Alerte Témoin

Port du voile : le Sénat vote l'interdiction pour les parents accompagnant les sorties scolaires

Publié le 30/10/2019 - 09:47
Mis à jour le 30/10/2019 - 09:51

La polémique née de l'intervention de Julien Odoul le 11 octobre 2019 à Dijon à l'encontre d'une mère voilée qui accompagnait une sortie scolaire continue de faire débat en France. Mardi 29 octobre 2019, le Sénat, à majorité de droite a adopté dans un contexte explosif, une proposition de loi LR visant à interdire le port de signes religieux aux parents accompagnant des sorties scolaires, jugée "contre-productive" par le ministre de l'éducation Jean-Michel Blanquer.  

dessin voile conseil regional CCIF
© CCIF

A l’issue d’un débat passionné de près de cinq heures, le texte a été voté par 163 voix contre 114 et 40 abstentions. Il a toutefois peu de chances d’être voté par l’Assemblée nationale, dominée par la majorité présidentielle.

L'examen de ce texte controversé a été maintenu malgré les appels à y renoncer de la gauche qui a dénoncé un "climat intolérable" et au sein de la majorité, dans un climat tendu au lendemain de l'attaque contre une mosquée à Bayonne, qui a fait deux blessés graves.

La sénatrice (ex-PS) des Bouches-du-Rhône Samia Ghali a dénoncé un texte qui "stigmatise". Elle a accueilli le même jour au Sénat une trentaine de femmes et enfants des quartiers populaires de Marseille, dont certaines mères voilées.

Le sujet a été relancé par un élu du RN prenant à partie une femme voilée lors d'une réunion publique. La droite ne cesse de presser Emmanuel Macron de s'exprimer de nouveau sur la laïcité.

En écho, le chef de l'Etat a ciblé mardi soir ceux qui "voulant semer la haine et la division" se servent du principe de laïcité "pour mener le combat contre telle ou telle religion". "La laïcité est un principe de fraternité qui doit vivre en chaque Français comme une boussole", a affirmé M. Macron lors de l'inauguration du Centre européen du judaïsme à Paris.

"Sorcières d'Halloween"

Devant le Sénat, le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer a d'emblée réaffirmé son opposition à la proposition de loi, mais s'est engagé à être "en soutien des directeurs d'établissements dans les mesures qu'ils souhaitent prendre pour lutter contre le prosélytisme".

"En allant au-delà du nécessaire, une loi serait contre-productive parce qu'elle enverrait un message brouillé aux familles" qu'il faut "rapprocher" de l'école. Le ministre a également défendu son combat pour la laïcité, mais aussi contre le communautarisme et contre la radicalisation.

Le texte vise à modifier le code de l'éducation pour étendre "aux personnes qui participent, y compris lors des sorties scolaires, aux activités liées à l'enseignement dans ou en dehors des établissements" l'interdiction des signes religieux ostensibles posée par la loi de 2004.

Les très nombreuses interventions se sont déroulées dans un climat relativement serein, hormis quelques saillies du sénateur non-inscrit Jean-Louis Masson, qui a notamment comparé les accompagnatrices voilées aux "sorcières d'Halloween".

Pour les auteurs de la proposition de loi, il s'agit de combler "un vide juridique" afin d'éviter de laisser aux chefs d'établissements la responsabilité de trancher.

"La loi doit être claire, la loi ne peut pas être dans le +en même temps+", a appuyé le patron des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau.

"Amalgames simplificateurs"

Toute la question est de savoir si la sortie scolaire est bien un "temps éducatif" et si les parents accompagnateurs doivent être considérés comme des "collaborateurs bénévoles" et donc soumis aux mêmes obligations de neutralité que les enseignants. La droite a défendu cette position, contestée à gauche.

Dans la majorité sénatoriale, Laurent Lafon (centriste) a mis en garde contre "le contexte dans lequel elle intervient, où les amalgames simplificateurs prennent le pas sur les discours raisonnés".

"Ce n'est pas parce que quelques-uns hystérisent le sujet qu'il ne faut pas le traiter", Jérôme Bascher (LR).

Les opposants à l'interdiction ont élargi le débat à ses conséquences: "Elle pourrait éloigner certains enfants de l'école publique" (Antoine Karam, LREM), elle couperait "le seul lien de socialisation pour ces femmes" (Colette Mélot, Indépendants).

Ce débat "est du pain béni pour les islamistes", a lancé Laurence Rossignol (PS) et le texte "nourrit la suspicion" contre certains citoyens, a renchéri Pierre Ouzoulias (CRCE à majorité communiste).

"Les prédateurs qui rejettent notre modèle républicain peuvent se réjouir de l’émergence d'une société de prohibition, d'interdiction, d'exclusion", a renchéri le président du groupe PS Patrick Kanner.

Trois sénateurs LR ont voté contre le texte et 10 autres se sont abstenus. Au PS, 15 élus n'ont pas pris part au vote, la majorité votant contre, comme l'ensemble des groupes CRCE et LREM. Les centristes, comme le RDSE à majorité radicale et les Indépendants, se sont partagés

(AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Voile conseil régional

Port du voile par les accompagnatrices scolaires : un projet de loi soutenu par Alain Joyandet sera examiné au Sénat

Le Palais du Luxembourg examinera le mardi 29 octobre 2019 une proposition de loi à l'initiative du groupe Les Républicains, qui sera défendue par Jacqueline Eustache-Brinio avec le plein soutien d'Alain Joyandet. L'objet est de fixer dans le droit l'obligation pour toutes les personnes qui concourent au service public de l'éducation nationale "de faire preuve d'une totale neutralité religieuse".

Polémique sur le voile : la plainte est « une opération de victimisation » selon Odoul (RN)

Le président du groupe RN au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté Julien Odoul, qui avait demandé vendredi 11 octobre 2019 à ce qu'une femme dans le public retire son voile, a dénoncé jeudi une "opération de victimisation" après que cette dernière a annoncé porter plainte.

Voile : Face à la polémique, Macron appelle à ne pas stigmatiser

L’affaire de la mère voilée qui accompagnait une sortie scolaire vendredi dernier au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté vendredi 11 octobre 2019 ne désenfle pas. Prise à partie par Julien Odoul, cette mère va porter plainte. Dans le même temps, Face à la polémique grandissante sur le port du voile, qui agite aussi la majorité, Emmanuel Macron a appelé mercredi à ne pas "stigmatiser" les musulmans, en dénonçant un "raccourci fatal" entre lutte contre le terrorisme et islam.

La Licra soutient la mère voilée au conseil régional

Les "Licra" (ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) de Besançon et Dijon ont annoncé qu’elles accompagneraient la mère voilée dans ses démarches en estimant qu’elle ne méritait pas le bruit et la fureur alors qu’« elle accomplissait un paisible devoir civique » en accompagnant la classe de son fils au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. 

Politique

Conseil Municipal à venir : « les feuilles de route se construisent avec les objectifs proches des axes de notre programme » (A. Vignot)

Installé le 3 juillet dernier, le nouveau conseil municipal affiche 55 conseillers municipaux qui siégeront jusqu'en 2026 (voir notre article). Ce 15 juillet 2020, le premier Conseil Municipal sera l'occasion de faire le bilan de la crise sanitaire, mais également d'évoquer des thèmes chers à la nouvelle maire ainsi que les orientations budgétaires et le budget primitif 2020...

Quels élus pour le futur bureau exécutif de Grand Besançon Métropole ?

Les 123 élus du conseil communautaire de Grand Besançon Métropole se réuniront le jeudi 16 juillet 2020 au palais des sports de Besançon en vue de l'élection des membres du bureau :  président, vice-présidents et conseillers communautaires délégués. Ils formeront le bureau exécutif de la communauté urbaine. A l'issue du vote, Anne Vignot devrait être élue présidente. Gabriel Baulieu, maire de Serre-les-Sapins, devrait quant à lui être reconduit au poste de premier vice-président.

Les maires écolo et la 5G : le pouvoir n’est peut-être pas là où on le croit…

Lors de la campagne pour le second tour de l'élection municipale, le sujet du déploiement de la 5G à Besançon avait été remis sur le tapis notamment par le candidat de la droite Ludovic Fagaut. À cette question, Anne Vignot la candidate EELV qui a été élue le 28 juin dernier a toujours précisé qu'elle n'est pas pour, tout comme de nombreux maires écologistes… Mais concrètement, que les maires soient pour ou contre, peuvent-ils décider du déploiement ou non de la 5G pour leur ville ?

Vivez en direct le conseil municipal d’installation

Diaporama • L'heure est historique pour Besançon. Après trois mandats et 19 ans à la tête de Besançon, Jean-Louis Fousseret va laisser son siège à la première femme-maire de Besançon qui sera également la toute première maire écologiste. Après le rappel des résultats, les  55 nouveaux conseillers municipaux éliront ensuite Mme la Maire.
Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

MUNICIPALES 2020

Les résultats dans votre commune

     17.11
    couvert
    le 15/07 à 15h00
    Vent
    1 m/s
    Pression
    1016 hPa
    Humidité
    79 %

    Sondage