Jeune fille bosniaque tondue à Besançon : un an de prison dont quatre mois avec sursis pour ses agresseurs

Publié le 24/10/2020 - 08:35
Mis à jour le 24/10/2020 - 08:38

Le tribunal correctionnel de Besançon a condamné vendredi 23 octobre 2020 les parents, l’oncle et la tante d’une jeune fille musulmane bosniaque tondue parce qu’elle fréquentait un jeune Serbe chrétien à un an d’emprisonnement dont quatre mois avec sursis.

©Alexane Alfaro ©
©Alexane Alfaro ©

Le tribunal a également prononcé une interdiction de territoire français de cinq ans à l'encontre des parents de la jeune fille, âgée de 17 ans.

Cette affaire avait soulevé une vive émotion en France et même à l'étranger, rappelant le sort de milliers de femmes tondues à la Libération pour avoir entretenu une liaison avec un soldat allemand sous l'Occupation.

A l'audience, la jeune fille et la famille de son petit ami, présente au moment des faits, le 17 août, ont affirmé qu'elle avait été emmenée dans sa chambre, molestée par les quatre adultes et tondue par son oncle.

"Mes parents m'ont mis des coups de poing et de pied"

Les parents, l'oncle et la tante ont reconnu pour leur part une ou deux claques, tout au plus, et soutenu que c'était son père qui l'avait rasée pour "la punir, pour qu'elle ne sorte plus" après une fugue de quatre jours avec le jeune homme, de trois ans son aîné.

"Mes parents m'ont mis des coups de poing et de pied", avait déclaré la victime lors de son audition par les enquêteurs, expliquant qu'ils s'opposaient à leur mariage et à ce qu'ils se fréquentent "à cause de la religion".

"Quand une jeune fille mineur fait une grosse bêtise, on lui tond les cheveux, c'est comme une amende"

Mais les membres de sa famille ont contesté cette version, l'oncle estimant que "quand une jeune fille mineur fait une grosse bêtise, on lui tond les cheveux, c'est comme une amende". "Le fait d'avoir les cheveux tondus, quand c'est imposé, ça nous enlève notre beauté, notre féminité, c'est d'ailleurs le symbole qu'ils voulaient faire passer", a fustigé l'avocate de la victime, Me Céline Party.

Les quatre prévenus "ont réfuté avoir roué de coups Selma. Le père dit l'avoir +juste tondue+, la mère lui avoir +mis deux claques+, la tante +une poussette sur l'épaule+ et l'oncle, ne pas l'avoir touchée", a relevé le procureur Etienne Manteaux.

Mais "comment expliquez vous la sévérité de l'examen médico-légal, côtes cassés, multiples hématomes, 14 jours d'ITT... ?", s'est-il interrogé avant de requérir un an de prison contre les quatre adultes pour ces "faits extrêmement graves". Les avocats de la défense ont pour leur part réfuté un quelconque "passage à tabac".

"Cette enfant a trahi la vérité"

Les ecchymoses plus anciennes "ne peuvent pas être attribuées à sa famille", c'est son petit ami qui l'a "frappée", ont-il assuré. Pour Me Patrick Uzan, avocat de l'oncle et de la tante, "cette enfant a trahi la vérité". "Vous avez affaire à une jeune fille amoureuse de 17 ans qui protège son petit-copain et qui ne voit pas le mal qu'il fait", a plaidé Me Catherine Bresson, conseil des parents de la victime.

Réagissant à cette affaire, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait estimé que l'oncle et la tante, arrivés en France en 2016 et qui bénéficient du statut de réfugiés, n'avaient "rien à faire sur le sol national", affirmant qu'ils seraient reconduits à la frontière dès la fin de la procédure judiciaire.

(AFP)

Justice

Procès Zepeda pour l’assassinat de Narumi Kurosaki : de nouvelles recherches sur un ADN inconnu

Dix ans après la disparition d'une étudiante japonaise à Besançon, la cour d'assises du Rhône a demandé mercredi 18 mars 2026 à la police de tenter d'identifier un ADN trouvé sur son oreiller, accédant à la demande des avocats de son ex-petit ami chilien Nicolas Zepeda, rejugé pour assassinat.

Féminicide : Nicolas Zepeda jugé une troisième fois pour l’assassinat de Narumi Kurosaki

Le Chilien Nicolas Zepeda est jugé pour la troisième fois, à partir de mardi 17 mars 2026 à Lyon, pour l'assassinat en 2016 de son ex-petite amie japonaise à Besançon et devrait, sauf coup de théâtre, continuer à nier malgré des indices confondants. Même en l'absence de cadavre, de preuve et d'aveu, il a déjà été condamné deux fois à 28 ans de prison, en 2022 puis en appel en 2023, un verdict annulé par la Cour de cassation en 2025 pour un vice de procédure. 

Fraude et travail illégal : la gendarmerie du Doubs a saisi 7,5 millions d’euros en 2025

La gendarmerie du Doubs a saisi près de 7,5 millions d'euros d'avoirs criminels en 2025, dans le cadre de la lutte contre le travail illégal et la fraude, a annoncé samedi 14 mars 2026 la colonelle Elodie Montet, commandante du groupement départemental. Les avoirs criminels sont les profits issus d'une activité criminelle ou délictuelle.

Jugement de Frédéric Vuillaume et Toufik de Planoise à Besançon : un rassemblement de soutien le 12 mars

Frédéric Vuillaume secrétaire général de Force Ouvrière Bourgogne-Franche-Comté, et de Toufik-de-Planoise, journaliste indépendant, seront jugés en appel le 12 mars prochain par la Cour d'appel de Besançon. Un rassemblement pour soutenir les accusés est prévu par le syndicat Force Ouvrière. 

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 10.99
légère pluie
le 25/03 à 09h00
Vent
8.31 m/s
Pression
1011 hPa
Humidité
66 %