La Rochepot veut sauver son château d’une affaire de blanchiment d’argent

Publié le 11/10/2021 - 15:45
Mis à jour le 11/10/2021 - 15:48

« Touche pas à mon château »: un village de carte postale de la Bourgogne viticole se mobilise pour sauver sa forteresse néo-gothique du XIIe siècle, redoutant la fermeture définitive au public suite à une rocambolesque affaire de blanchiment d’argent en Ukraine.

 © CC BY 2.0 – Patrick – Flickr
© CC BY 2.0 – Patrick – Flickr

Fermé depuis trois ans à la suite de l’arrestation pour blanchiment de son propriétaire présumé, le château perché sur un piton rocheux a rouvert brièvement afin de présenter son mobilier qui sera mis dimanche aux enchères à Beaune : des armures jusqu’aux chaudrons en cuivre, en passant par le service Baccarat.

"Non au démantèlement du château"; "La Rochepot mobilisé contre la vente"; "Touche pas à mon château"… Sur de vieux draps ou des cartons défraichis, les slogans accueillent les visiteurs qui franchissent le pont-levis de la magnifique structure aux tuiles vernissées de La Rochepot en Côte-d’Or.

Pour le village, cette dispersion condamne un site qui a accueilli jusqu’à plus de 20 000 visiteurs par an, une manne pour les quelque 300 habitants. "Tous mes clients sont là pour visiter le château", résume Véronique Fouquerand, viticultrice et propriétaire de chambres d’hôtes dans le village. "C’est une catastrophe". "La Rochepot vidé de ses entrailles ne sera plus La Rochepot", déplore Romuald Pouleau, ancien gardien du château et initiateur d’une pétition qui a recueilli près de 3 000 signatures. Selon lui, le village est le "dommage collatéral" d’une affaire qui le dépasse.

En 2015, les habitants poussent un ouf de soulagement quand "leur" château trouve enfin preneur après être resté en vente trois ans. Sa propriétaire, l’héritière de l’ex-président Sadi Carnot, avait posé comme condition à la vente le "respect total" des lieux. Or, c’est justement ce que disent vouloir les investisseurs qui rachètent le château 3 millions d’euros. "Tout le monde y a cru", se souvient Romuald Pouleau. "Ils avaient un projet magnifique. Et ils disaient que l’argent n’était pas un problème", raconte-t-il à l’AFP.

Défunt ressuscité

Mais les propriétaires restent nimbés de mystère : le château est géré par une Ukrainienne domiciliée en Lituanie et un Moldave qui agit pour une société au Luxembourg. Au village, apparaît parfois un Ukrainien qui parle de "son" château mais préfère qu’on l’appelle "Monsieur" plutôt que de donner son nom. En décembre 2017, le quotidien local Le Bien Public révèle qu’en fait, les artisans contractés pour le "magnifique projet" n’ont jamais été payés.

Alertée, Europol découvre que ce "Monsieur" est un "fugitif de haut vol" qui s’était fait passer pour mort en 2014 pour "échapper à la justice" de son pays. Le défunt ressuscité, Dmitri Malinovsky, a fraudé "plus de 12 millions d’euros", selon le parquet de Kiev. Le 5 octobre 2018, les gendarmes l’arrêtent en "son" château. Depuis, il est en prison à Nancy, où on saura "dans les prochains mois" si un procès a lieu, vraisemblablement "au premier semestre 2022", a indiqué à l’AFP Vincent Legaut, vice-procureur à Nancy.

L’Ukrainien ne souhaite pas faire de commentaire, selon son avocat, Benoît Diry. En attendant, le château reste fermé et ses meubles vendus. "C’est une grande perte", estime la maire Véronique Richer. "Cette mutilation irrémédiable scelle peut-être la réorientation vers un futur usage résidentiel", avertit Siegfried Boulard-Gervaise, spécialisé dans la réhabilitation de châteaux et qui avait déjà fait part de son intérêt pour La Rochepot.

La maire a demandé, en vain, le report de la vente, une démarche soutenue par Alain Suguenot, président LR de la Communauté d’agglomération, et le député local LREM Didier Paris : "La vente me paraît, sinon porter un coup fatal, du moins retirer une partie de l’attrait du château", juge-t-il.

Mais "l’affaire est entre les mains de la justice", rappelle François Sauvadet, président UDI du Département. Les habitants du village ont reçu le soutien surprise d’Olga Kiselova, ex-compagne de Dmitri Malinovsky également mise en examen. La vente des meubles est "une grande erreur (qui va) détruire le potentiel de ce lieu", estime-t-elle auprès de l’AFP. Mme Kiselova est la vraie propriétaire des lieux, selon ses avocats, Sinem Paksut et Stéphane Bonifassi. Dmitri Malinovsky n’était que "chargé de la gestion du bien". "Et cette mauvaise gestion a donné lieu à la liquidation judiciaire qui vaut aujourd’hui la cession du mobilier", soutient Me Paksut.

Culture

Lumières d’Afrique fête ses 30 ans à Besançon : une édition anniversaire sous tension

Du 7 au 15 novembre 2026, le Festival international des cinémas d’Afrique de Besançon revient avec un 26e édition, après 4 ans d'absence. Plus de 40 films sont annoncés, avec une rétrospective, des compétitions, des avant-premières et des rendez-vous autour des cultures africaines. L’association organisatrice alerte toutefois sur la baisse des financements institutionnels.

" Du Mékong au Doubs " : l’itinéraire d’un moine judoka devenu père et réfugié raconté dans un livre

Dans Du Mékong au Doubs, Christophe Rattanamongkhoun retrace le parcours de ses parents, Simon et Eliane, du Laos à la France. Un récit familial construit à partir de souvenirs, de photographies, de documents et de traces conservées au fil des générations. L’ouvrage est paru le 5 août 2026.

Défilé, musique, musée de la Résistance… Le 8 septembre, la Ville de Besançon commémorera la Libération

Le 8 septembre 1944, après quatre années d’Occupation, Besançon était libérée. Chaque année, la Ville commémore cette date qui constitue un tournant majeur de l’histoire bisontine et rend hommage aux personnes ayant contribué à retrouver la Liberté. Cette année, la cérémonie se déroulera mardi 8 septembre, à partir de 19h, place du 8-Septembre. D'autres rendez-vous sont donnés à travers la ville.

" France-Comté " : Floriane Miny imagine une France sous le RN et fait de Besançon un bastion de la résistance

INTERVIEW • Et si la France devenait une entreprise ? Dans France Comté, son premier roman publié le 26 juillet 2026 en autoédition, Floriane Miny imagine un futur proche où le Rassemblement national gouverne le pays, les droits sociaux reculent et le pouvoir se concentre entre quelques mains. Installée à Oslo après avoir vécu une quinzaine d’années à Besançon, l’auteure fait de la capitale comtoise l’épicentre d’une résistance sociale, entre dystopie politique, humour absurde et clins d’œil au patrimoine local.

La Saline royale met à l’honneur la scène française pour sa 2e saison de musiques actuelles

Pour sa deuxième saison de concerts de musiques actuelles, la Saline royale réinvite une nouvelle fois la scène française sur la scène Claude Nicolas Ledoux avec une programmation "ambitieuse et fédératrice" à partir du 20 septembre et jusqu’au 12 décembre 2026.

Accès gratuit et visite-guidée à la Citadelle pour le 82ème anniversaire de la libération de Besançon

Le 8 septembre 2026 marquera le 82ème anniversaire de la libération de Besançon, ainsi que les trois ans de la réouverture du Musée de la Résistance et de la Déportation. À cette occasion, la Citadelle sera accessible gratuitement au public toute la journée.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Les données météo sont momentanément indisponibles.

Sondage