Loi immigration : l'heure de la sentence constitutionnelle a sonné

Publié le 25/01/2024 - 14:17
Mis à jour le 25/01/2024 - 12:47

Pleins feux sur les "Sages": le Conseil constitutionnel rend jeudi 25 janvier 2024 vers 16h30 sa décision très attendue sur la loi immigration, adoptée en décembre au prix d'une crise politique dans le camp présidentiel, où une censure partielle du texte controversé serait vue d'un bon œil.

Entrée du conseil constitutionnel © Marc Rees CC2
Entrée du conseil constitutionnel © Marc Rees CC2

Les neuf juges rendront leur copie dans l'après-midi, à partir de 16H30 au plus tôt. Elle s'annonce touffue, tant les mesures sur la sellette sont légion dans le projet de loi, durci sous la pression de la droite et voté avec l'appui de l'extrême droite.

Restrictions du regroupement familial, de l'accès aux prestations sociales ou encore fin de l'automaticité du droit du sol: les dispositions qui, selon des juristes, sont menacées par le filtre constitutionnel sont aussi les plus décriées du texte.

Il s'agit principalement de celles réclamées par Les Républicains (LR) et accordées par une majorité présidentielle réticente, mais cherchant à éviter l'enlisement. Des concessions qui ont déclenché une crise interne, culminant avec l'étalage des états d'âmes de plusieurs ministres et la démission de l'un d'eux.

Des dizaines de milliers de personnes ont encore battu le pavé dimanche contre la loi. Et des opposants - associations, collectifs, juristes, syndicats - dénonceront jeudi près du Conseil à Paris un texte "portant gravement atteinte aux droits des personnes exilées".

"J'assume totalement"

Le vote favorable des députés du Rassemblement national (RN), salué comme une "victoire idéologique", a laissé un goût amer dans le camp présidentiel, où une censure des articles les plus corrosifs est attendue comme une échappatoire. Jusqu'au sein de l'exécutif, qui a paradoxalement souhaité ouvertement qu'une partie d'un texte qu'il a initié soit censurée.

Pour Emmanuel Macron, faute de majorité absolue à l'Assemblée, il fallait pour aboutir accepter "des choses qui parfois ne nous plaisent pas", y compris potentiellement inconstitutionnelles. "Je l'assume totalement", a-t-il lancé devant les parlementaires de la majorité le 15 janvier, après avoir lui-même saisi le Conseil constitutionnel.

"Est-ce qu'on a déjà vu un président de la République et des ministres expliquer qu'ils ne respectent pas l'État de droit? C'est très grave", a fustigé jeudi sur LCI la présidente des députés insoumis Mathilde Panot.

L'institution, déjà sous le feu des projecteurs lors de la réforme des retraites, n'est pas "une chambre d'appel des choix du Parlement", a rappelé son président, l'ex-Premier ministre socialiste Laurent Fabius.

Les Sages retoqueront les "cavaliers législatifs", ces ajouts parlementaires qu'ils jugeraient sans lien suffisant avec l'objet de la copie initiale du gouvernement. Et ils censureront sur le fond les articles bafouant selon eux les principes et valeurs constitutionnels.

"Une boucherie chevaline"

Ils ont fort à faire: le projet de loi est passé de 27 articles à 86, sous l'effet surtout des ajouts de LR. "Ça va être la boucherie chevaline", anticipe un cadre Renaissance à l'Assemblée, ironisant sur les "cavaliers gros comme des percherons" que la droite a tenu à insérer dans le texte.

Le chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau, en première ligne sur la rédaction du texte finalement voté, a demandé jeudi sur France Inter au Conseil constitutionnel de "s'en tenir au droit, à la Constitution" y voyant "la seule façon pour les sages du Conseil d'éviter la critique".

Plusieurs dizaines de mesures sont ciblées dans les saisines des parlementaires de gauche, dont quatre aussi citées dans celle de la présidente macroniste de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet.

Est notamment visée la durée de résidence requise pour que des non-Européens puissent bénéficier de prestations sociales comme les allocations familiales, fixée à cinq ans pour ceux ne travaillant pas et 30 mois pour les autres. Pour l'Aide personnalisée au logement (APL), ces seuils ont été fixés à 5 ans et 3 mois.

Une consécration de la "préférence nationale" chère au RN, se réjouit ce dernier et accuse la gauche.

Les durcissements du regroupement familial sont aussi dans le viseur, de même que l'instauration de "quotas" fixés par le Parlement pour plafonner le nombre d'étrangers admis sur le territoire, la caution demandée aux étudiants étrangers, ou la fin de l'automaticité de l'obtention de la nationalité française à la majorité pour les personnes nées en France de parents étrangers.

Si trop de mesures étaient déclarées inconstitutionnelles, "il faudra tout simplement revenir à la proposition qui était la nôtre" de réviser la Constitution, a prévenu mardi le président LR du Sénat Gérard Larcher.

Mais cette réforme, prévoyant de pouvoir déroger aux règles de l'UE, est exclue par la majorité.

(Source AFP)

Société

À Vieux-Charmont, le Secours Catholique fête 80 ans d’engagement et lance un cri pour la fraternité

Le Secours Catholique-Caritas France célèbre cette année ses 80 ans. Pour marquer cet anniversaire, la délégation de Franche-Comté organise ce mardi 8 septembre une journée placée sous le signe de la rencontre, de la convivialité et de la fraternité. Bénévoles et participants sont attendus à Vieux-Charmont.

Défilé, musique, musée de la Résistance… Le 8 septembre, la Ville de Besançon commémorera la Libération

Le 8 septembre 1944, après quatre années d’Occupation, Besançon était libérée. Chaque année, la Ville commémore cette date qui constitue un tournant majeur de l’histoire bisontine et rend hommage aux personnes ayant contribué à retrouver la Liberté. Cette année, la cérémonie se déroulera mardi 8 septembre, à partir de 19h, place du 8-Septembre. D'autres rendez-vous sont donnés à travers la ville.

Violences sexistes et sexuelles : un film immersif tourné au CHU de Besançon, pour le personnel du CHU de Besançon

VIDÉO • Le CHU de Besançon a accueilli, jeudi 3 septembre 2026, le tournage d'un film immersif pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Cet outil inédit, produit avec l'entreprise Reverto, servira de matériel pédagogique pour former le personnel, soignant et non soignant, à la prévention des violences sexistes et sexuelles.

Un Vésulien lance une nouvelle plateforme de création de sites internet pour les artisans

Artisites est un nouvel outil créé par Ghislain Riondet. Il propose de fabriquer des sites internet clé en main, spécialement conçus pour donner de la visibilité aux artisans de Besançon et de la région Franche-Comté. Ce nouveau service est accessible depuis le 1er septembre 2026.

Retraites, chômage, santé, énergie, école, auto… Ce qui change au 1er septembre 2026

Retraites, chômage, santé, énergie, école, rénovation énergétique, automobile et entreprises : le 1er septembre 2026 marque l'entrée en vigueur de plusieurs nouvelles règles en France. Certaines auront un impact direct sur les particuliers, tandis que d'autres concernent principalement les employeurs et les entreprises. Tour d'horizon des principaux changements.

Inondations au Népal : le Secours populaire lance un appel à la solidarité

Des inondations dévastatrices ont ravagé le Népal le 26 août dernier, laissant derrière elles des centaines de victimes, de blessés et de personnes disparues. Des milliers de familles, mais aussi des touristes se retrouvent aujourd’hui sans ressources, privés de logement et confrontés à une situation d’urgence. Pour venir en aide à la région et aux personnes sinistrées, le Secours populaire français lance un appel à la solidarité.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 32.1
couvert
le 07/09 à 17h00
Vent
4.04 m/s
Pression
1020 hPa
Humidité
36 %

Sondage