Glasgow et le monde marchent samedi pour le climat

Publié le 06/11/2021 - 10:50
Mis à jour le 06/11/2021 - 12:00

Après l’appel à l’action devant l’urgence climatique de milliers de jeunes à Glasgow, des dizaines de milliers de manifestants sont à nouveau attendus samedi dans la ville hôte de la conférence sur le climat et dans le monde. A Besançon, le rassemblement est organisé à 14h30 au départ de la place Pasteur.

illustration (archives) © A. Alafaro
illustration (archives) © A. Alafaro

De Sydney à Paris en passant par Londres, Nairobi ou Mexico, plus de 200 événements sont prévus, selon la coalition d'organisations à l'origine de la mobilisation.

Il s'agit d'exiger la "justice climatique" et des mesures immédiates pour les communautés déjà affectées par le dérèglement climatique, surtout dans les pays les plus pauvres du Sud.

Alternatiba/ANV Besançon invite les manifestants à confectionner un panneau commençant par #COP26 et complété par une phrase sur le thème du changement climatique et adressée aux dirigeants réunis à Glasgow. Les participants sont à 14h30 de la place Pasteur. Ils devraient être sur place avec leurs pancartes durant une heure et se disperseront dans la Grande rue.

Partout dans le monde

A Glasgow, en Ecosse, la police a dit attendre jusqu'à 50.000 personnes qui défileront non loin du centre de congrès, placé sous haute sécurité, où se tient depuis une semaine la grande conférence de l'ONU sur le climat, considérée comme capitale pour l'avenir de l'humanité.

Les manifestants appellent les grands de ce monde à en faire davantage et plus vite pour contrer les effets dévastateurs de la hausse des températures due aux émissions de gaz à effet de serre générées par les activités humaines.

"Ce n'est pas un secret que la COP26 est un échec", a dénoncé l'égérie du mouvement des jeunes pour le climat, la Suédoise Greta Thunberg.

Elle a qualifié la COP26 de "célébration (...) du blabla" et de "festival de greenwashing" après des engagements, aux contours parfois flous, par des groupes de pays à lutter contre la déforestation, réduire les émissions de méthane dans l'atmosphère ou mettre le holà sur les énergies fossiles.

Stop aux "belles paroles"

Des mesures concrètes plutôt que des mots, c'est ce que réclameront à nouveau les manifestants samedi. Les enjeux de la COP26 sont nombreux dans un contexte de pandémie mondiale qui a fragilisé les pays pauvres déjà vulnérables aux impacts du dérèglement climatique.

Quelque 200 délégations se penchent notamment sur la manière de limiter, comme le prévoit l'Accord de Paris, le réchauffement de la planète bien en deçà de +2°C, et si possible à +1,5°C.

Chaque dixième de degré supplémentaire de réchauffement compte et entraîne son lot de conséquences, canicules, incendies ou inondations.

Or, d'après les dernières estimations de l'ONU, qui doivent être actualisées avec les dernières promesses, le monde se dirige actuellement vers un réchauffement "catastrophique" de +2,7°C.

Et selon une étude scientifique, les émissions mondiales de CO2, principal gaz à effet de serre, ont rebondi en 2021 à des niveaux proches des records enregistrés avant la pandémie de Covid-19.

Ces derniers jours, de nouveaux engagements ont été annoncés par l'Inde, le Brésil ou encore l'Argentine, ce qui pourrait faire évoluer ces prévisions.

Les négociations de la COP26, prévue pour durer jusqu'au 12 novembre, se poursuivront samedi avant un jour de relâche dimanche.

#Cop2026 Texte de l’appel - France à mobilisation du 6 novembre 2021

Chaque année bat un record de hausse de la température mondiale. Chaque année, les catastrophes climatiques se multiplient partout dans le monde. L'été 2021 en est la triste confirmation : incendies, inondations, ouragans, sécheresses, canicules... Les plus pauvres en subissent toujours plus dramatiquement les conséquences, en particulier dans les pays du Sud. La pandémie de la Covid 19 a par ailleurs mis en lumière les impacts irréversibles, y compris sur la santé, des attaques contre la biodiversité. 

Le dérèglement climatique, c'est notre présent à toutes et tous, partout dans le monde.

Phénomène global, il appelle des réponses mondiales : baisse massive des émissions de gaz à effet de serre, lutte contre les pollueurs et le système productiviste qu'ils nourrissent, solidarité internationale entre les pays riches et le Sud global, justice sociale et protection des droits humains doivent être les principes directeurs de l'action pour la justice climatique.

Six ans après l'accord de Paris, c'est ce qui devrait guider les États à l'occasion de la COP26 qui se déroule à Glasgow du 31 octobre au 12 novembre afin de maintenir la hausse des températures en dessous de la barre des 2°C, voire 1,5°C.

Mais, depuis 2016, nos dirigeants en sont encore à discuter des moyens à mettre en œuvre face aux changements climatiques ou à tenter de verdir leurs images, en même temps que celles de nombreuses entreprises multinationales qu'ils soutiennent, sans engagements à la hauteur.

Ils soutiennent le développement de fausses solutions, le greenwashing et la fuite technologique, qui, loin de résoudre la crise climatique, empêchent toute transition réelle.

Les gouvernements des pays les plus riches participent ainsi à un véritable crime climatique.

Nos dirigeants restent sourds aux interpellations, aux pétitions ou aux marches massives à travers le monde. Ils s'assoient sur les rapports du GIEC et les alertes de scientifiques.

Ils regardent ailleurs alors que les dérèglements climatiques sont toujours plus nombreux, plus violents et plus meurtriers. Ils criminalisent et ne protègent pas les activistes environnementaux face à une répression qui va jusqu'à des assassinats, certains s'en rendant même complices.

Face à cette inaction climatique, qui devient un véritable crime contre le vivant, c'est aux mouvements populaires, ceux qui défendent les communautés impactées, les peuples autochtones, celles et ceux qui défendent le vivant, aux salarié·e·s et à toutes les personnes convaincu·e·s qu'il faut changer de modèle de production et de consommation de prendre la relève.

Partout dans le monde, la mobilisation citoyenne s'organise : défense des terres et des droits, blocage de projets polluants, actions dans les tribunaux, grèves pour le climat, etc.

Elle porte des alternatives et remporte des victoires qui permettent d'enrayer cette machine infernale et de construire ainsi un futur désirable.

En Grande-Bretagne, une coalition de mouvements sociaux et écologistes organise plusieurs jours de mobilisation pendant la COP26 et appelle à des actions partout dans le monde le 6 novembre prochain.

Nous vous invitons à répondre à cet appel en organisant des initiatives, manifestations, rassemblements, actions ou débats publics partout en France autour du 6 novembre. Pour la justice climatique, pour les droits des peuples, pour un autre futur.

Nos mobilisations donneront de l'écho aux mobilisations locales, notamment celles qui appellent à défendre nos terres et nos droits fondamentaux, et aux mobilisations internationales qui entoureront la COP26.

Nature

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