Les horlogers jouent avec les matériaux pour séduire la nouvelle génération d'acheteurs

Publié le 05/04/2022 - 17:01
Mis à jour le 09/04/2022 - 09:41

Diamants de laboratoire, Vantablack, déchets plastiques, impression 3D… Au salon horloger de Genève, les fabricants de montres multiplient les innovations dans les matériaux pour séduire une nouvelle génération de fans de produits de luxe.

H Moser Vantablack®  © H Moser
H Moser Vantablack® © H Moser

La marque H. Moser, qui s'est fait connaître à travers ses modèles iconoclastes, est cette année venue au salon avec une montre revêtue de Vantablack, un matériau tellement noir qu'il absorbe quasiment toute la lumière.

Placée devant un fond noir, cette montre encore à l'état de concept créée l'illusion d'un trou noir, l'oeil ne parvenant à distinguer que les aiguilles de couleur. Ce matériau en nanotubes de carbone, qu'avait utilisé le constructeur allemand BMW pour un exemplaire unique, est considéré comme le pigment le plus foncé au monde.

"J'ai voulu amener quelque chose de différent de ce qu'on va voir dans les vitrines dans trois mois", explique Edouard Meylan, son directeur général, lors d'un entretien avec l'AFP.

"Je voulais montrer le futur des matériaux", poursuit-il, pour "expliquer ce que pourrait être l'horlogerie dans cinq ans".

Si cette marque de prestige a déjà utilisé ce matériau dans des cadrans, ce modèle d'exposition entièrement recouvert de Vantablack ne peut pour l'instant être touché, au risque de perdre ses propriétés, l'objectif étant de continuer à le travailler afin qu'il puisse un jour être porté.

Technologie travaillée par l'artisan

Le noir est une teinte très tendance, selon Vincent Grégoire, responsable de la mode masculine et accessoires pour le bureau de style parisien Nelly Rodi, auprès d'une nouvelle catégorie d'amateurs de produits de luxe qu'il appelle "les virtuoses".

"C'est une clientèle qui veut du beau, de l'hyperluxe, avec des matériaux du futur, pleins de technologie mais travaillés par la main de l'artisan", décrit-il, avec un goût prononcé pour cette teinte qui évoque "l'univers d'Anish Kapoor". Cet artiste britannique avait d'ailleurs suscité la controverse dans le monde de l'art en achetant les droits du Vantablack pour ses sculptures.

Une nouvelle génération d'amateurs de produits de luxe est en train d'émerger, constate M. Grégoire qui identifie aussi d'autres profils, dont un qu'il appelle "les agitateurs", qui sont, eux, fans de "street culture", de "récup" et qui veulent faire de leurs achats "un acte militant".

Sur un stand dédié à l'innovation, la marque Oris montre notamment comment elle recycle des déchets plastiques, qui sont déchiquetés en copeaux pour fabriquer un matériau qui ressemble à du marbre aux couleurs aléatoires en fonction des plastiques récupérés pour en faire des cadrans de montres.

Diamants de laboratoire

Tag Heuer, propriété du groupe de luxe français LVMH, a de son côté brisé un tabou en utilisant pour la première fois des diamants de laboratoire sur un de ses modèles phares.

Ces diamants obtenus par dépôt chimique ont été utilisés non pas pour remplacer les diamants classiques mais pour créer une nouvelle texture sur le cadran avec des formes de diamants inédites à sa surface qui permettent de créer des jeux de lumière au centre de la montre.

Avec cette technologie, la marque a voulu explorer les nouvelles possibilités qu'offrent les diamants de laboratoire tout en restant ancrée dans le monde du très grand luxe. La montre coûte 350.000 francs suisses (344.000 euros).

"Il y a une place pour les diamants de laboratoires sur le marché", a réagi Tobias Kormind, le patron de 77 Diamonds, une société spécialisée dans la vente des diamants en ligne, qui s’enthousiasme en découvrant la montre sur le site de Tag Heuer.

"Il y des gens qui achètent des diamants de laboratoire pour des raisons de budget mais aussi pour des raisons environnementales", explique-t-il, même si les diamants naturels restent "ceux qui s'apprécieront le plus dans le temps", insiste-t-il.

Sur le stand de Cartier, les vrais diamants brillent de mille feux. Mais la maison de joaillerie, propriété du groupe Richemont, a elle aussi fait un détour par la technologie. Grâce à l'impression 3-D, la maison de la place Vendôme a mis au point une nouvelle collection appelée Coussin, dont le boîtier ploie légèrement sous la pression du doigt avant de reprendre sa forme...comme un coussin.

(AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Economie

Mercosur : les eurodéputés votent en faveur du renvoi de l’accord devant la Cour de justice de l’UE

Le Parlement européen a voté ce mercredi 21 janvier 2026 en faveur d’une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne, afin de vérifier la légalité de l’accord entre l’UE et le Mercosur. Les agriculteurs mobilisés devant le parlement ont poussé des cris de joie après l'annonce.

Quitter le salariat pour entreprendre : une reconversion qui séduit aussi à Besançon

La reconversion professionnelle vers un projet entrepreneurial occupe une place croissante dans le paysage économique et social français. De plus en plus d’actifs choisissent de quitter le salariat pour créer leur propre emploi, souvent dans une recherche de sens, d’autonomie et d’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Un constat partagé par la coopérative d’activités et d’emplois (CAE) Coopilote à Besançon, qui met en lumière plusieurs parcours d’entrepreneurs ayant fait le choix de l’entrepreneuriat comme voie de reconversion.

À Besançon, le restaurant L’Unalôme inaugure un nouvel espace culturel… dans sa cave

Référence reconnue de la scène gastronomique bisontine depuis 4 ans, le restaurant L’Unalôme annonce l’élargissement de son activité avec l’ouverture d’un espace dédié à la culture et à l’événementiel. Installé dans une cave voûtée réaménagée, ce nouveau lieu accueillera à la fois une programmation artistique régulière et des événements privatifs, a-ton appris ce mardi 20 janvier.

Menace de taxes douanières sur les vins : Macron et Genevard montent au créneau face aux menaces de Trump

La France a vivement réagi après la nouvelle menace de Donald Trump d’imposer des droits de douane de 200 % sur les vins et champagnes français. L’entourage d’Emmanuel Macron, tout comme la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, ont condamné ces déclarations, mardi 20 janvier 2026.

Ambiance bar à jeux et cuisine mexicaine pour la réouverture du Pixel à Besançon

Situé en plein coeur de la Cité des Arts, le Pixel a fermé ses portes le 1er décembre 2023. Deux ans plus tard, le voilà qu’il s’apprête à rouvrir ses portes sous l’impulsion d’Eric Grux, Jocelyn Lamy et Johann Donnenwirth. À eux trois, ils représentent respectivement les entreprises Jinic Media, Lamy traiteur (Samouraï sushis) et les Jeux de la Comté et ont décidé d’unir leurs forces pour transformer Le Pixel en restaurant, coffee shop et bar à jeux, nommé Taqueria Quest. La pré-ouverture aura lieu le 30 janvier 2026 et l’ouverture officielle est prévue pour la fin du mois de février. 

Logement neuf : un marché national en repli, des signaux de résilience à Besançon

Dans un contexte national marqué par un ralentissement de la production de logements neufs, l’année 2025 apparaît contrastée pour Besançon. Si la baisse des ventes et des mises en chantier est nette, certains indicateurs locaux traduisent une capacité d’adaptation du marché et une confiance maintenue des opérateurs. Explications avec Fabrice Jeannot, vice-président de la Fédération des promoteurs immobiliers Bourgogne Franche-Comté ce lundi 19 janvier.

Le fisc réclame des millions d’euros de redressement à General Electric Belfort

Le fisc français a notifié un important redressement au groupe industriel GE Energy Products France (EPF), filiale de la multinationale américaine GE Vernova, lui reprochant d'avoir artificiellement réduit son bénéfice imposable de 212 millions d'euros, a-t-on appris vendredi auprès du CSE de l'entreprise basée à Belfort.

Jott en redressement judiciaire : les cinq boutiques de Besançon, Belfort, Dijon et Chalon-sur-Saône surveillées

Le tribunal des activités économiques de Marseille a décidé le 18 décembre 2025 de placer la société SAS JOTT sous le régime du redressement judiciaire. Cette procédure, déclenchée en raison d’une situation de cessation des paiements, ouvre une période d’observation de six mois durant laquelle la viabilité de l’entreprise sera examinée. Une audience clé est prévue le 5 février 2026.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 2.56
légère pluie
le 22/01 à 12h00
Vent
3.1 m/s
Pression
998 hPa
Humidité
96 %