Meurtre d'une prostituée roumaine en Suisse : la version de l'accusé mise à mal

Publié le 11/12/2020 - 06:30
Mis à jour le 11/12/2020 - 08:12

Mise à jour ce 11 décembre •

Alexandre Verdure, jugé depuis mercredi 9 décembre 2020 par la cour d’assises du Doubs pour le meurtre d’une prostituée, en 2016 en Suisse, a affirmé jeudi que la jeune Roumaine avait été tuée par deux personnes non identifiées, une version mise à mal par l’avocat général.

Palais de justice de Besançon © Alexane Alfaro
Palais de justice de Besançon © Alexane Alfaro

L'accusé de 33 ans, qui avait été interpellé un an après les faits, a raconté sa rencontre avec Mihaela Miloiu à Sullens (Suisse), dans la nuit du 29 au 30 novembre 2016. Il a affirmé que deux personnes avaient surgi en voiture alors qu'il venait d'avoir une relation tarifée avec elle.

"Le conducteur s'est avancé vers moi avec un pistolet. Il m'a dit de m'agenouiller et de garder la tête baissée au niveau du sol, c'est ce que j'ai fait", a déclaré l'ancien agent de sécurité, réserviste de gendarmerie, assurant ne pas avoir vu ce qui s'était passé avec Mihaela. L'homme l'aurait ensuite menacé, lui ordonnant de "faire le nécessaire" en le laissant seul avec la jeune femme de 18 ans qui gisait, morte, sur la route.

Après le meurtre, le trentenaire aurait "fui" en emportant le corps dans son coffre, en direction de Mouthe, en France, où il habitait avec sa compagne et son fils. Il soutient qu'il avait l'intention de se rendre à la gendarmerie mais que, suivi par les agresseurs et "dans la panique", il avait abandonné le cadavre dans la forêt du Frasnois (Jura), après l'avoir déshabillé.

"Une incohérence permanente"

"M. Verdure, ce n'est pas possible ce que vous nous racontez ! ", a tancé l'avocat général, Etienne Manteaux. Le magistrat a méthodiquement confronté l'accusé à ses multiples contradictions: "Il y a une incohérence permanente entre votre discours et les éléments matériels qu'on a sur le terrain".

L'ancienne compagne de l'accusé, qui a témoigné mercredi, a raconté qu'elle l'avait vu rentrer avec "du sang sur les mains, sur son téléphone, sur son couteau". Il lui avait raconté qu'il avait "percuté un chevreuil et qu'il avait voulu l'achever".

Après le meurtre, il était retourné voir des prostituées pour des relations tarifées. C'était "pour mener ma propre enquête", a-t-il assuré.

Le corps lardé de 26 coups de couteau

Le corps de Mihaela Miloiu a été retrouvé le 15 décembre 2016, nu et méconnaissable, les os du visage et les dents brisés par une multitude de coups. Le cadavre était également lardé de 26 coups de couteau. Celle qui fut longtemps surnommée "l'inconnue du Frasnois", était prostituée en Suisse par un "Lover boy", proxénète dont elle était tombée amoureuse à l'adolescence.

Les enquêteurs de la gendarmerie ont écarté l'implication d'autres personnes dans la mort de Mihaela Miloiu, notamment parce que l'unique ADN retrouvé sur la victime est celui de l'accusé.

Les "traits de psychopathie"

Les experts psychiatres et psychologues qui ont examiné M. Verdure ont relevé l'"absence d'émotion", le "manque de remords et d'empathie", ainsi que les "traits de psychopathie" d'une personnalité qui "ne peut pas se remettre en question". Selon eux, il existe un "risque de récidive majeur".

Son ancienne compagne a affirmé qu'il ne l'avait jamais frappée, relatant néanmoins qu'il l'avait menacée de mort devant leur fils, au parloir en prison: "Il voulait me montrer comment on étrangle, en moins de dix secondes".

De leur côté, les parents, proches et amis d'Alexandre Verdure sont tous "sidérés" des accusations portés à son encontre. Ils le décrivent à la barre comme "gentil", "calme", "avec la main sur le coeur". "Je ne comprends pas cette violence" dont on l'accuse, a confié l'une de ses tantes, ancienne magistrate, qui "ne voit pas le mobile" d'un tel acte. Ses parents, policiers de profession, affirment qu'ils "n'imaginent pas Alexandre faire des telles atrocités".

Le verdict est attendu vendredi.

(AFP)

Justice

Bébés congelés en Haute-Saône : la mère reconnaît le double infanticide

Une femme d’une cinquantaine d’années a reconnu être à l’origine de la mort de deux nourrissons dont les corps ont été découverts dans un congélateur à Aillevillers-et-Lyaumont en Haute-Saône par l'un de ses enfants le 10 février 2026. Le procureur de la République de Besançon, Cédric Logelin, a confirmé ces éléments lors d’une conférence de presse tenue jeudi 12 février 2026.

Frédéric Péchier maintenu en prison dans l’attente de son procès en appel

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon a examiné ce mercredi 11 février 2026 la demande de remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en décembre dernier pour 30 empoisonnements de patients, dont 12 mortels. La chambre a décidé du maintien en détention de Frédéric Péchier dans l’attente de son procès d’appel. 

Frédéric Péchier veut sortir de prison pour préparer son procès en appel

"La détention est un obstacle à la préparation de mon procès" en appel, a déclaré mercredi 11 février 2026 l'ex-anesthésiste de Besançon Frédéric Péchier, condamné à perpétuité pour l'empoisonnement de trente patients, dont 12 mortels, lors d'une audience judiciaire où il a demandé sa remise en liberté.

Incendie à Crans-Montana : un plaignant réclame la récusation des procureures chargées de l’enquête

L'avocat du père d'une victime de l'incendie de Crans-Montana, qui a fait 41 morts et 115 blessés la nuit du nouvel an dans la station de ski suisse, a réclamé vendredi 6 février 2026 la récusation des procureures chargées de l'enquête, qu'il accuse de "grave manquements".

Incendie mortel à Crans-Montana : “pas un seul instant nous ne pensons pas aux victimes”, assure le co-propriétaire

Jacques Moretti, co-propriétaire avec son épouse du bar incendié la nuit du nouvel an dans la station suisse de Crans-Montana, a assuré vendredi 6 février 2026 que le couple ne passait "pas un seul instant" sans penser aux victimes du drame, qui a fait 41 morts et 115 blessés.moretti

Affaire Péchier : la demande de mise en liberté examinée ce mercredi par le tribunal de Besançon

Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour 30 crimes d’empoisonnement, l’ex-anesthésiste Frédéric Péchier verra sa demande de mise en liberté examinée ce mercredi 11 février 2026 par le tribunal de Besançon. L’accès à l’audience sera limité en raison de la capacité réduite de la salle.

Besançon : 15 ans de réclusion pour le meurtre d’un Bosniaque sur fond de trafic de drogue

Un homme de 20 ans a été condamné mercredi à 6 février 202615 ans de réclusion pour le meurtre d'un quadragénaire bosniaque à Besançon en 2023 sur fond de trafic de drogue, des faits commis alors qu'il était mineur, a-t-on appris auprès des avocats impliqués.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 6.56
légère pluie
le 19/02 à 03h00
Vent
5.4 m/s
Pression
999 hPa
Humidité
91 %