Moins d'un mois pour préparer un déconfinement progressif  : le défi du gouvernement

Publié le 15/04/2020 - 13:35
Mis à jour le 15/04/2020 - 11:19

Comment rouvrir les écoles sans risque ? Qui tester et dans quel but ? Quels commerces et industries relancer? Le gouvernement promet un plan complet « largement » avant le 11 mai 2020 pour répondre aux interrogations multiples sur le déconfinement.

©  © D poirier
© © D poirier

L’allocution du président Emmanuel Macron lundi soir a répondu à la question sur la date du déconfinement progressif de la France, mais en a soulevé une multitude d’autres. A charge pour le Premier ministre Edouard Philippe et son équipe d’y répondre.

Le chef du gouvernement a assuré à l'Assemblée nationale mardi préparer "un plan complet de sortie, un plan d'ensemble" qu'il compte présenter quand "il sera prêt". "Mais il doit être travaillé en consultation avec beaucoup d'acteurs pour être véritablement à la hauteur des enjeux", a-t-il relevé, évoquant "la coordination nécessaire pour faire en sorte que ces objectifs rappelés par le président de la République soient atteints".

La principale interrogation découle de l'annonce surprise par Emmanuel Macron que les crèches et établissements scolaires (à l'exception de l'enseignement supérieur) allaient rouvrir à partir du 11 mai. La polémique n'a cessé d'enfler depuis lundi soir.

"C'est tout sauf sérieux (...). On sait que c'est un lieu de haute transmission, de haute contamination. Cela paraît être en contradiction totale avec le reste", a réagi Francette Popineau, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire. Côté médical, le président de la Fédération des médecins de France Jean-Paul Hamon s'est dit "tracassé" par une annonce qui ferait courir "un risque inutile".

Les critiques sont d'autant plus virulentes que bars, restaurants et salles de cinéma resteront fermés. Et il n'y aura pas de grands festivals ni de rassemblements au moins jusqu'à mi-juillet.

Enseignement "impératif"

Justification du Premier ministre devant les députés: "Il y a un impératif (de retour à l'école) qui est réel, il ne peut pas se faire au prix de la santé, bien entendu. Il doit être conjugué avec la nécessité de préserver la santé de nos concitoyens, de garantir le respect de règles sanitaires".

Il s'agit, selon lui, d'éviter que les inégalités sociales ne se creusent concernant l'accès à l'enseignement. Tout en précisant que la réouverture des écoles pourrait se faire "progressivement".

Mais cette annonce a grandement surpris car l'épidémie continue de faire des ravages dans le pays, placé en confinement depuis le 17 mars.

La France a franchi le cap de 15.000 morts du Covid-19 (15.729 morts), soit 762 décès supplémentaires par rapport au décompte de lundi soir. Il s'agit du plus important bilan quotidien depuis le début de l'épidémie, selon les chiffres fournis par le numéro deux du ministère de la Santé Jérôme Salomon.

L'Agence régionale de santé du Grand Est a fait savoir mardi soir que près de 1.500 résidents d'Ehpad et autres établissements médicaux-sociaux de cette région avaient succombé au coronavirus depuis le début de l'épidémie.

Selon cette ARS, 639 structures "ont déclaré au moins un cas confirmé ou possible de Covid-19". Toutes structures confondues, 8.802 résidents et 5.246 membres du personnel ont contracté le virus, a-t-elle précisé.

(AFP)

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