Fermeture de Fessenheim : le parc nucléaire français toujours le 2e au monde

Publié le 26/06/2020 - 11:12
Mis à jour le 26/06/2020 - 11:12

Le parc nucléaire français reste le deuxième plus important au monde derrière celui des Etats-Unis (98 réacteurs) malgré la fermeture des deux réacteurs de Fessenheim.

 © CC 3.0 Florival fr - César
© CC 3.0 Florival fr - César

Après l’arrêt de la doyenne des centrales françaises située dans le Haut-Rhin (est), dont le deuxième réacteur sera débranché le 30 juin, la France comptera au total 56 réacteurs nucléaires d’une puissance de production cumulée d’environ 61.000 mégawatts (MW).

Les centrales nucléaires françaises en activité, réparties sur une vingtaine de sites (précisément 18 après l'arrêt de Fessenheim), fournissent 70% du total de l'électricité produite dans le pays, ce qui est de loin la plus forte proportion au monde devant la Slovaquie (55%), l'Ukraine (53%) et la Hongrie (51%).

Les 98 réacteurs américains ne fournissent que 19% du total de l'électricité aux Etats-Unis, le pays étant le deuxième plus gros consommateur d'électricité au monde après la Chine (où le nucléaire ne représente que 4% de la production électrique).

Bugey, 1978

Les réacteurs français en activité utilisent tous la technologie dite de deuxième génération, à eau pressurisée, et sont gérés par EDF.

Parmi ceux-ci, on compte 32 réacteurs de 900 MW (après l'arrêt de Fessenheim) qui produisent chacun en moyenne de quoi fournir de l'électricité à 400.000 foyers. Il y a aussi 20 réacteurs de 1.300 MW et quatre de 1.500 MW.

Mise en service en 1977, Fessenheim, située le long du Rhin aux frontières de l'Allemagne et de la Suisse, était jusqu'à présent la doyenne des centrales en activité.

Après sa fermeture, Bugey dans l'Ain (centre-est) deviendra la plus ancienne centrale française en activité, avec deux tranches inaugurées en 1978.

Après 40 ans

La loi française ne fixe pas de durée de vie aux centrales nucléaires. Toutefois la durée de fonctionnement initialement envisagée par EDF pour ses réacteurs de deuxième génération était de 40 ans.

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l'organisme qui délivre les autorisations d'exploitation des centrales, considère que "la poursuite du fonctionnement des réacteurs au-delà de quarante ans n'est envisageable que si elle est associée à un programme volontariste et ambitieux d'améliorations au plan de la sûreté".

En 2014, EDF estimait à 55 milliards d'euros le coût pour rendre possible l'exploitation de ses centrales au-delà des 40 ans.

Démantèlement long et complexe

Le coût brut du démantèlement de l'ensemble des 58 réacteurs à eau pressurisée a été estimé en 2015 à 75 milliards d'euros par EDF, montant jugé sous-estimé par un rapport parlementaire de février 2017.

EDF procède déjà à une dizaine de démantèlements. Il s'agit des réacteurs de première génération mis en service entre 1963 et 1986 qui utilisaient la technologie graphite-gaz. Ce travail complexe et long porte sur une durée moyenne de 25 ans, selon un point diffusé en 2019 par EDF.

La plupart des sites nucléaires en activité ont commencé à fonctionner dans les années 1980. C'est par exemple le cas pour Tricastin (sud), Gravelines (Nord), Flamanville (ouest) ou Cattenom (est).

Les centrales les plus récentes sont celles de Chooz (nord-est), entrée en service en 2000 et de Civaux (centre) qui a démarré en 2002.

Retard et surcoût pour l'EPR

Un réacteur dit de troisième génération, baptisé EPR pour réacteur pressurisé européen, est en cours de construction depuis 2007 à Flamanville.

Mais cette nouvelle technologie présentée comme le "fleuron" de la filière nucléaire française avec une puissance élevée de 1.650 MW par réacteur et des systèmes de sécurité supplémentaires, accumule retards et déboires.

Alors qu'il devait initialement entrer en service en 2012 pour un coût de 3,3 milliards d'euros, ce réacteur ne devrait finalement démarrer que fin 2022 pour un coût total réévalué à 12,4 milliards d'euros.

(AFP)

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