journées portes ouvertes dans les établissements scolaires, d’enseignement supérieur et de formation professionnelle en Bourgogne-Franche-Comté. Pour assurer la visibilité de votre événement, pensez à le publier dans l’agenda de maCommune.info, qui dispose d’une rubrique spécialement dédiée aux journées portes ouvertes.

Paiement en titres restaurant dans les boutiques Hema : grogne chez les restaurateurs

C’est une enseigne non spécialisée dans l’alimentaire et pourtant, il est désormais possible de régler ses achats en titre restaurant chez Hema, une chaîne de magasins danoise proposant essentiellement de la décoration et équipement d’intérieur. Pourquoi ? Parce qu’on y trouve aussi quelques confiseries… La première organisation patronale de l'hôtellerie-restauration, l'Umih, a écrit le 24 décembre 2025 au ministre du Commerce Serge Papin pour l’”alerter" de cet agrément reçu par l’enseigne.

La Bourgogne-Franche-Comté au CES de Las Vegas pour soutenir ses entreprises

La Région Bourgogne-Franche-Comté sera présente du 6 au 9 janvier 2026 au Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, le salon mondial de l’innovation technologique. L’objectif affiché est de promouvoir l’écosystème innovant régional et d’accompagner ses entreprises dans leur développement à l’international.

À Besançon, l’Espace Re.Source, un nouveau lieu d’activités dédié au bien-être et aux initiatives collectives

Un nouvel espace d’activités a ouvert ses portes à Besançon en octobre 2025, dans le quartier Léo Lagrange - Montrapon. Baptisé Espace Re.Source, ce local rénové est destiné à accueillir des professionnels indépendants, associations et porteurs de projets, notamment dans le secteur du bien-être. À l’origine du projet, Caroline Chauvez, psychomotricienne et praticienne en kinésiologie.

Sondage – L’inflation vous incite-t-elle à attendre les soldes pour acheter ?

À partir du mercredi 7 janvier 2026, les soldes d’hiver feront leur grand retour dans les magasins physiques comme sur les boutiques en ligne. Pendant un mois, elles offriront l’occasion de s’équiper à prix réduit : vêtements, chaussures, accessoires, mais aussi électroménager. Dans un contexte où le pouvoir d’achat de beaucoup de Françaises et de Français est mis à rude épreuve par l’inflation, ces promotions influencent-elles vos décisions d’achat ? Attendez-vous les soldes pour consommer ? C’est la question de notre sondage de la semaine.

À Dijon, la boulangerie Le Petit Mozart glisse de l’or dans la galette des rois…

Insolite • Alors que le cours de l’or poursuit sa progression, le Comptoir National de l’Or lance la quatrième édition de son opération spéciale Galette des Rois. À Dijon, l’enseigne s’associe cette année à la boulangerie Le Petit Mozart pour proposer un jeu-concours permettant de remporter des lingotins d’or...

Ce qui change ce 1er janvier 2026

Comme à chaque début de mois, nous vous informons de ce qui change pour votre porte-monnaie et dans vos habitudes dans tous les domaines. Santé, social, environnemental, transport, consommation… Voici ce qui change dès le 1er janvier 2026.
 
 

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 7.6
légère pluie
le 09/01 à 03h00
Vent
9.06 m/s
Pression
1003 hPa
Humidité
89 %