L'allongement du délai pour avorter au cœur d'un bras de fer politique

Publié le 08/10/2020 - 11:13
Mis à jour le 08/10/2020 - 09:20

Pourra-t-on bientôt avorter jusqu’à la 14e semaine de grossesse ? Si cette demande forte d’associations débattue jeudi à l’Assemblée nationale divise les praticiens, elle se retrouve également propulsée au coeur d’un bras de fer entre le gouvernement et sa majorité.

Chaque année, entre 3.000 et 4.000 femmes « hors délai » partiraient avorter à l’étranger, estimait un rapport parlementaire publié en 2000. Principalement en Espagne, où l’IVG est permise jusqu’à 14 semaines de grossesse, et aux Pays-Bas (22 semaines).

L’allongement de deux semaines supplémentaires du délai légal pour avoir recours à une interruption volontaire de grossesse (IVG) pour éviter notamment d’aller à l’étranger, issu d’une proposition de loi du groupe Ecologie Démocratie Solidarité, sera étudié dans le cadre de la « niche » parlementaire de ce groupe d’anciens marcheurs.

Porté par la députée Albane Gaillot, le texte propose également de permettre aux sages-femmes de réaliser des IVG chirurgicales jusqu’à la 10e semaine de grossesse et de supprimer la clause de conscience spécifique à l’IVG pour les médecins, des demandes récurrentes d’associations féministes pour garantir « un égal accès à l’IVG » sur tout le territoire.

« Ce n’est pas le texte d’un parti mais pour les droits des femmes », qui fait « consensus », plaide Mme Gaillot.

Les députés LREM lui ont donné un premier feu vert en commission et le patron du groupe Christophe Castaner votera pour, comme « un grand nombre de députés de la majorité ». Mais le gouvernement joue la prudence.

Au pays de Simone Veil, l’avortement – auquel une femme sur trois a recours dans sa vie – reste un sujet potentiellement explosif. « C’est un sujet difficile, sensible, sur lequel chacun peut avoir une opinion », a déclaré le porte-parole du gouvernement.

Dans l’hémicycle jeudi, le gouvernement fera valoir une « position de sagesse », s’en remettant « à la décision des parlementaires », a ajouté Gabriel Attal. Il attend en outre l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), saisi mardi par le ministre de la Santé et qui devrait être rendu avant le passage du texte au Sénat.

Prendre « un peu de temps »

Plus que le fond, c’est la méthode qui a irrité. « Le gouvernement était moyennement chaud » et « le groupe lui a un peu forcé la main », reconnaît ainsi un député LREM.

« Le gouvernement estime qu’on n’en a pas assez fait un débat au sein de la société. Certains le comparent même à la PMA. Mais l’IVG a été voté il y a 45 ans. Là, on parle de leviers à actionner pour qu’il soit un droit effectif! », expose la députée Cécile Muschotti, cheffe de file LREM sur ce texte.

Avant l’été, médecins et associations avaient alerté sur des difficultés d’accès à l’avortement exacerbées pendant le confinement. Des députés avaient alors poussé pour allonger le délai, mais sans obtenir l’aval du gouvernement.

« J’ai l’impression que cette fois on a entendu les femmes et on a vu les fragilités », veut croire Sarah Durocher, coprésidente du Planning familial.

Depuis la légalisation de l’avortement en France en 1975, une première extension de deux semaines a été votée en 2001. Toutefois, du fait d’un manque de praticiens et de la fermeture progressive de centres IVG, il s’écoule souvent plusieurs semaines entre le premier rendez-vous et l’intervention.

Opposé à cet allongement, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) plaide pour que l’on « donne les moyens aux hôpitaux de recevoir les femmes en demande d’IVG en urgence, sans les faire traîner ». « On ne peut pas compenser cela en allongeant le délai car on accroît le risque du geste », a déclaré son président, le professeur Israël Nisand, sur RTL.

Mais pour le gynécologue-obstétricien Philippe Faucher, il s’agirait d’un « pas important pour les femmes précaires, les jeunes qui ne savent pas à qui en parler, les victimes de violences ».

« Cette extension ne coûte pas très cher car assez peu de femmes sont concernées. Mais donner un peu plus de temps peut en soulager beaucoup », déclare-t-il. Pour lui, c’est une bataille « plus idéologique que médicale ».

(AFP)

Santé

Amylose cardiaque : une journée de dépistage de la maladie " caméléon " ce mercredi au CHU de Besançon

À l’occasion de la campagne nationale "Maladie Caméléon", le CHU Besançon Franche-Comté organise une journée d’information et de dépistage de l’amylose cardiaque le mercredi 28 octobre 2026, de 8h à 16h, dans le hall principal de l’hôpital Jean-Minjoz.

Octobre Rose : apaisez votre mental et apprivoisez votre stress avec Anne Sallé !

Face aux épreuves, aux charges mentales et aux incertitudes, notre système nerveux est mis à rude épreuve. Pour la troisième étape de notre parcours bien-être d'Octobre Rose, notre coach Anne Sallé livre des clés pour désamorcer le stress et retrouver une paix intérieure.

AVC : une journée d’information et de prévention le 29 octobre au CHU Besançon

Chaque année, l'accident vasculaire cérébral (AVC) touche plus de 150 000 personnes en France. Face à cet enjeu de santé publique, le réseau de neurologie (RUN-FC) du CHU Besançon Franche-Comté organise une journée d'information et de prévention le jeudi 29 octobre 2026, de 9h à 16h, dans le hall principal de l'établissement. Gratuite et ouverte à tous, cette journée a pour objectif de « transmettre au grand public les clés pour prévenir l'AVC et réagir face aux premiers symptômes ».

Santé mentale : la Bourgogne-Franche-Comté veut renforcer la prévention et l’accès aux soins

À l’occasion des Semaines d’information sur la santé mentale, du 5 au 18 octobre 2026, l’Agence régionale de santé (ARS) Bourgogne-Franche-Comté entend renforcer la prévention et améliorer l’accès aux soins. Une mobilisation qui intervient alors que les besoins restent importants, notamment chez les jeunes.

La hausse historique des effectifs de médecins formés se concrétise en Bourgogne-Franche-Comté (ARS)

La Bourgogne-Franche-Comté bénéficie de l’augmentation du nombre de médecins formés en France avec 514 postes d’internat en 2026 à Dijon et Besançon, contre 448 en 2025, soit une hausse de près de 15 %, selon un communiqué de l'ARS Bourgogne Franche-Comté mercredi 21 octobre. Cette progression s’inscrit dans une augmentation nationale des effectifs de médecins en formation, avec des enjeux pour l’accès aux soins dans les territoires.

À Besançon, Hacking Health célèbre dix ans d’innovation

Le marathon d’innovation ouverte en santé Hacking Health Besançon a tenu sa dixième édition du 16 au 18 octobre 2026, à l’Institut de formation des professions de santé (IFPS) Paulette-Guinchard. Quelque 200 participants ont travaillé sur 17 problématiques proposées par des professionnels de santé, des patients et des aidants. L’événement a également accueilli des représentants internationaux et des délégations étudiantes suisses.

Qualité de l’air : Atmo Bourgogne Franche-Comté rappelle les gestes simples pour limiter la pollution au quotidien

À l’occasion de la Journée nationale de la qualité de l’air, mercredi 14 octobre 2026, Atmo Bourgogne-Franche-Comté rappelle l’importance de préserver l’air respiré à l’extérieur comme à l’intérieur des logements. Transports, chauffage, produits ménagers ou encore ventilation : plusieurs habitudes du quotidien peuvent contribuer à limiter la pollution et ses effets sur la santé.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Les données météo sont momentanément indisponibles.

Sondage